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10 décembre 2007

Led Zeppelin IV

Puisque Led Zeppelin se reforme ce soir à Londres (et que contrairement à deux de mes collègues, je n'y serai pas), petit retour sur ce jalon de l'histoire du Rock qu'est Led Zeppelin IV, aussi connu sous le nom de Four Symbols, ZoSo ou encore :



Artiste : Led Zeppelin

Label : Atlantic / Warner

Dat de sortie : 8 novembre 1971

Durée : 42'34''

J'ai longtemps essayé d'imaginer ce qu'avait du ressentir les premiers auditeurs des titres du quatrième album de Led Zeppelin. Depuis un peu plus de deux ans, le groupe de Jimmy Page s'était imposé comme le nouveau poids lourd du rock, albums parfaits, musique brûlante, rythmes de feu. Partout un public conquis se massaient pour écouter les quatre anglais donner le meilleur d'eux-même dans des performances gargantuesques. Pensez, des concerts passant parfois les quatre heures...

Aujourd'hui, en dehors de quelques bons bootlegs on ne peut s'en faire une idée qu'en écoutant How The West Was Won, triple album live des premières tournées américaines du Zeppelin ou en regardant quelques DVD récemment sorti. Mais même à plus de trente ans d'écart, quelle claque.

Après un troisième album regorgeant de merveilles (Since I've Been Loving You, Gallow Pole, Tangerine, That's The Way, Immigrant Song, entre autres) mais diversement apprécié car jugé parfois trop Folk et pas assez Rock, Led Zeppelin décide tout bonnement d'aller s'enfermer dans un manoir. Il ne fallu pas longtemps pour que Page, versé dans l'occultisme le déclare hanté. Hanté peut-être, mais par des fantômes qui ne firent pas autre chose que de leur inspirer leur chef d'oeuvre. L'album, en effet, fait passer les trois premiers albums pourtant mirifiques pour la fabuleuse rampe de lancement du quatrième Zeppelin.

Dès le premier titre, Black Dog, Plant se jète à l'eau. Une voix, et quelle voix. Incroyable tout du long de l'album. Et puis, le groupe enchaîne les titres avec une prestence hors du commun. Rock & Roll prouve que les limites du Rock & Roll peuvent justement être repoussés. Car c'est un véritable Rock & Roll (Avec Ian Stewart, le sixième Stones au piano) qui sert de base à la chanson, mais gonflé aux hormones, survitaminé, explosif. Puis, vient un titre plus calme, The Battle Of Evermore, complainte étrange, comme venue du fond des âges, rescapées d'une forêt millénaire. Chantée en duo avec la seule femme a avoir participé à un titre du groupe : Sandy Denny.

En quatrième position, un titre de huit minutes crée l'evênement autant que le mythe. Stairway To Heaven. Jamais sorti en single, le titre serait pourtant passé en radio plus de quatre millions de fois. Pour un titre de cette durée c'est inégalé et probablement inégalable. Doucement, une guitare sèche, puis la flute de John Paul Jones, la voix de Plant (et ses paroles) puis Bonham commence à jouer des baguettes... et tout est dit. Sauf que non, rien n'est dit. Comment parler d'un titre pareil ? Aucun superlatif ne fait vraiment l'affaire. Grandiose ? Génial ? Fantastique ? A tomber à genou ? Peter Grant, le manager du groupe refusa toujours que le titre sorte seul, justement pour que l'album continue de se vendre encore et encore. Certaines personnes (qu'on ne saurait trop plaindre) n'écouteront même jamais le reste de l'album.

Misty Mountain Hope ouvre la face B avec ardeur, et Four Sticks en remet une couche avec un jeu de batterie (à quatre baguettes, justement) surpuissant autant que subtil. L'avant dernier titre, Going To California calme le jeu, chanson douce, apaisante et apaisée, ouvragée avec art et élégance, avant de laisser la place à When The Levee Breaks (Quand La Digue Se Romp), Rock carré et fort, comme dressé face à la mer et à la tempête...

Il ne manquait plus qu'une pochette ouverte à toutes les interprétations, l'image d'un vieil homme portant un fagot suspendue à un mur à moitié démoli et un nom encore plus incompréhensible. Ce sera :


Quatre symboles, un pour chaque membre du groupe.

pour Jimmy Page,


pour John Paul Jones,


pour John Bonham,


pour Robert Plant.


Le tour était joué, le monde du rock ne serait plus jamais le même.

Ecoutez Four Sticks :



Ecoutez Stairway to Heaven :


12 novembre 2007

The Song Remains the Same

Un film de Peter Clifton et Joe Massot

Avec John Bonham, John Paul Jones, Jimmy Page, Robert Plant, Peter Grant...

Produit par Peter Grant

Date de sortie : 20 octobre 1976

Durée : 137 minutes

Musique par Led Zeppelin

En attendant la reformation de Led Zeppelin avec le fils Bonham aux baguettes, et pendant que mon ordinateur se gavait lentement du nouveau félin d'apple, il m'a bien fallu m'occuper.

C'est alors que m'est venue cette idée, regarder le DVD de The Song Remains the Same, un film que l'on m'avait offert il y a au moins deux ans et qui était sagement resté à attendre sur une étagère depuis. Et là ; stupeur. Vous rappelez-vous de la grande époque ou un critique de Rolling Stone avait titré sa chronique de Self Portrait de Dylan : "Qu'est-ce que c'est que cette merde ?" moi non plus, mais pendant tout le début du film, c'est exactement à ça qu'on pense et la question qu'on se pose.

On y voit d'abord Peter Grant, habillé gangster grande époque se ballader mitraillette au poing avec une bande d'hommes de main. En route dans sa Pierce Arrow de collection, ils vont dégommer des millionnaires qui semblent jouer à un jeu de Monopoly Nazi avec mirador et croix gammées.

Puis un facteur d'apporter une lettre à chacun des membres du groupe. John Paul impécablement coiffé par le styliste personnel de Mireille Matthieu nous en indique le contenu : "Tour Dates." avec force niaiserie. On passe sur la vie champètre de Plant ou comment être hippie quand on est millionnaire et autres délires que même un Monthy Python bourré n'aurait pas voulu tourner. Durée de la plaisanterie : 13 minutes !!!

On se retrouve enfin après presque un quart d'heure au Madison Square Garden De New York.

On y voit, et surtout on y entend, le groupe jouer certains de ses meilleurs morceaux au cours de trois concerts les 27, 28, et 29 juillet 1973. La foule est sage et bien rangée, rien à voir avec les foules d'aujourd'hui, les flics sont gentils et laissent resquiller quelques petits malins, et le groupe montre que l'on a pas besoin de faire pêter ballons et confetti comme les Stones pour mettre la salle à genoux.

Les performances, honnêtes même si la voix de Plant n'est pas toujours à son meilleur, ou télluriques lorsque Bonham se lache sur des versions de 20 minutes de Dazed and Confused ou de Moby Dick, sont entrecoupées de séquences se voulant oniriques ainsi que des coups de gueule et de fric de Grant.

Jones dans une séquence inspirée de la série de films Doctor Syn, Plant à cheval avec épée et plage en flammes, Page qui finit par avoir la tête de l'hermite de leur album IV. Seul Bonham reste digne, en famille, jouant au billard et conduisant un bolide.

Le tout, habillé par la musique du groupe, passe beaucoup mieux que la séquence d'introduction. On aurait tout de même préféré un vrai documentaire à cette marmelade peu digeste digne de vieux clips de Depeche Mode. Restent les chansons :

Bron-Yr-Aur

Rock and Roll

Black Dog

Since I've Been Loving You

No Quarter

The Song Remains the Same

The Rain Song

Dazed and Confused

Stairway to Heaven

Moby Dick

Heartbreaker

Whole Lotta Love

Dispensable donc, sauf pour les historiens du rock et les aveugles ou, peut-être, en plein trip d'acide...