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24 décembre 2007

Twin Peaks

Artiste : Angelo Badalamenti

Date de sortie : 31 août 1990

Label : Warner Bros. Records

Durée : 49'45''

Diane, il est 9 heures 23 du matin ici et je suis toujours allongé dans le confort douillet de ma chambre d'hôtel. Je ne sais toujours pas qui a tué Laura Palmer, mais quelque chose me dit que je toucherai bientôt au but. J'ai d'ailleurs mis au point une technique me permettant d'orienter mes rêves afin d'en savoir d'avantage. J'écoute la musique d'Angelo Badalamenti. Merci de prendre note cependant des choses suivantes. Il vaudra mieux désormais que j'évite de m'endormir en laissant la musique tourner en boucle. Une seule audition suffit à me mettre dans un état second, proche sans doute de ce que doit ressentir un moine tibétain au moment de l'illumination. Bref, laisser tourner la musique en boucle a la désagréble tendance à réduire à néant les statistiques hebdomadaires qui me permettent de créer chaque semaine ma rubrique My Favorite Tunes.

Par conséquent je me retrouve contraint d'écrire une note entière sur les morceaux d'Angelo Badalamenti, ce qui n'est pas la plus facile des tâches. Sur le thème d'ouverture entre autres, qui me semble totalement culte bien que je n'ai pas encore bu le merveilleux café que l'on sert ici. Certaines choses sont certes plus anecdotiques, oui, mais rien qu'une tarte au mytrille du Double R ne puisse réparer. Et puis la totalité de la chose est comme la jeunesse locale pourrait le dire "barrée". Voyez vous, cette musique finit par vous hanter si vous n'y prenez garde. Un peu comme le sourire de Laura. C'était l'agent spéciale Dale Cooper, bonne journée à vous Diane.

Regardez la séquence d'ouverture de Twin Peaks :





Ecoutez Angelo Badalamenti parler de sa collaboration avec David Lynch :



16 novembre 2007

Blue Bob

Artiste : David Lynch & John Neff

Date de sortie : 2001

Label : Soulitude Records

Durée : 60'03''

J'ai lu quelque part que David Lynch collectionnait essentiellement deux choses. Les mouches mortes et les chewing gums mâchés par ses amis. Apocryphes ? Peut-être. Le seul problème c'est que, comme souvent dans ces cas là, il est difficile de penser que cela ne pourrait pas être un petit peu vrai. Parce qu'on ne peut guère dire que les films de Lynch tiennent de la comédie romantique. Pour mémoire : Elephant Man, Mulholland Drive, Dune, Twin Peaks, Sailor et Lula, c'est lui. Même l'acteur principal d'Une Histoire Vraie se suicidera quelques temps après le tournage histoire de rester dans le ton.

Alors à quoi s'attendre quand il se met à faire de la musique ? Eh bien à retrouver son univers sombre et dérangé, son humour décapant et parfois insaisissable, et des riffs très bruts que Trent Reznor ne renierait peut-être pas.

Guitare franche, saturée, éraillée. Paroles moribondes, parfois très drôles (Thank You Judge), absurdes (In The Pink Western Range) ou décrivants des voyages sordides. Tout un univers Lynchien en somme que Neff reprend à son compte avec pas mal de tripes. Car Blue Bob est comme un film noir. Orchestré pour faire frémir et réfléchir, mais aussi pour montrer souffrance et sang versé. Le © annonce 2001 sur la pochette. Le premier titre s'appelle 9-1-1 le numéro des urgences aux Etats Unis, une drôle de façon d'épeller 11 septembre aussi. Chaos, décadence, Elvis bouffi s'amusant avec une perceuse sous amphet, voilà à quoi ressemble Blue Bob.

Tout dans ce disque semble expérimental et donc voué à un culte (ne parlons même pas de succès d'estime) plus qu'à un engouement populaire. Mais, contrairement à certains groupe expérimentaux, Blue Bob n'est jamais un disque ennuyeux, ni répétitif. Neff et Lynch ne cherchent pas à appliquer une recette. Chaque titre est différent des autres et s'amuse généralement d'un code musical connu qu'il détourne. Blue Horse, par exemple qui rappellent Portishead avec ses relents trip-hop, le riff archi Rock n' Roll de Bad Night, le gimmick indus de 9-1-1 ou Thank You Judge, la bande originale de film angoissant avec Mountains Falling. Quant au site Amazon, il classe l'album dans la catégorie "Symphonic" ; y'a pas à dire, c'est Mozart qui doit être content...