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6 novembre 2007

My Bloody Underground

Artiste : The Brian Jonestown Massacre

Date de sortie : septembre 2007

Label : Inconnu

Durée : 71'38''

Avant que Radiohead ne sorte son album en ligne pour le prix que vous voulez, The Brian Jonestown Massacre avait déjà mis l'intégralité de sa discographie en accès libre sur le net, bonus et vidéos compris. Il faut dire qu'avec un slogan comme Keep Music Evil, ils n'avaient guère le choix. Là où ça se gâte, c'est lorsqu'Anton Newcombe, charismatique leader du groupe et cinglé notoire, décide d'aller enregistrer à Reykjavic en Islande une espèce de disque inclassable, mais pas dans le bon sens du terme.

Rappelons-nous tout d'abord que la formation a commis beaucoup de disques très underground fortement inspiré par les sixties au point de donner les titres les plus nerds à leurs albums. On se souvient ainsi des excellents Their Satanic Majesties Second Request et de Bringing It All Back Home Again.

Avec un titre comme My Bloody Underground, le ton était donné et on pouvait s'attendre à un mélange foutraque et réussi des styles de My Bloody Valentine et du Velvet Underground. Hélas, c'est tout le contraire auquel on aura droit. Car il ne suffit pas d'être dissonant pour être John Cale ou La Monte Young, il ne suffit pas non plus de balancer des nappes de guitares saturées pour être Kevin Shields. Et enfin, ce n'est pas parce que sur l'un de leurs meilleurs albums, Thank God For Mental Illness, ils avaient réussi à créer un puzzle assez fascinant d'une vingtaine de minutes en fin de disque, que cela est si facilement reproductible.

Un coup dans l'eau donc, en attendant peut être Sticky Fingers on Main Street ou The Freewheelin' Blonde on Highway 61.

Le site officiel ou vous pouvez télécharger l'intégralité de leurs albums : BJM.com/music

Mes préférés :

Methodrone

Their Satanic Majesties Second Request

Bringing It All Back Home Again

Strung Out In Heaven

Thank God For Mental Illness

10 octobre 2007

Lost in Translation

Artistes : Kevin Shields, Sébastien Tellier, Squarepusher, Death In Vegas, Phoenix, Brian Reitzell & Roger J. Manning Jr, はっぴいえんど (Happy End), My Bloody Valentine, Air, The Jesus & Mary Chain, Bill Murray.

Date de sortie : 9 septembre 2003

Label : Nonesuch Records/ Empire Norton

Durée : 53'48''

Le deuxième film de Sofia Coppola est un chef d'oeuvre. Ni plus ni moins. Bob (Bill Murray), acteur un peu sur le retour se voit offrir plusieurs millions de dollars pour passer quelques jours à Tokyo où il enregistrera une pub pour du whiskey. En plein jet lag et peu coutumier des usages locaux, il se traine du studio à l'hôtel et de sa chambre au bar où il croise Charlotte (Scarlett Johanson), jeune femme désoeuvrée et épouse un peu délaissée d'un photographe people. Naitra une amitié déroutante...

Et la bande originale n'est pas pour rien dans le succès de Lost in Translation. Kevin Shields, leader de My Bloody Valentine en est même sorti de sa retraite pour donner de la voix et de la composition (et une suite inattendue à Loveless). City Girl est un excellent titre, et ses trois instrumentaux sont plutôt originaux pour qui s'attend à de la guitare saturée.

Air, déjà présents sur The Virgin Suicide dont ils avaient signé tout le score et le langoureux Highschool Lover ne posent ici qu'un instrumental assez savoureux : Alone in Tokyo.

Pêle-mêle on retrouve également ce qui est sans doute le meilleur titre de Sébastien Tellier (Fantino), et un des meilleurs titres de Death in Vegas (Girls, qui défile comme les buildings dans la nuit).

Ici, Phoenix et Squarepusher jouent dans la cour des grands, et le groupe はっぴいえんど (comprenez Happy End) nous fait découvrir une pop japonaise savoureuse et karaokéïsante.

Coppola ressort aussi de bon vieux classiques : Sometimes de My Bloody Valentine et Just Like Honey de The Jesus & Mary Chain.

Ajoutez à cela les instrumentaux de Brian Reitzell & Roger J. Manning Jr qui collent parfaitement aux images et à l'ambiance du Japon millénaire tout autant qu'High Tech et vous aurez de quoi patienter dans un silence religieux de presque dix minutes pour découvrir en morceau caché un Bill Murray qui se prend l'espace d'un instant pour Brian Ferry.

A se procurer d'urgence (et si vous arrivez à le trouver, en version collector).

Ecoutez Good Bye de Kevin Shields :