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27 novembre 2007

L'album le plus court du monde...

Avoir l'art et la manière d'écrire une bonne chanson est une chose. Mais avoir l'art et la manière d'écrire une bonne chanson en moins d'une minute ou presque en est une autre. Et pourtant, voici une petite sélection de pépites, pop, rock and folk à découvrir.

Venez relever le défi et, comme moi, composer une compilation de 12 excellentes chansons, soit un album complet, en moins de 9 minutes 30. L'album virtuellement le plus court du monde en quelque sorte. Un seul critère, pas de remplissage, les 10 secondes d'intro d'un live où l'on entend que les cris de la foule ne comptent pas. Saurez vous faire mieux ?

  1. So Far So Real / Gray / Jean-Michel Basquiat In Downtown '81 /1'16''

  2. Lord, Blow The Moon Out Please / Hem / Rabbit Songs / 27''

  3. Passive Manipulation / The White Stripes / Get Behind Me Satan / 35''













  4. I Don't Want To Play Football / Belle & Sebastian / Storytelling / 58''

  5. Skeletal / Jay-Jay Johanson / Whiskey / 40''

  6. Meurtre à l'extincteur /Serge Gainsbourg / L'homme à la Tête de Chou / 49''














  7. Graveyard / Tori Amos / Caught a Lite Sneeze / 55''

  8. Naked If I Want To / Robert Plant / Calling to You / 50''

  9. Ram On / Paul McCartney / Ram / 56''











  10. Parachutes / Coldplay / Parachutes / 46''

  11. Touched / My Bloody Valentine / Loveless / 57''

  12. Her Majesty / The Beatles / Abbey Road / 27''











Durée totale de la compile : 9'27''

21 novembre 2007

10 Bonnes Raisons d'Ecouter des Reprises








Suivant l'exemple d'Harry Belane, je m'en vais vous proposer mes 10 Bonnes raisons d'écouter des reprises. Les titres suivants sont présentés sans ordre particulier.
  1. Wild Horses, Reprise des Rolling Stones par Joseph Arthur (Featuring Faultline) disponible sur la compil des inrocks The Rolling Stones Revisited. Peut-être aussi bonne que l'originale mais dans un genre différent. Pour une fois que des nappes de synthé sonnent juste.

    Année : 1971 reprise en 2006

  2. Airbag, reprise de Radiohead par Doveman, disponible sur le site Stereogum. Extrêment douce, cette version prend le côté rock du titre totalement à contrepied. Le riff, bidouillé et épuré en ressort avec une sonorité purement aquatique, le tout sur un rythme de marche joué à la caisse claire. Onirique.

    Année : 1997 reprise en 2007

  3. Pink Moon, reprise de Nick Drake par Beck. Disponible un temps en streaming sur le site de Beck, cette reprise ainsi que celle de Which Will et de Parasite du même Nick Drake courrent le net depuis sous forme de mp3... Cherchez, vous trouverez.

    Année : 1972 reprise en 2006

  4. The Mercy Seat, reprise de Nick Cave par Johnny Cash. Disponible sur l'album American III, Solitary Man, ce titre est grandiosement interprété par Cash. Musicalement, cela commence assez simplement, mais très vite on se laisse emporter par la fulgurance des texte mêlé à la musique, alors que les paroles, terrifiantes, égrènent les derniers instants d'un condamné à mort sur la chaise électrique. A vous donner la chair de poule à chaque écoute.

    Année : 1988 reprise en 2000

  5. Enjoy the Silence, reprise de Depeche Mode par Division Day. Disponible un peu partout sur le net au format mp3. Leur site MySpace semble annoncer un disque de reprises à paraître. Un début qui gratte et qui frise, puis une voix et une guitare, énergiques, honnêtes. Ca sent le fait maison, l'enregistré au fond du garage, le mixé dans la cuisine ; et c'est ça qui est bon.

    Année : 1990 reprise en 2007

  6. '97 Bonnie & Clyde, reprise de Eminem par Tori Amos. Disponible sur l'inégal album de reprises Strange Little Girls. Lorsque Marshall Matters chante ce titre, il en fait ni plus ni moins une des bouffoneries rap dont il fume régulièrement le secret avec Dr Dree. Quand Tori Amos la reprend, elle en fait un chant funèbre qui fait froid dans le dos, faisant résonner chaque mots et les mêlants à une B.O flippante à la Philip Glass. Brrrrr.

    Année : 1999 reprise en 2001

  7. Knocking on Heavens Door, reprise de Bob Dylan par Antony and the Johnsons, disponible sur la BO du film de Todd Haynes I'm Not There. Si comme moi vous avez découvert cette chanson avant tout par la version calamiteuse de Guns N' Roses, voici une façon de vous racheter en pleurant à chaudes larmes sur cette reprise qui surpasse l'originale, ce qui n'est pas peu dire. Hegarty va même jusqu'à ajouter des paroles de son cru sans qu'on ait envie de crier au scandale. Un tour de force.

    Année : 1973 reprise en 2007

  8. I Started a Joke, reprise des Bee Gees par Shannon Wright, disponible sur le mini Perishable Goods. Avec douceur, et pour une fois peut-être, un tout peu moins de mélancolie qu'à l'habitude, la digne héritière de Patti Smith et de Nina Hagen reprend l'une de meilleures chansons de Bee Gees.

    Année : 1968 reprise en 2001

  9. Teardrop, reprise de Massive Attack, par Jose Gonzalez. Disponible sur l'album In Our Nature. Difficile d'imaginer meilleure reprise d'un titre somme toute assez électro quoique porté par Liz Fraser, la voix des Cocteaux Twins. En tirer un air folk aurait semblé impossible à certain, pas pour Gonzalez qui, passé les premières mesures improbables habite et habille le titre avec talent.

    Année : 1998 reprise en 2007

  10. The River, reprise de Bruce Springsteen par Josh Ritter. Disponible pour qui cherche bien sur le web. Ritter reprend régulièrement le titre en concert. La version de l'émission Free At Noon de la radio WXPN est ni plus ni moins que parfaite, son, interprétation, et même une pointe d'humour à la fin.

    Année : 1980 reprise en 2007

    Durée totale de la compilation : 45'30''


16 octobre 2007

Ani DiFranco, Elysée Montmatre, Paris, 12 octobre 2007

Hamell on Trial quitte la scène et les roadies s'activent gentiment pendant un petit quart d'heure. Tout est déjà en place de toute façon ou presque, juste les derniers réglages, vraiment.

Puis le noir se fait et Ani arrive sur scène accompagnée de deux musiciens, Allison Miller à la batterie et Todd Sickafoose à la contrebasse (tous les deux aux choeurs une fois de temps en temps). Et c'est parti avec une version fidèle mais plus rapide de Done Wrong extrait de l'album Dilate.

La balance est parfaite, et le volume sonore exactement ce qu'il faut. Et ce qui ravit d'emblée, c'est la voix. Parfaite, cristalline, exactement comme sur disque, ce qui pour une fois un défaut mais une qualité.

En effet, la voix d'Ani DiFranco a quelque chose d'unique dans sa douceur et son énergie, une voix qui peut faire passer toutes sortes d'émotions avec une apparente économie de moyens, sans minauder comme Björk ou Tori Amos le font trop souvent par exemple (même si j'aime beaucoup ces deux artistes aussi par ailleurs).

Ani DiFranco et Todd Sickafoose

Car il y a, dans l'interprétation une vérité bienvenue. Ani DiFranco joue des personnages, oui, mais qui font tellement partie d'elle-même qu'elle n'a pas besoin d'en rajouter, elle laisse sortir petit à petit chaque facette de sa personnalité ce qui fait que les chansons ne sont pas du tout mises en scène. Elles sonnent "vrai", parce qu'elles sont vraies.

Et puis ce qui frappe aussi, c'est le jeu de guitare, à faire palir beaucoup, beaucoup de guitaristes. Elle joue de la guitare folk, oui, mais avec un petit médiator à chaque doigt. Elle devra d'ailleurs bricoler tout ça à quelques chansons de la fin.


Ani, chante, joue de la guitare et nous parle de sa fille, Petah (prononcée Pita), de son nom rare (unique ?) et de l'amusement (la frayeur) causée aux gens lorsqu'elle dévoile le nom de son bébé. Au milieu du concert, un poème, puisqu'on lui en a réclamé un (elle vient de sortir un recueil de ses oeuvres) qui est une pure merveille.

Naturellement, ce qui compte ici, c'est autant ce qui se dit, pendant et entre les chansons que la musique elle-même. Il doit être difficile pour un non-anglophone de véritablement apprécier les chansons de ce genre d'artiste. Heureusement, l'énergie qui se dégage des titres en fait tout de même des objets sonores appréciables même si l'on en comprend pas (ou peu) le sens.

En bref, un concert fort, doux, énergique, chaleureux par l'une des reines trop méconnues de la folk.

Après un peu (beaucoup trop) de temps passé sur le net, j'ai fini par trouver la set-list de la soirée :

Done Wrong
Half-Assed
Manhole
Lag Time
You Had Time
Napoleon
Paradigm
Sunday Morning
Rain Check
Two Little Girls
The Atom
Present / Infant
Everest
Names And Dates And Times
32 Flavors

Shameless
Rappel :
Little Plastic Castle
Hypnotized

Liens vers des sites intéressants sur Ani DiFranco :

On Her Own Une base de donnée énorme, des forums, des goodies.

Le site de Miss Eva un excellent site français avec notamment des tablatures et un classement des chansons par thème !

Righteous Babe le site officiel.

14 octobre 2007

Boys For Pele

Artiste : Tori Amos

Label : East West / Warner

Date de sortie : 23 janvier 1996

Durée : 70'22''


Qu'on se rassure, on n'a jamais livré de boys au roi Pele, le célèbre joueur de foot brésilien. (En tout cas pas à ma connaissance) Non, ces Boys là sont destinés à mourir sacrifiés sur l'autel de Pele, déesse résidant dans la montagne du même nom...

En janvier 1996, Tori Amos est forte du succès critique et public de ces deux précédents albums et a fait complètement oublier un album calamiteux Y Kant Tori Read, que la descence ne nous permet pas d'évoquer mais qui Dieu soit loué n'est plus disponible depuis des lustres.

Pendant près de 80 minutes Tori se livre et nous délivre des titres tout bonnement exceptionnels. Horses, Father Lucifer, Mr Zebra, Caught a Lite Sneeze, Not the Red Baron, entre autres perles...

Quant aux textes, voici quelques petits extraits choisis :

"I shaved every place where you've been boy"
"Sometimes, you're nothing but meat"
"Starfucker, just like my daddy"
"And this little masochist is lifting up her dress"

En gros, on est très loin des trop récentes mièvreries beekeepersiennes... (D'ailleurs, dans notre série Encore un truc inutile à savoir, Tori et les abeilles, ça ne date pas d'hier... en effet, tout un album de faces B disponible sur un vieil import australo-néo-zéelandais d'Under The Pink s'appelait The Bee Sides... quand je vous disais que c'était parfaitement inutile...)

En bref, Boys for Pele est un album envoutant et pas loin de la perfection.

Ah, une dernière chose. Par pitié, si vous décidez de l'acheter, faites l'effort de chercher la version originale sans l'atroce remix (numéro un à ibiza en son temps) d'Armand van Elden.

Ecoutez Talula :



Ecoutez Father Lucifer :