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21 novembre 2007

La Famille Tenenbaum (The Royal Tenebaums)

Artistes : Mark Mothersbaugh pour la bande originale, Nico, Ysaÿe Quartet, Paul Simon, The Mutato Muzika Orchestra, Bob Dylan, John Lennon, Emitt Rhodes, The Clash, The Ramones, Elliott Smith, Nick Drake, Vince Guaraldi Trio, The Velvet Underground.

Date de sortie : 11 décembre 2001

Date de sortie du film 13 mars 2002

Label : Hollywod Records

La Famille Tenenbaum est sans doute l'un des films les plus jouissifs de tous les temps. En tout cas, l'un des plus jouissifs de 2001. Résumons nous. Royal Tenenbaum (Gene Hackman) est ruiné. Il décide donc de retourner auprès de sa femme Etheline (Anjelica Huston) qui s'apprête à filer le parfait amour avec son comptable (Danny Glover dans son meilleur rôle). Comment se faire accepter par la famille après tant d'année de silence si ce n'est de dédain ? Réponse : Dire qu'il ne lui en reste plus que pour quelques semaines.

Seulement voilà. Les trois enfants Tenenbaums étaient des génies. D'une manière ou d'une autre, leurs vies se sont éffilochées. Chas (Ben Stiller dans son meilleur rôle aussi) bien que devenu très riche a perdu sa femme dans un accident d'avion et s'occupe tant bien que mal de se deux fils. Richie (Luke Wilson), ancien champion de tennis a craqué lors d'une finale de grand shelem et sillonne le monde pour oublier qu'il est follement amoureux de sa soeur adoptive, Margot (Gwyneth Paltrow), dont les pièces de théatre se font de plus en plus rares. Margot, quant à elle est malheureuse en mariage avec le Dr Raleigh St Clair (Bill Murray en prépa- Coppola mention très bien avec félicitation du jury) c'est pourquoi elle s'envoie en l'air avec Eli Cash (Owen Wilson). Vous suivez ?

Déjà, avec son précédent film, Rushmore, Wes Anderson nous faisait savoir à quel point son idéal était rock (Making Time des Creations était martelé à tout le long du film, ponctuation imparable d'un long métrage beaucoup plus tortueux qu'il n'y parait).

La Famille Tenenbaum est ni plus ni moins que son chef d'oeuvre. Et dire que la musique qui l'accompagne n'en est pas moins géniale est un euphémisme.

Tout commence d'ailleurs par une reprise de Hey Jude par The Mutato Muzika Orchestra tout en clavecin assez étrange et merveilleusement plaisante.

Que dire encore ?

Nico qui chante These Days alors que Gwyneth Paltrow descend du bus au ralenti c'est tout simplement beau à pleurer.

Nick Drake qui chante Fly alors qu'on est assis dans une salle de cinéma et qu'on en revient pas que quelqu'un ait enfin eu l'idée géniale de placer une de ses chansons dans un film, on en est tout retourné.

Qu'Elliott Smith qui chante Needle in the Hay pour une scène de suicide, c'est tristement visionnaire.

Qu'un titre instrumental pas trop connu de Dylan (extrait de ce qui est sans doute son pire album en plus), ça fait quand même du bien même s'il chante un peu faux (très faux, d'accord).

Que les Clash à fond dans les descentes quand Gene Hackman fait les 400 coups avec ses petits enfants ça donne envie de danser en se secouant les cheveux.

Que Lennon, ça le fait toujours.

Que les Ramones pendant que la vie de Gwyneth défile au rythme de ses aventures amoureuses, c'est punk.

Que le Velvet à toutes les sauces, on ne s'en lasse pas.

Et que Mark Mothersbaugh est un putain de génie. Na.


Ecoutez Needle in the Hay d'Elliott Smith :



Ecoutez These Days de Nico :

7 novembre 2007

Nick Drake, The Biography

Auteur : Humphries, Patrick

Editeur : Bloomsbury

Année : 1997

S'il y a un personnage mystérieux dans l'histoire de la folk musique anglaise, c'est bien Nick Drake. Oh, il n'est pas seul, pour sûr, mais tout de même.

Qui peut dire que nous en savons beaucoup sur lui ? Même Patrick Humphries, auteur de cette biographie savante (pour ne pas dire érudite) se trouve parfois face à un grand vide.

Pourtant, l'oncle de l'auteur, médecin, aida madame Drake à mettre Nick au monde.

Nul doute, donc, que certaines informations sont de premières mains. Et pourtant, le mystère reste entier. D'où viennent ses chansons, ce jeu de guitare étrange et ses accordages uniques ? Nul ne saurait le dire précisément.

Nick, c'est déjà une icone, une image romantique, ce type d'un mètre quatre-vingt onze qui se balade sur une plage en hiver avec un chien noir à ses côtés, en regardant ses pieds, enveloppé dans sa houppelande...

Un mythe. Presque impénétrable. Et pourtant, ce livre nous en apprend des choses, à la périphérie du mythe se trouve souvent le fait et peut-être une plus grande réalité.

Qui sait qu'il s'asseyait dans un coin du studio de Françoise Hardy pour l'écouter travailler ? Qu'il a voyagé en France ? Qui sait comment se déroulaient les séances en studio, la précision de son jeu de guitare et la maniaquerie qu'il apportait à chaque chose lorsqu'il travaillait à une chanson ?

Patrick Humphries le sait, et vous, bientôt, si vous lisez ce livre.

2 novembre 2007

13 questions, 13 réponses...

Vu sur l'excellent blog de Folk Furieuse (Alain fonce là-bas, please), voici un petit questionnaire sympa à faire chez vous, seul ou entre amis. Voici mes réponses... musicales...

1. Comment vous sentez vous aujourd’hui?

Another Brick in the Wall (Part 2) / Pink Floyd / The Wall

Ecoutez :



2. Comment les autres vous voient ?

Creep / Radiohead / Pablo Honey

Ecoutez :



3. Quelle est l’histoire de votre vie ?

It Sucks To Be Me / Bobby Lopez & Jeff Marx /Avenue Q

Ecoutez :



4. Quelle chanson pour votre enterrement ?

Eleanor Rigby / The Beatles / Revolver

Ecoutez :



5. Comment allez-vous de l’avant dans la vie ?

Instant Karma / John Lennon / Shaved Fish

Ecoutez :



6. Comment être encore plus heureux ?

What a Wonderful World
/ Louis Armstrong / Best of Louis Armstrong

Ecoutez :




7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie ?

American Beauty / Thomas Newman / American Beauty (That's for you B!)

Ecoutez :



8. Pour décrire ce qui vous ravit ?

Day is Done / Nick Drake / Five Leaves Left

Ecoutez :



9. Votre boulot pour vous c’est … ?

The Mercy Seat / Johnny Cash (Composée par Nick Cave)/ American III Solitary Man

Ecoutez :



10. Que devriez-vous dire à votre boss ?

You Never Give Me Your Money / The Beatles / Abbey Road

Ecoutez :



11. Pour vous l’amour c’est … ?

Say Yes / Elliott Smith / Either Or

Ecoutez :



12. Pour vous la sexualité doit être … ?

All you Need is Love
/ The Beatles / Magical Mystery Tour

Ecoutez :



13. Bloguer pour vous c’est … ?

Rebellion (Lies) / Arcade Fire / Funeral

Ecoutez :

17 octobre 2007

Soupe Folk


Alors voilà. Essayez donc d'être gentil, sympa, prévenant, avenant, bon ami, bon conseiller et le tout gratuitement. Voyez où cela vous mènera.

C'était sans doute mon jour de bonté annuel il y a quelques semaines, lorsque j'ai offert une compilation de Nick Drake (Way to Blue, An Introduction to Nick Drake) à une amie qui n'en avait jamais entendu parler.

(En y repensant, j'ai dû offrir une bonne dizaine d'intégrale de Nick Drake en presque autant d'années).

Certes, la demoiselle en question est un rien versée dans le Métal, comprenez Paradise Lost, Anathema, The Gathering etc. Mais bon, je pensais (bêtement) que la musique n'avait pas de frontière et que comme le disait Gershwin il n'y a que deux sortes de musique, la bonne et la mauvaise.

Il faut croire que j'avais tort.

Un petit mail ce matin m'attendait dans ma boite. Je paraphrase : "Euh, ben euh... c'est un peu de la soupe folk ton truc là non ?"

Le terme soupe folk n'était pas paraphrasé. Que Saint Brian Jones nous vienne en aide.

11 octobre 2007

Five Leaves Left

Artiste : Nick Drake


Label : Witchseason / Hannibal / Island / Universal

Année : 1er septembre 1969

Durée : 41'41''

Nick Drake (toujours inconnu de la majorité, mais objet de culte d'une communauté sans cesse grandissante) est-il toujours le secret le mieux gardé de la grande tradition du song writing à l'anglaise ? Rien n'est moins sûr.

Zach Braff dans son récent film Garden State nous a donné le plaisir d'entendre One of these things first en dolby surround et voici déjà quelques années, Wes Anderson nous avait surpris en utilisant Fly (sans doute le meilleur titre du second album) au beau milieu de son petit chef d'oeuvre d'humour décalé : La Famille Tenenbaum. Alors Nick Drake enfin reconnu ? Force est de constater que si l'on s'aventure à prononcer le nom de Nick Drake, on obtient genéralement cette réponse : "Nick qui ?"

Certes cela pourrait être pire. Car Nick Drake est une star... comparé à Colin Blunstone.

Quoi qu'il en soit, Five leaves left, premier album parfait, d'un jeune prodige de la guitare folk, est un grand disque. Un de ceux qui murit longtemps (pendant près de dix ans dans le secret de sa chambre de Tanworth in Arden, non loin de Stratford upon Avon, ou au cours de quelque voyage du côté de Montpellier).

Quarante deux minutes à peine et puis s'en va, quelques exemplaires vendus à sa sortie en 1969 sur le label Witchseason. Puis deux autres albums tout aussi bons et tout aussi mal vendus à leur sortie, et un destin tragique ; il n'en fallait pas plus pour faire de Nick Drake une icone. James Dean inconnu du folk anglais. Inspiration des grands noms d'aujourd'hui, Robert et Elliott Smith (aucun lien de parenté) en tête.

Way to Blue et Day is Done donnent une descendance royale à Eleanor Rigby, Fruit Tree et River Man flirtent avec les anges et The Thoughts of Mary Jane au milieu de volutes aux fragrances herbeuses. Et que dire de Cello Song...

C'est le disque que l'on regrette de découvrir si tard, alors que notre adolescence et déjà loin et que les blessures que ces chansons auraient pu si délicatement panser restent des balafres mal refermées.

C'est le disque de l'île déserte, celui qui fait passer Jeff Buckley pour un artisan honnête et appliqué, en un mot comme en cent : it's a rare rare find...

Ecoutez River Man :



Ecoutez Cello Song :