Affichage des articles dont le libellé est Bob Dylan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bob Dylan. Afficher tous les articles

25 janvier 2008

Un peu de réclame...




9 décembre 2007

My Favorite Tunes

Voici les 5 titres les plus joués de ma bibliothèque iTunes au cours des 7 jours écoulés.

Feist (1 2 3 4) : 1 2 3 4

Bob Dylan (Highway 61 Revisited) : Ballad of a Thin Man

Radiohead : (In Rainbows Bonus Disc) : Mk1

Radiohead : (In Rainbows Bonus Disc) : Down is the New Up

Radiohead : (In Rainbows Bonus Disc) : Go Slowly

Les choses changent d'une semaine à l'autre. Alors qu'il y a sept jours j'étais en plein trip Free Jazz, je me retrouve cette semaine à écouter la ritournelle de Feist en boucle, l'un des meilleurs titres de Dylan (plutôt pas mal mis en scène dans I'm Not There d'ailleurs) et, bien sûr, les nouveaux bricolages de Radiohead. Allez comprendre... Bonne semaine musicale à tous.


5 décembre 2007

I'm Not There

Un film de Todd Haynes, très librement inspiré des multiples vies de Bob Dylan, avec Christian Bale, Ben Whishaw, Heath Ledger, Charlotte Gainsbourg, Richard Gere, Julianne Moore, et Cate Blanchett.

Musique : Bob Dylan

Date de sortie (France) : 5 décembre 2007

Durée : 135'

Ne croyez pas ce que disent les gens ! Regardez plutôt les parc-mètres si vous pensez que ce film est un biopic. Un genre de biographie filmée d'un héros encore frais. Non, cela n'a rien à voir avec ça. I'm Not There est un film kaléïdoscopique, une épopée, une ode, une spirale de références entre-mêlées, et en tout et pour tout, un grand film.

Me dois-je pourtant de vous le conseiller ? Je ne sais. Parce que, malgré tout, il faut bien l'avouer, si vous ne connaissez que peu la vie et l'oeuvre de Bob Dylan, vous vous demanderez sans doute quelques centaines de fois à quoi tout cela rime. Six personnages différents incarnent ici six des multiples personnalités endossées par Dylan au cours de sa carrière. Leurs destins se croisent parfois, leurs vies se font, se défont, s'éffilochent. Le noir et blanc succède à la couleur et vice versa. Et, s'il y a un fil conducteur à chercher ici, il n'est probablement pas dans ce film. La clé de cette objet cinématographique n'est pour une fois pas en lui, mais bel et bien à l'extérieur du film. Ce qui nous est donné n'est qu'une surface travailllée, surgissante, prête à être vue et entendue (et c'est déjà beaucoup), mais ce n'est que cela si l'on ne sait rien du reste.

En ce sens, ce film est un énorme pari. Captiver une audience à propos d'un personnage dont tout le monde connait le nom mais dont si peu d'entre nous savent finalement quoi que ce soit, sans jamais faire de révélation fracassante. Et même les Freaks dans mon genre qui savent un peu n'y retrouveront pas tout, tant il y a de références plus ou moins évidentes, parsemées au cours de cette épopée. Quant à ceux qui savent fredonner Like a Rolling Stone et guère plus, ils devront s'accrocher. Ainsi, toute la partie sur Pat Garett et Billy the Kid, malgré un côté western branquignole sympathique, n'est que difficilement compréhensible pour les non initiés. Mais passons.

Oui, passons, car après tout, il pourront très bien se rattraper avec l'interprétation phénoménale de Cate Blanchett. De loin, comme de près, c'est elle qui lui ressemble le plus. Elle doit bien le dépasser d'une tête en réalité. Et alors ? Elle est Bob. Ou ils pourront goûter une ou deux allusions aux premiers usages de drogues par les Beatles puisque c'est Dylan lui-même qui leur a donné leur premier joint. Ou encore ceci ou cela... allez savoir...

Il y a tant de choses à dire, qu'il me faudrait plus longtemps, beaucoup plus longtemps. Si vous aimez Dylan, courrez-y. Quant à moi,déjà, je ne suis plus là... I've never been there...

Regardez un extrait :





Bob Dylan, Zenith de Paris, 3 novembre 2005


C'est toujours pareil avec Dylan. Ou plutôt non, ce n'est jamais pareil. Résultat on s'attend à tout autant qu'à rien et tout le monde, en allant à un de ses concerts, ou en y allant pas, a raison d'une manière ou d'une autre.

Au minimum, on se dit qu'on se sera payé une bonne tranche de rigolade. Pas devant le Zim', non, mais en apercevant Vincent Delerm entrer au McDo de l'avenue Jean Jaures quelques minutes avant l'ouverture des portes. Bonjour la crédibilité Rive Gauche nostalique des vrais cafés d'autrefois... Mais là n'est pas la question. Heureusement.

C'est toujours pareil avec Dylan. On ne sait jamais à quoi s'en tenir. Ni sur quel pied danser. Et s'il y a une raison valable entre toutes, c'est que peut-être lui non plus ne sait plus sur quel pied danser avec lui-même.

C'est toujours pareil avec Dylan. Alors, comme à chaque fois on se demande s'il est vraiment très raisonnable d'y aller. D'acheter un billet 45€ quand on sait qu'il jouera deux fois sept chansons (avec un entracte de 15/20 minutes) puis qu'il y aura un immuable rappel de deux titres. Quand on l'a déjà vu une fois, deux ans plus tôt au même endroit, et que c'était vraiment très très bien mais que l'on sait que d'un soir à l'autre, celui qui tutoie parfois les Dieux se retrouve plus de fois qu'à son tour à leur lasser leurs godasses. Comme dans un concert à Montpellier en première partie des Stones il y a 8 ans... Alors que faire ? Y aller quand même finalement.

Pas de première partie. Pour quoi faire ? Plus d'Oscar posé sur l'ampli non plus. Un rideau rouge au fond. Fermé. La salle n'est pas tout à fait pleine et on attend, pas trop loin de la scène, sur la gauche. Au milieu de la scène, un micro dont on devine qu'il est celui de Dylan, pas seulement parce qu'il est au milieu, mais surtout parce qu'il ne monte pas bien haut.

Et puis le noir se fait et la voix de Tony Garnier présente Dylan en quelques secondes et une dizaine de phrases ironiques à souhait, croquis désopilant d'un artiste qui a conscience d'avoir été au sommet mais aussi dans des endroits beaucoup moins reluisants mais qui tient toujours la route.

Et puis le concert commence. Dylan au lieu d'empoigner une guitare et de se camper dans sa tenue de sudiste avec chapeau au milieu de la scène se dirige vers un orgue électrique (qu'on entendra peu sauf à la fin).

Et là on commence par se demander : Qu'est ce que c'est que ce titre ? Eh bien c'est Maggie's Farm. A la limite du reconnaissable. Méconnaissable en fait (il faudra que j'aille chercher la set-list sur le net pour le découvrir). Dylan, les jambes arquées et le dos vouté pour jouer (il restera comme ça pendant une dizaine de titres, il s'assiéra pour les quatre derniers) s'égosille. Et comme de plus en plus souvent, on comprend un mot sur dix.

Le groupe, quant à lui joue carré (encore que) et est aussi statique qu'une pile de madriers sous le soleil. Ca promet.

Puis, le groupe enchaîne sur Tonight, I'll Be Staying Here With You extrait de l'album Nashville Skyline. Et c'est toujours pareil avec Dylan, est ce que c'est de l'art ou du cochon ? Est-ce que c'est tout bonnement du flan ou une performance innaccessible à la foule.

Pourquoi va-t-on voir Dylan ? Pourquoi va-t-on l'écouter ? Il a refusé systématiquement toutes les étiquettes qu'on a voulu lui coller. Il a seulement voulu jouer de la musique et est arrivé au bon moment au bon endroit avec l'envie de mordre dans la big apple à pleine dents. Mais aujourd'hui ? En novembre 2005 ?

On ne vient pas écouter celui qui changera notre vie. Même sans le vouloir. On vient, pour certains, écouter celui qui a contribué à la changer. Mais la plupart ? Ils viennent écouter un homme qui n'a jamais réussi à faire de l'ombre à sa légende (par goût de l'intimité non du secret et même la lecture de Chronicles ne nous en apprend pas tant que ça sur lui).

Mais si la musique reste audible, qu'en est-il de ce chant ? De plus en plus aigu avec des passages brusques dans les basses ? Aujourd'hui il semblerait que Dylan ne sache plus baisser le ton à la fin d'une phrase ou d'un vers, mais au contraire, monte dans les aigus dès que possible pour marquer la fin d'une mesure.

Mumbling Bob s'attaque ensuite à Tweedle Dee & Tweedle Dum (extrait de l'album Love And Theft qui est d'ailleurs un excellent disque où Dylan chante juste et dans le rythme). Beaucoup plus reconnaissable que les autres. Le groupe s'amuse un peu plus, les lignes de guitares s'entremêlent et on sent que Bob aime cette chanson, son côté ludique.

Just Like Tom Thumb's Blues est la chanson suivante sur la liste. Et là encore il faut jouer aux devinettes. A moins de connaître tous les arrangements scéniques des chansons, c'est parfois une véritable gageure de donner un titre à ce qu'on entend. Il me faudra attendre le sixième vers pour trouver de quoi il s'agit : When you're down on Rue Morgue Avenue... le premier des quatre titres d'Highway 61 qu'il interprétera ce soir.

Si Dylan rend ses chansons méconnaissables, est-ce sciemment ? Est ce parce qu'il s'en est lassé ? Qu'il ne les aime plus ? On serait tenté de répondre oui. Mais la réponse ne tient pas la route longtemps. D'abord parce que le site officiel de Dylan recense 464 chansons (en comptant les instrumentaux). Et même si le groupe répète régulièrement 200 à 250 titres et que certaines des compositions de Dylan sont largement dispensables, il y a tout à fait de quoi se renouveler dans le fond de répertoire. Si Dylan en avait vraiment assez de jouer ces chansons-là, il ferait autre chose.

Imaginez qu'on dise à un jeune peintre de 20 ans. Ce premier tableau que tu viens de faire est fantastique. C'est du pur génie. S'il te plait passe le restant de tes jours à en faire des copies. Et des copies de copie... etc... Imaginez le chemin de croix d'ennui qui s'en suivrait. Imaginez qu'on dise à un jeune romancier de 20 ans. Ce livre est la plus grande chose qui soit jamais arrivé à la littérature. S'il te plait. Recopie à la main chaque exemplaire que tu voudras en vendre. Qui serait assez fou pour accepter ça ?

Les chansons de Dylan, depuis le début, sont faites pour aller plus loin qu'il ne pensait pouvoir les emmener. Blowin' in The Wind en est le paradigme. Like a Rolling Stone en est un autre. Jimi Hendrix a illustré cela parfaitement en reprenant All Along The Watchtower (qui clôturera le concert), qui sur l'album John Wesley Harding ne se détache pas spécialement (si ce n'est par son texte). Alors voilà. Dylan, comme un bon peintre ou un bon écrivain remet vingt fois son ouvrage sur le métier. Mais chaque fois il cherche autre chose. Chaque fois il se demande ce que cela pourrait donner d'essayer telle ou telle chose sur cette chanson qui pourrait être un hymne s'il laissait un peu de place à ses vieux (mais aussi jeunes) fans pour la reconnaitre avant la dixième mesure.

Les Stones enflamment les foules en deux accords. Il suffit d'entendre l'intro de Satisfaction ou de Start Me Up pour entrer en transe. Pour beaucoup, ce soir encore, le vieux barde du folk a massacré ses hymnes. It's Alright Ma', Girl From The North Country... Mais quelles oreilles peuvent dire cela ? Toutes celles qui s'attendent à ce qu'un concert soit un moment de disque sur scène. Tout ceux qui souhaitent que les chansons que l'on aime soit figées pour l'éternité. A peu près tout le monde en fait. Moi compris.

C'est pour ça que lorsqu'après High Water le groupe quitte la scène on se demande si Dylan va effectivement revenir après cet entracte qu'il nous annonce.

On change de place tandis que le rideau s'ouvre derrière la scène et découvre un ciel étoilé. On se met au fond de la salle, près des gradins au milieu. On attend le retour du troubadour, de Rumblin'Bob.



Et effectivement, il revient. Le groupe s'est changé et arbore des tenues lie de vin. Dylan s'est contenté de troquer son chapeau noir pour un blanc. Drifter's Escape retentit. Suivi de It Ain't Me Babe, popularisée en son temps par les Turtles. Puis c'est Highway 61 et la foule commence à bouger, à s'agiter. Un semblant de magie opère. Du rock, de l'électricité parcourt l'espace. Cette électricité que Dylan a eu tant de mal à imposer quand il en a mis dans sa musique. Puis A Hard Rain's A Gonna Fall et I Don't Believe You (She Acts Like We Never Have Met) font un peu retomber le soufflé. La fin du concert approche. Il reste 4 chansons et Dylan repartira comme il était venu, enveloppé dans le mystère qui, malgré les millions de mots écrits à son sujet, y compris par lui même, ne cessera jamais de lui tenir chaud.

Desolation Row commence alors que Dylan s'assoit enfin derrière son orgue. On sait qu'il n'en bougera plus. Qui remarque alors qu'il intervertit le couplet Du Dr Filth et celui d'Einstein ? Les personnages se succèdent, Cinderella, Robin Hood, Ophelia, Casanova...

Puis Summer Days extrait de Love & Theft clôt le concert. Dylan se lève, bref salut avec ses musiciens et sort.

Le public applaudit d'un côté, hue de l'autre, quelqu'un derrière moi hurle : "C'est nul !!!!". Il doit avoir 20 ans... 25 peut-être... quelque part je comprends qu'il puisse regréter ses 45 €... En 1965 et 1966, c'est le même genre de protestation qui divisait les salles. Et Dylan ironisait : "Je ne comprends toujours pas comment les tickets font pour se vendre si vite..."

Quelques instants plus tard le groupe revient, le ciel étoilé a laissé la place à ce qui pourrait être le logo du never ending tour, si ce nom était effectivement officiel.. Un oeil, entouré d'arabesques et surmonté d'une couronne.

C'est le moment choisi par Dylan pour Like A Rolling Stone et All Along The Watchtower. C'est entre ces deux titres qu'il présente les musiciens. C'est pendant ces deux titres qu'il est ce que la plupart voulait qu'il soit toute la soirée. Un phénomène de foire. Le Dylan qui chante quelque chose qu'on peut reprendre en coeur dès la première mesure. Les titres avec lesquels on peut communier d'emblée. Sans effort. De la musique qui se respire comme de l'air et qui se boit comme de l'eau. Mais, aussi bêtement que tout le monde, on se dit alors qu'on a peut-être pas tout à fait perdu sa soirée, que le vieux Zim' sait et a toujours su ce qu'il faisait. Ou en tout cas qu'il a toujours été assez habile pour nous en donner l'impression.

Un bref salut, rideau.

Set List :

1. Maggie's Farm
2. Tonight I'll Be Staying Here With You
3. Tweedle Dee & Tweedle Dum
4. Just Like Tom Thumb's Blues
5. It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding)
6. Girl Of The North Country (acoustic)
7. High Water (For Charley Patton)

Entracte

8. Drifter's Escape
9. It Ain't Me, Babe
10. Highway 61 Revisited
11. A Hard Rain's A-Gonna Fall
12. I Don't Believe You (She Acts Like We Never Have Met)
13. Desolation Row
14. Summer Days

(Rappel)
15. Like A Rolling Stone
16. All Along The Watchtower

Subterannean Homesick Blues Video (Bob Dylan Special Day)

On le sait peu, mais Allen Ginsberg et Bob Dylan sont les véritables inventeurs du Karaoké. La preuve, la vidéo originale de Subteranean Homesick Blues extrait de Don't Look Back de D.A. Pennebaker:





Et une prise alternative, moins connue, et, avouons le, un peu ratée :




We can be heroes... (Bob Dylan Special)



Bob Dylan, Légende, 1941 - ...


Like a Rolling Stone (500 Great Songs #21)

Artiste : Bob Dylan

Date de sortie : 20 juillet 1965

Label : Columbia

Durée : 6'09''

D'abord, la question qui tue : Like a Rolling Stone est-elle la chanson du siècle ? Ou bien seulement celle qui définit le mieux les sixties ? Ou bien simplement un très bon titre, qui a eu une certaine influence mais qui aujourd'hui s'écoute d'une oreille distraite pour les plus agés d'entre nous, et se fait misérablement zapper au profit du nouveau 50 Cent par les autres ? Allez savoir. Une réponse par personne m'est avis. Greil Marcus a peut-être la réponse, lui qui a écrit un livre entier sur cette "simple" chanson et tout ce qui l'entoure. Tout ce qui arrivait sans qu'on sache ce que c'était, n'est ce pas Mister Jones ?

En attendant, Like A Rolling Stone, géniale balade du pendu à trois temps, valse fulgurante et cynique, précède de beaucoup la génération X. Le monde va nous broyer, il ne reste plus qu'à chanter.

Dites : Mon chat siamois s'appelle Napoléon.

Ne dites pas : Comment il se la pêtait Ron Wood sur la pochette !!!!

Regardez Like a Rolling Stone live en 1966 :





Et une version bien plus récente et TOTALEMENT HALLUCINANTE où la moitié du public monte sur scène pour embrasser le maître :


Never Ending Tour Introduction (Bob Dylan Special Day)



"Ladies and gentlemen please welcome the poet laureate of rock 'n' roll. The voice of the promise of the 60's counterculture. The guy who forced folk into bed with rock. Who donned makeup in the 70's and disappeared into a haze of substance abuse. Who emerged to find Jesus. Who was written off as a has-been by the end of the 80's, and who suddenly shifted gears releasing some of the strongest music of his career beginning in the late 90's. Ladies and gentlemen - Columbia recording artist Bob Dylan!"


Tis' Bob Dylan's Special Day

Pour fêter dignement la sortie de I'm Not There de Todd Haynes, ce blog sera toute la journée dédié au grand Zimm'

26 novembre 2007

My Favorite Tunes

Voici les 5 titres les plus joués de ma bibliothèque iTunes au cours des 7 jours écoulés.

John Lennon (Plastic Ono Band) : Isolation

Antony and the Johnsons (I'm not There) : Knocking on Heaven's Door

Eric Dolphy (Out to Lunch) : Hat and Beard

Eric Dolphy (Out to Lunch) : Gazzelloni

Eric Dolphy (Out to Lunch) : Out to Lunch



Grands boulversements cette semaine dans le classement puisque tous les présents de la semaine précédente en sont sortis. On y retrouve en tête John Lennon avec Isolation, l'une de mes chansons préférées et bien trop méconnue de l'ex-Beatle. Suivi de près par la fantastique reprise de Knocking on Heaven's Door de Dylan par Antony and the Johnsons qui transporte ce titre dans des sphères quasi célestes. Enfin, Eric Dolphy, à lui seul, ferme la marche avec trois des cinq titres de l'album Out to Lunch chroniqué récemment sur ses pages. Bonne semaine à tous, en musique bien sûr...

















Nombre de titres différents écoutés au cours des 7 derniers jours : 593. Soit 3,52 chansons à l'heure en moyenne.

21 novembre 2007

La Famille Tenenbaum (The Royal Tenebaums)

Artistes : Mark Mothersbaugh pour la bande originale, Nico, Ysaÿe Quartet, Paul Simon, The Mutato Muzika Orchestra, Bob Dylan, John Lennon, Emitt Rhodes, The Clash, The Ramones, Elliott Smith, Nick Drake, Vince Guaraldi Trio, The Velvet Underground.

Date de sortie : 11 décembre 2001

Date de sortie du film 13 mars 2002

Label : Hollywod Records

La Famille Tenenbaum est sans doute l'un des films les plus jouissifs de tous les temps. En tout cas, l'un des plus jouissifs de 2001. Résumons nous. Royal Tenenbaum (Gene Hackman) est ruiné. Il décide donc de retourner auprès de sa femme Etheline (Anjelica Huston) qui s'apprête à filer le parfait amour avec son comptable (Danny Glover dans son meilleur rôle). Comment se faire accepter par la famille après tant d'année de silence si ce n'est de dédain ? Réponse : Dire qu'il ne lui en reste plus que pour quelques semaines.

Seulement voilà. Les trois enfants Tenenbaums étaient des génies. D'une manière ou d'une autre, leurs vies se sont éffilochées. Chas (Ben Stiller dans son meilleur rôle aussi) bien que devenu très riche a perdu sa femme dans un accident d'avion et s'occupe tant bien que mal de se deux fils. Richie (Luke Wilson), ancien champion de tennis a craqué lors d'une finale de grand shelem et sillonne le monde pour oublier qu'il est follement amoureux de sa soeur adoptive, Margot (Gwyneth Paltrow), dont les pièces de théatre se font de plus en plus rares. Margot, quant à elle est malheureuse en mariage avec le Dr Raleigh St Clair (Bill Murray en prépa- Coppola mention très bien avec félicitation du jury) c'est pourquoi elle s'envoie en l'air avec Eli Cash (Owen Wilson). Vous suivez ?

Déjà, avec son précédent film, Rushmore, Wes Anderson nous faisait savoir à quel point son idéal était rock (Making Time des Creations était martelé à tout le long du film, ponctuation imparable d'un long métrage beaucoup plus tortueux qu'il n'y parait).

La Famille Tenenbaum est ni plus ni moins que son chef d'oeuvre. Et dire que la musique qui l'accompagne n'en est pas moins géniale est un euphémisme.

Tout commence d'ailleurs par une reprise de Hey Jude par The Mutato Muzika Orchestra tout en clavecin assez étrange et merveilleusement plaisante.

Que dire encore ?

Nico qui chante These Days alors que Gwyneth Paltrow descend du bus au ralenti c'est tout simplement beau à pleurer.

Nick Drake qui chante Fly alors qu'on est assis dans une salle de cinéma et qu'on en revient pas que quelqu'un ait enfin eu l'idée géniale de placer une de ses chansons dans un film, on en est tout retourné.

Qu'Elliott Smith qui chante Needle in the Hay pour une scène de suicide, c'est tristement visionnaire.

Qu'un titre instrumental pas trop connu de Dylan (extrait de ce qui est sans doute son pire album en plus), ça fait quand même du bien même s'il chante un peu faux (très faux, d'accord).

Que les Clash à fond dans les descentes quand Gene Hackman fait les 400 coups avec ses petits enfants ça donne envie de danser en se secouant les cheveux.

Que Lennon, ça le fait toujours.

Que les Ramones pendant que la vie de Gwyneth défile au rythme de ses aventures amoureuses, c'est punk.

Que le Velvet à toutes les sauces, on ne s'en lasse pas.

Et que Mark Mothersbaugh est un putain de génie. Na.


Ecoutez Needle in the Hay d'Elliott Smith :



Ecoutez These Days de Nico :

9 novembre 2007

No Direction Home : The Soundtrack (The Bootleg Series Vol. 7)

Artiste : Bob Dylan

Label : Columbia / Legacy

Date de sortie : 29 août 2005

Durée : 133'25''

En attendant le très attendu biopic de Todd Haynes I'm Not There, qui sortira le 5 décembre en France, revenons sur l'une des plus belle pages de l'histoire dylanienne avec No Direction Home, splendide B.O. du documentaire de Martin Scorcese.

Que dire sur la collection des Bootleg Series de Bob Dylan, si ce n'est que c'est sans doute l'une des plus interessantes à propos d'un artiste vivant ou mort à avoir vu le jour ? Avec les trois premiers volumes en 1991 qui parcouraient avec brio toute la carrière du Zim avec force d'inédits, d'out-takes, et de performances live, le tout accompagné de livrets impeccables, on pensait avoir entendu tous les trésors cachés de Dylan.

C'était compter sans les concerts des temps héroïques de 1966 au Royal Albert Hall (paru en 1998), et ceux de la Rolling Thunder Review avec des invités aussi prestigieux que Mick Ronson, Arlo Guthrie, Jack Elliott, Joni Mitchell, ou Joan Baez (paru en 2002). Puis, il y eut en 2004 un retour à 1964 où l'on pouvait constater que les chanson de Dylan pile quarante ans plus tard, n'avaient pas pris une ride, et sans guitare électrique.

Aujourd'hui, Martin Scorsese, grace à son documentaire, nous offre l'accès à une véritable caverne d'Ali Baba. Une étonnante collection de chanson, du genre qu'on attendait plus, ou plutôt du genre dont on n'aurait jamais osé rêver. Scorcese a ainsi, pour les besoins de son film, littéralement exhumé des chef d'oeuvres.

La plupart sont connus, certes, mais les versions sont souvent à tomber à la renverse. Qu'il s'agisse de véritables inédits : When I Got Troubles date de 1959 ! ou de prises alternatives ou live de ses plus grandes chansons, il n'y a tout bonnement rien à jeter. Ah cette version de Desolation Row, un rien plus lente, dépourvue de presque tout ses arrangements "hispanisants" (paroles différentes en plus par endroit), ou cette première version de Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again accoustique !

On aurait pu croire ce disque réservé exclusivement au fans ou au complétistes, il n'en est rien. Il est, au contriare, fait aussi bien pour les dylanophile et autres dylanologues que pour les simples amateurs qui n'ont pas la version originale de Blonde on Blonde en double vinyl mono. Pourquoi ? Parce que c'est tout bonnement un best of parrallèle, comme les photos non retenues pour les pochettes des albums cultes qui parsèment le livret. C'est ce que Dylan n'a pas été, mais aurait pu être sans rougir dans un monde à peine différent.

30 septembre 2007

Highway 61 Revisited


Artiste : Bob Dylan

Label : Columbia

Date de sortie : 30 août 1965

Durée : 51' 33''

C'est le deuxième album de la trilogie électrique initiée avec Bringing It All Back Home et close avec Blonde on Blonde. Un peu plus tôt en 65, Dylan se libère du folk purement folk, de l'univers enfumé des hootnanies de Soho ou des "villages" de New York... il se fait huer mais tient bon avec Subterranean Homesick Blues en tête de l'album et le premier karaoké bricolé par Ginsberg en toile de fond pour les besoins d'un film de Pennebaker... Puis la même année vient Highway 61... Mais bon, vous savez déjà tout ça si vous lisez ces lignes... et si vous n'y comprenez pas grand chose, c'est que je divague plus que je ne souhaite instruire...

Bref... Dylan s'électrifie (vu d'ici, en 2007, le changement est vaguement perceptible... pour l'époque, c'est presque une révolution... The Times They Are A Changin'...) et son deuxième album électrique est foudroyant...

D'abord le single qui tue : Like A Rolling Stone... 6 minutes 13 secondes qui ont révolutionné le rock. Puis Tombstone Blues et on se demande (après s'être longuement creusé la tête pour savoir pourquoi il ne fallait pas suivre les meneurs mais regarder les parcs mètres) ce que le petit Bob fait sur le trottoir à penser au gouvernement...

Enfin bref, something is happening here... et beaucoup ne savent pas ce que c'est... N'est ce pas Mister Jones ?

Tout l'album est une merveille, certaines personnes, encore aujourd'hui, disent qu'ils ont ratés certains de leurs examens parce qu'ils passaient autant de temps à l'écouter qu'à réviser (j'en connais)... et puis on arrive à Desolation Row, fleuve halluciné, peuplé de célébrités étranges, où Casanova cotoie Einstein déguisé en Robin des Bois et où Ezra Pound et Cendrillon voient la lune se cacher...

Allez, encore une fois sur la platine...

Ecoutez Like a Rolling Stone :



Ecoutez Ballad of a Thin Man :