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6 janvier 2008

Hurt (500 Great Songs #24)

Artiste : Johnny Cash (Reprise de Nine Inch Nails)

Label : American / Lost Highway

Date de sortie : 5 novembre 2002 (album) / 3 novembre 2003

Durée : 3'39''

Certaines chansons sont parfois révélées par leurs reprises. (All Along the Watchtower de Dylan par Hendrix par exemple). C'est le cas de Hurt, composition grandiloquente de Trent Reznor pour son groupe Nine Inch Nails. Cash, lors de ses dernières années fut produit par Rick Rubin, grand spécialiste de musique qui fait du bruit. Ils tireront de cette collaboration quatre albums fabuleux (du vivant de Cash) dont le dernier American IV, The Man Comes Around sur lequel figure Hurt et qui reprend déjà Personnal Jesus de Depeche Mode. Deux choix plus qu'ambitieux et inatendus pour une référence de la Country Music.

Essai transformé s'il en est. Hurt nous montre un Cash en fin de vie, faisant résonner chaque mot du sens qui lui est dû. Pour lui qui avait longtemps pris des drogues, et en connaissait les effets, nul doute que la portée du texte a littéralement transcendé l'interprétation. Les arrangement quand à eux, réduits au minimum, dépouillés, insufflent une mélancolie que la voix ne vient pas chasser, loin de là.

La vidéo, réalisée par Mark Romanek, montre Cash en roi décadent dans sa maison transformée en musée à sa gloire. (La maison brûlera dans un incendie accidentel le 10 avril 2007).

Hurt version Cash fut élu Single de l'année 2003 aux Country Music Award.

Ne dites pas : I wear this crown of shit.

Dites : I wear this crown of thorns.

Regardez Hurt :




21 novembre 2007

10 Bonnes Raisons d'Ecouter des Reprises








Suivant l'exemple d'Harry Belane, je m'en vais vous proposer mes 10 Bonnes raisons d'écouter des reprises. Les titres suivants sont présentés sans ordre particulier.
  1. Wild Horses, Reprise des Rolling Stones par Joseph Arthur (Featuring Faultline) disponible sur la compil des inrocks The Rolling Stones Revisited. Peut-être aussi bonne que l'originale mais dans un genre différent. Pour une fois que des nappes de synthé sonnent juste.

    Année : 1971 reprise en 2006

  2. Airbag, reprise de Radiohead par Doveman, disponible sur le site Stereogum. Extrêment douce, cette version prend le côté rock du titre totalement à contrepied. Le riff, bidouillé et épuré en ressort avec une sonorité purement aquatique, le tout sur un rythme de marche joué à la caisse claire. Onirique.

    Année : 1997 reprise en 2007

  3. Pink Moon, reprise de Nick Drake par Beck. Disponible un temps en streaming sur le site de Beck, cette reprise ainsi que celle de Which Will et de Parasite du même Nick Drake courrent le net depuis sous forme de mp3... Cherchez, vous trouverez.

    Année : 1972 reprise en 2006

  4. The Mercy Seat, reprise de Nick Cave par Johnny Cash. Disponible sur l'album American III, Solitary Man, ce titre est grandiosement interprété par Cash. Musicalement, cela commence assez simplement, mais très vite on se laisse emporter par la fulgurance des texte mêlé à la musique, alors que les paroles, terrifiantes, égrènent les derniers instants d'un condamné à mort sur la chaise électrique. A vous donner la chair de poule à chaque écoute.

    Année : 1988 reprise en 2000

  5. Enjoy the Silence, reprise de Depeche Mode par Division Day. Disponible un peu partout sur le net au format mp3. Leur site MySpace semble annoncer un disque de reprises à paraître. Un début qui gratte et qui frise, puis une voix et une guitare, énergiques, honnêtes. Ca sent le fait maison, l'enregistré au fond du garage, le mixé dans la cuisine ; et c'est ça qui est bon.

    Année : 1990 reprise en 2007

  6. '97 Bonnie & Clyde, reprise de Eminem par Tori Amos. Disponible sur l'inégal album de reprises Strange Little Girls. Lorsque Marshall Matters chante ce titre, il en fait ni plus ni moins une des bouffoneries rap dont il fume régulièrement le secret avec Dr Dree. Quand Tori Amos la reprend, elle en fait un chant funèbre qui fait froid dans le dos, faisant résonner chaque mots et les mêlants à une B.O flippante à la Philip Glass. Brrrrr.

    Année : 1999 reprise en 2001

  7. Knocking on Heavens Door, reprise de Bob Dylan par Antony and the Johnsons, disponible sur la BO du film de Todd Haynes I'm Not There. Si comme moi vous avez découvert cette chanson avant tout par la version calamiteuse de Guns N' Roses, voici une façon de vous racheter en pleurant à chaudes larmes sur cette reprise qui surpasse l'originale, ce qui n'est pas peu dire. Hegarty va même jusqu'à ajouter des paroles de son cru sans qu'on ait envie de crier au scandale. Un tour de force.

    Année : 1973 reprise en 2007

  8. I Started a Joke, reprise des Bee Gees par Shannon Wright, disponible sur le mini Perishable Goods. Avec douceur, et pour une fois peut-être, un tout peu moins de mélancolie qu'à l'habitude, la digne héritière de Patti Smith et de Nina Hagen reprend l'une de meilleures chansons de Bee Gees.

    Année : 1968 reprise en 2001

  9. Teardrop, reprise de Massive Attack, par Jose Gonzalez. Disponible sur l'album In Our Nature. Difficile d'imaginer meilleure reprise d'un titre somme toute assez électro quoique porté par Liz Fraser, la voix des Cocteaux Twins. En tirer un air folk aurait semblé impossible à certain, pas pour Gonzalez qui, passé les premières mesures improbables habite et habille le titre avec talent.

    Année : 1998 reprise en 2007

  10. The River, reprise de Bruce Springsteen par Josh Ritter. Disponible pour qui cherche bien sur le web. Ritter reprend régulièrement le titre en concert. La version de l'émission Free At Noon de la radio WXPN est ni plus ni moins que parfaite, son, interprétation, et même une pointe d'humour à la fin.

    Année : 1980 reprise en 2007

    Durée totale de la compilation : 45'30''


2 novembre 2007

13 questions, 13 réponses...

Vu sur l'excellent blog de Folk Furieuse (Alain fonce là-bas, please), voici un petit questionnaire sympa à faire chez vous, seul ou entre amis. Voici mes réponses... musicales...

1. Comment vous sentez vous aujourd’hui?

Another Brick in the Wall (Part 2) / Pink Floyd / The Wall

Ecoutez :



2. Comment les autres vous voient ?

Creep / Radiohead / Pablo Honey

Ecoutez :



3. Quelle est l’histoire de votre vie ?

It Sucks To Be Me / Bobby Lopez & Jeff Marx /Avenue Q

Ecoutez :



4. Quelle chanson pour votre enterrement ?

Eleanor Rigby / The Beatles / Revolver

Ecoutez :



5. Comment allez-vous de l’avant dans la vie ?

Instant Karma / John Lennon / Shaved Fish

Ecoutez :



6. Comment être encore plus heureux ?

What a Wonderful World
/ Louis Armstrong / Best of Louis Armstrong

Ecoutez :




7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie ?

American Beauty / Thomas Newman / American Beauty (That's for you B!)

Ecoutez :



8. Pour décrire ce qui vous ravit ?

Day is Done / Nick Drake / Five Leaves Left

Ecoutez :



9. Votre boulot pour vous c’est … ?

The Mercy Seat / Johnny Cash (Composée par Nick Cave)/ American III Solitary Man

Ecoutez :



10. Que devriez-vous dire à votre boss ?

You Never Give Me Your Money / The Beatles / Abbey Road

Ecoutez :



11. Pour vous l’amour c’est … ?

Say Yes / Elliott Smith / Either Or

Ecoutez :



12. Pour vous la sexualité doit être … ?

All you Need is Love
/ The Beatles / Magical Mystery Tour

Ecoutez :



13. Bloguer pour vous c’est … ?

Rebellion (Lies) / Arcade Fire / Funeral

Ecoutez :

18 octobre 2007

American IV : The Man Comes Around

Artiste : Johnny Cash

Date de sortie : 5 novembre 2002

Label : American / Lost Highway

Durée : 51'55''

Le dernier album de Johnny Cash, The Man In Black paru de son vivant. Rien de moins. La dernière des quatre pierres précieuses plus noires et majestueuses que le monolithe de 2001 l'odysée de l'espace. Combien d'albums en tout Johnny ? Même lui devait avoir perdu le compte le jour où Rick Rubin, plus connu pour produire Nine Inch Nails, le groupe indus de Trent Reznor, est venu lui dire deux mots backstage.

Oui, lui, Rick Rubin serait ravi d'enregistrer avec la légende vivante de l'Amérique country, Johnny Cash. Et pourquoi pas se dit Johnny. Le concept avait de quoi le séduire. Des chansons de son choix, des reprises (beaucoup, dont des traditionnels), et des compositions nouvelles. Et un emploi du temps assez strict. Répétition ou écriture d'un titre le matin, enregistrement l'après-midi. Et puis le tableau ne serait pas complet si on ne parlait pas des invités qui devaient se sentir (enfin on n'imagine) dans leurs petits souliers (ou leurs petites santiags), Fiona Apple, Joe Strummer...

Et c'est parti pour quatre albums. Et non des moindres. La plus belle façon, sans doute de conclure une carrière certes brillante, mais émaillée de disques insupportables à partir de la fin des seventies et tout au long des années 80.


Le quatrième, le dernier est le meilleur, à moins que ce ne soit le troisième ou un des deux autres. Allez savoir. mais celui-ci contient des merveilles. The Man Comes Around, qui donne son nom à l'album ouvre le disque et c'est déjà une bonne claque. Cash relit la bible encore et encore, et peaufine cette chanson pendant un temps qui lui parait très long, en rêve la nuit, sait que les vers qu'il écrit ne sont pas de lui mais viennent de quelque part, cherche, cherche, puis, soulagé sans doute, retrouve les versets (dans le livre de Job), s'en inspire, les décline. Au final, une chanson que l'on pourrait reprendre en choeur dans une église gospel, un classique sitôt écrit.


Mais Cash ne s'arrête pas là. L'ouverture d'esprit du vieux monsieur et les conseils avisés de Rubin font des merveilles. Une reprise de Hurt de Trent Reznor dont l'original bénéficiait de paroles grandioses et d'arrangements franchement pas au niveau. Cash la transforme en chant d'agonie, chaque mot résonne et raisonne pour celui qui connait un peu les douleurs par lesquelles il est passé jusqu'à sa mort. De la mort de son frère, découpé par une machine, à la maladie, les complications d'une opération de la machoire qui le verront prendre plus de drogue encore. Et aujourd'hui on se dit que Cash nous a quitté si peu de temps après l'avoir enregistrée.

Un clip a même été réalisé par Mark Romanek pour illustrer cette chanson. On y voit le vieux chanteur au piano, à la guitare, perdu dans un musée qui lui est consacré (sa maison qui brûla il y a quelques mois). Nulle doute qu'il n'a pas dû beaucoup tourner sur MTV.


A côté de Hurt ou de The Man Comes Around, Give My Love To Rose est un titre de Cash plus anecdotique mais plus loin, il reprend Bridge Over Trouble Water avec Fiona Apple qui fera aussi une apparition sur Desperado des Eagles.


Hung My head, chanson de Sting prouve que ce dernier pourrait faire tellement mieux que cette néo-pop fatiguante à base de duo branchouilles featuring le dernier petit gars à la mode. Une vraie chanson de Cow Boy, une vraie chanson triste et belle. Aussi triste et belle que First Time I Ever Saw Your Face.


Et puis nouvelle claque. Du Depeche Mode en Boogie Woogie, il fallait oser. Là encore les mots de Personal Jesus, qui décrivent comment les gens se laissent berner par les prédicateurs de la télé et des méga-church avaient de quoi plaire à Cash. Comment il est tombé sur cette chanson ? Difficile de le savoir, mais Martin Gore ne s'en est toujours pas remis.


Suivent une reprise des Beatles, In My Life, deux traditionnels réarrangés par Cash, Sam Hall et Danny Boy (chant d'église à l'orgue), Desperado, I'm So Lonesome I Could Cry de Hank Williams en duo avec Nick Cave, un autre homme en noir...


Streets Of Laredo (un traditionnel) et Tear Stain Letter (Cash) racontent d'autres histoires tristes, parfaites la nuit autour d'un feu de camp.


Et puis le disque se clôt, ironiquement, sur We'll Meet Again...


Alors, comme dans la chanson, on peut dire :

We'll meet again,Don't know where,
Don't know when,
But I know we'll meet again some sunny day...


So Long Johnny.

Ecoutez Hurt :



Ecoutez Personal Jesus :