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14 décembre 2007

Strange Angels

Artiste : Kristin Hersh

Date de sortie : 3 février 1998

Label : 4AD / Labels

Durée : 45'42''

Dans les pires moments, c'est à dire durant l'enregistrement éprouvant d'Ok Computer, Tom Yorke, chanteur de Radiohead ne pouvait écouter qu'une seule artiste : Kristin Hersh. Aussi étrange que cela puisse paraître, alors que le groupe saturait des guitares et triturait des sons dans tous les sens à longueur de journée, Yorke ne pouvait plus se passer du pouvoir apaisant de la voix de Hersh et de sa guitare accoustique. Certes, Kristin Hersh était plus connue en tant qu'ex leader des très électriques Throwing Muses (tout à fait recommandable aussi dans un autre genre quoiqu'un peu fatiguantes à la longue). Mais lorqu'elle se décida à quitter le groupe (qu'elle reformera un peu plus tard, ainsi qu'un autre projet 50 Foot Wave), ses chansons et sa musique prirent une direction résolument différente. Moins nerveux, moins pêchu, mais tout aussi direct dans le propos.

Ne vous fiez pas à sa voix douce et limpide. Elle recèle mille endroits piégeux où il ne fait pas bon poser le pied. Le ton de la contine a beau être de mise, les 15 titres de Strange Angels ressemblent plus, finalement à ces chansons que l'on chante pour se rassurer dans le noir quand on est enfant... et même un peu plus grand. Plus on écoute ce disque, plus on en comprend le titre. Les Anges Etranges sont les chansons. On ne sait pas d'où elle viennent. Certains prétendent qu'elle flottent dans l'air, attendant que quelqu'un s'en saisisse au bon moment.

Alors laissez vous entrainer à suivre le fil de ces mélodies. Tarabiscotées, baroques, claquantes comme des coups de fouet, pas du tout évidentes. (Vous vous demanderez peut-être moins d'où sort Paranoid Android). Laissez vous prendre par la main par ces Anges qui ont tant de choses à vous dire. Allez-y, laissez vous faire, vous m'en direz des nouvelles.

Regardez Gazebo Tree :



4 décembre 2007

La Nuit Je Mens (500 Great Songs #20)


Artiste : Alain Bashung

Date de sortie : 1998

Label : Barclay

Durée : 4'25"

C'est une chanson qui m'a longtemps hanté. Qui me hante encore, parfois, au coeur de la nuit. Allez savoir pourquoi... J'avais encore 20 ans pour quelques jours, ma vie s'éffilochait au rythme de la capitale, il faisait froid, et, aussi bizarre que ça puisse paraître, cette envolée bashungienne passait sur toutes les radios, y compris au Franprix de la rue de Bretagne. Un coup de moins bien et il suffisait de tourner le bouton et de la chercher quelques minutes sur la bande. On finirait bien par la trouver. Et sinon il restait le single ou l'album. Les paroles, les mots de Fauque pour les maux de Bashung, comme à leur habitude, brouillent les pistes, évoquent, déraillent et se rattrapent aux branches. Et puis il y a ces arrangements de cordes qui en font un truc lyrique, barré et en même temps si classique. Non, décidément, je ne m'en remets pas.


Regardez le clip (pour info la deuxième femme blonde, celle avec les cheveux longs, à rencontré Bashung le jour du tournage. Ils sont aujourd'hui mariés. Encore une drôle d'histoire liée à cette chanson) :



Regardez une version live :



Et pour le plaisir une autre version live extraite de la Tournée des Grands Espaces :





Lire aussi ma chronique de l'album Fantaisie Militaire ICI.



1 décembre 2007

Seven Souls (500 Great Songs #19)

Artiste : Material featuring William Burroughs

Date de sortie : 10 mars 1998

Label : Triloka / R.E.D.

Durée : 5'46''

Tous les fans des Sopranos reconnaîtront ce titre, extrait de l'album de Material : The Road to the Western Lands.

Enregitré en 1989, bien que sorti en 1998, par cet indigne suiveur de Guillaume Tell qu'était William Burroughs, (il tua sa femme accidentellement d'une balle en pleine tête en tentant de reproduire la performance du célèbre suisse), Seven Souls demeurera largement inconnu. Quel erreur. La voix de Burroughs déclamant ces petites histoires pleines de Dieux des Ames Egyptiens y est parfaite, et la production, assez primaire pourtant, ne gâche rien.

Pas étonnant donc que David Chase, créateur des Sopranos, ait choisi la chanson pour ouvrir la sixième saison de la plus mafieuse de toutes les séries.

Dites : J'ai un Mugwump adoptif.

Ne dites pas : Jouer à Robin des Bois eut été moins dangereux.

Regardez Seven Souls dans une version raccourcie, hélas:





1 novembre 2007

Ava Adore (500 Great Songs #10 Halloween Special)

Artiste : The Smashing Pumpkins

Date de sortie : 18 mai 1998

Label : Virgin Records

Durée : 4'21''

Les citrouilles qui t'éclatent, qui t' écrabouillent, voilà bien de quoi il s'agit. Un titre efficace que celui-ci, Ava Adore qui commence lentement avec ce son un peu étouffé, synthétique, tripatouillé au mixage, pour devenir de plus en plus flamboyant à mesure que le temps passe. Billy Corgan a écrit l'une des pépites dont il a un jour eu le secret. It's you that I adore, You'll always be my whore... paroles qui font mouche, qui attirent les oreilles qui trainent. Puis les guitares électriques se chargent du reste et ne se taisent que pour laisser Corgan délirer méchamment In you I feel dirty, In you I crash cars... In you I feel so pretty, in you I taste god... Dommage que Billy le Chauve ait depuis perdu l'inspiration.

Dites : Without you there aren't reasons left to find.

Ne dites pas : Je préfère Louxor j'Adore.

Regardez Ava Adore :



31 octobre 2007

Angel (500 Great Songs #8 Halloween Special)

Artiste : Massive Attack

Date de sortie : 13 juillet 1998

Label : Circa Virgin

Durée : 6'21''

Quand les bristoliens de Massive Attack reviennent avec un troisième album, Mezzanine, on sait que ça va faire mal, très mal. L'album en effet commence très fort avec Angel, un titre qui sera ensuite repris dans des dizaines de films y compris l'une des scènes finales de la quatrième saison de A la Maison Blanche (The West Wing), l'excellente série politique d'Aaron Sorkin. A elle seule, cette chanson a dû assurer la retraite des trois musiciens. Comme d'habitude, il faut s'attendre à du glauque, du dub, du sample, le tout génialement produit et mixé. Angel est un diamant noir, qui fait froid dans le dos.

Dites : Tu es mon ange...

Ne dites pas : Ils ont pas un peu glandouillé Massive Attack depuis Mezzanine ?

Ici une vidéo de fan bien meilleure que l'originale par Enduserundead qui a remixé la musique avec un film muet de 1932, Vampire de Carl Theodor Dreyer :




29 octobre 2007

Fantaisie Militaire

Artiste : Alain Bashung

Label : Barclay

Date de sortie : 8 janvier 1998

Durée : 49'27''

On m'a vu dans le Vercors, sauter à l'élastique, voleur d'amphores au fond des criques...

Ainsi c'était annoncé le premier single extrait de Fantaisie Militaire. La Nuit Je Mens, meilleure chanson du meilleur disque de Bashung ? Une question qui fera s'étriper bien des bashungologues. Un peu comme demander à des types comme moi si I Want You de Dylan est la meilleure chanson de Blonde on Blonde...

Quoi qu'il en soit, les 12 chansons de cet album sont, si ce n'est parfaites, au moins grandioses et ambitieuses. Les textes sont plus évocatifs que jamais, laissant à l'auditeur le soin de recoller les morceaux, de délaisser les grands axes, et de prendre la contre-allée d'une poésie étrange sortie d'un monde en perpétuelle reconstruction mentale.

Quant à la musique, flot electrique, lyrisme des violons, compositions mêlant avant-garde bienvenue (2043) et classissisme rock revisité (Angora).

Et qui se souvient qu'à sa sortie, en ce 8 janvier frileux, on pouvait demander aux chauffeurs de certains taxis de nous laisser écouter l'album ?

Ecoutez La Nuit je Mens :



Ecoutez Dehors :


6 octobre 2007

Is This Desire?

Artiste : PJ Harvey

Date de sortie : 29 septembre 1998

Label : Island

Durée : 40'24''

Il aura suffit d'un clip, et surtout d'un titre : A Perfect Day Elise, pour me faire acheter ce disque. Je connaissais PJ Harvey depuis peu, j'avais entendu Shela Na Gig sans savoir que c'était elle, et Is That All There Is? sur la BO du film de Julian Schnabel Basquiat m'amusait par ses paroles amères sur la réalité de la vie... Alors un dimanche après midi consécutif à ma première grosse rupture amoureuse je me suis desporté jusqu'au Virgin des Champs et j'ai mis ce PJ dans ma musette avec 9 de Chamfort et Ok Computer. Ready to go, ready to cry.

C'est un disque froid, dur, au couteau. Pas de sentimentalisme, pas d'enjolivures. C'est du naturel, du cinglant. Là où Stories From The City, Stories From The Sea, son album suivant, s'alanguira en posture pop, Is This Desire? refusera tout bonnement d'aller pointer le bout du nez.

A Perfect Day Elise en boucle, chez moi, dans ma petite chambrette. Ce gros riff lourd, cette basse qui décape. Mais aussi Angelene... Two thousand miles away, voilà où j'aurais aimé être...

Et puis ce titre : Is This Desire? Est-ce là le désir ? Et si oui, lequel ? serait-on tenté d'ajouter. Un désir brut, animal, écorché vif. Un désir proche de la mort, au bord du précipice, en équilibre précaire avec tout ce qui peut retenir une fille du Dorset qui s'ennuie et broie du noir...

Ce disque est une lame de fond, tirée d'un fourreau d'épines empoisonnées. En quatre mots : il vous le faut.

Ecoutez A Perfect Day Elise :



Ecoutez Angelene :