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18 novembre 2007

Sea Change

Artiste : Beck

Date de sortie : 24 septembre 2002

Label : Geffen Records

Durée : 52'18"

Révélé avec le single d'ampleur intergalactique Loser, Beck s'était toujours ingénié à ne copier personne, et surtout à faire une musique en dehors de tout sentier battu. Passant d'un album étrange comme Stereopathetic Soulmanure à un autre carrément pop comme Midnite Vultures, à la vitesse où le premier quidam venu change de chemise, on a souvent été bien en peine de trouver un endroit où caser cette musique à mi chemin entre l'expérimental trendy et la pop encore plus trendy. Sea Change allait changer la donne.

On notera soudain, et peut-être pour la première fois chez cet artiste, une certaine lenteur dans le rythme des compositions, et des arrangements de cordes pour le moins innatendus. Tant mieux. Beck a écouté Melody Nelson l'un des (mettez le chiffre que vous voulez ici) meilleurs albums de tous les temps, et rêve secrètement de reproduire le miracle d'un Cargo Culte.

On se laisse donc emporter, homme grenouille à la dérive, au rythme lent d'une marée sans retour. Roulé dans les cordes délétères, et les percussions retenues de ces douzes titres doux, suaves et, (allez savoir), empoisonnés. Ce disque est un bateau ivre, porté par une voix qui ne lutte pas contre le courant, mais qui l'accompagne toujours, louvoyant d'une côte à l'autre, cabotinant sans cesse sans le montrer, vers des rives de plus en plus oniriques. Vous ne me croyez pas ? Ecoutez donc Lonesome Tears, Round The Bends ou Sunday Sun...

Regardez Lost Cause :


8 novembre 2007

Ballade de Melody Nelson (500 Great Songs #12)

Artiste : Serge Gainsbourg et Jane Birkin

Date de sortie : 1971

Label : Polydor

Durée : 2'00''

C'est la chanson de mes 13 ans. Quand je n'avais que 11 automnes et 12 étés... Le titre dure deux minutes exactement. Je l'écoutais en boucle. Une heure égale 30 écoutes. Deux heures égale 60 écoutes. Trois heures...

Combien de centaines de fois me suis-je laissé porter par la voix de Gainsbourg ses mots... ses mots... par celle de Jane qui ne prononce ingénuement que le nom de son personnage de sa voix de chat écorché... Melody Nelson... et par les arrangements de Jean-Claude Vannier ?

L'album lui-même, l'un des plus beaux, si ce n'est leplus beau de Gainsbourg me fait toujours chavirer, même après 17 ans... et sans doute pour encore bien plus longtemps que ça. Beck, le génial opportuniste reprendra tous les gimmick de l'album pour son (très beau) Sea Change, grand bien lui face, mais jamais il n'atteindra un tel degré de poésie, d'amertume, et de nostalgie rentrée.

Dites : Ca me serre la gorge tellement c'est beau.

Ne dites pas (sous peine de mort) : Je préfère la reprise de Placebo.

Regardez et écoutez Ballade de Melody Nelson :