Affichage des articles dont le libellé est 2000. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2000. Afficher tous les articles

21 décembre 2007

Since I Left You

Artiste : The Avalanches

Label : XL-Recordings / Modular

Date de sortie : 27 novembre 2000

Durée : 60'34''

La pochette représente, au creux de la nuit, une dizaine d'embarcations à rame, fuyant un naufrage dont on ne voit rien. Pour ça, il faut ouvrir la pochette et découvrir l'illustration imprimée sur le disque... Le titre ? Since I Left You, depuis que je t'ai quitté, ou plutôt (peut-être) depuis que j'ai abandonné le navire... Et nous voilà parti, dans un voyage sans retour aux frontières psychiatriques de la folie.

Génial bricolage, fourre-tout au pire ludique, au mieux hallucinant, ce disque est tout bonnement inclassable. De la guitare espagnole, du disco, un côté seventies affirmé d'emblée dès le premier titre, du collage, du cut-up certes, mais du cut-up joyeux, rien à voir avec ceux d'un Burroughs, des extraits de musique de film (Lawrence d'Arabie) ou des dialogues de cinéma So British, du scratch, des bandes jouées à l'envers...

The Avalanches nous dépeignent un monde positif en négatif et vice versa. A la fois easy listening (idéal en musique de fond la plupart du temps) et musique intello-choc (on n'en fini pas de découvrir ces morceaux si riches tant ils sont un assemblage baroque et bizarre de dizaines de couches de sons, d'extraits, de citations, d'hommages...)...

En écoutant Since I Left You, on se dit que ça pourrait être du Fatboy Slim qui aurait réussi, du Amon Tobin empreint d'une joie de vivre estivale...

Et puis, il y a LE single, le morceaux de bravoure, tellement bon, à vrai dire, qu'il fait un peu tache dans le disque, tant il l'écrase de toute sa magnitude. Frontier Psychiatrist dont on pouvait parfois apercevoir le clip complètement décalé pour ne pas dire barré fort tard sur M6 il y a quelques années. Ce clip, vous pouvez aussi le voir .

Alors une question demeure : A quand le prochain album ?

Regardez le morceau qui a donné son titre à l'album, Since I Left You :



12 décembre 2007

The Virgin Suicides

Artiste : Air

Année : 2000

Label : Record Makers / Source / Virgin

Durée : 40'27''

Lorsque le groupe le plus représentatif de ce qu'il faut bien appeler la French Touch (faute de mieux) s'attèle à une musique de film, il faut bien avouer que l'essai est transformé. Et de quelle manière. Langoureux est le premier mot qui vient à l'esprit. Comme les émois de l'adolescence. Ca sent les hormones à plein nez. Qui ne tomberait pas sous le charme de Lux, la plus sulfureuse des soeurs Lisbon ? Le duo de Versaillais Nicolas Godin et Jean-Benoit Dunkell, lui, semble y avoir succombé.

Le livre d'Eugenides déjà était un chef d'oeuvre innatendu, le film de Sofia Coppola en est un autre. Interprètes d'une justesse impeccables et images qui prennent le meilleur de David Hamilton sans en prendre le pire, réflexion sur la mort et l'incompréhension face au suicide et portrait acide de la vie américaine, voilà ce que Virgin Suicides a à nous offrir. Le tout enveloppé par une bande son entre musique d'église et musique électronique à la limite de l'avant-garde qui accompagne les images solaires du film à la perfection.

Et puis il y a Playground Love, tube à la douceur d'un baiser, chanté dans le clip par deux chewing gums...

Regardez Playground Love :




9 octobre 2007

Kid A

En attendant la sortie de In Rainbows prévue demain (si tout se passe bien et que les serveurs de W.A.S.T.E n'implosent pas sous le poids de la demande) voici la chronique de Kid A, quatrième album du combo oxfordien le plus célèbre du monde.

Artiste : Radiohead

Label : Parlophone/ EMI

Date de sortie : 3 octobre 2000

Durée : 49'52''

Après avoir trusté les charts avec Ok Computer, en 1997, Radiohead aurait pu choisir de s'encrouter et de passer deux ou trois ans à pondre une suite clonesque et clownesque de leur chef d'oeuvre.

Ce serait mal connaître les cinq oxfordiens. Après tout, malgré le succès intergalactique de Creep (le pendant anglais à Smells Like Teen Spirit selon certains), le groupe avait su aller de l'avant pour son deuxième album The Bends et s'affranchir de bon nombre de gimmicks de petit groupe "garage" qui a fait un tube.

Déjà, les mélodies rock se faisaient plus subtiles, laissant traîner ça et là des pointes mélancoliques inquiétantes (Street Spirit (Fade Out) montrait déjà une maîtrise dans la composition assez ahurissante, Fake Plastick Trees). Ok Computer, poussait encore plus loin ces shémas et apportait justement un contenu numérique (et électronique) à une musique analogique (guitare, basse, batterie, voix).

A ce sujet, le titre le plus expériemental, Fitter Happier est un modèle du genre. D'autres titres, comme Paranoid Android, montrait un groupe au sommet pour ce qui est de bidouiller et arranger ensemble des bribes de morceaux et en faire une vraie grande chanson. (Et certains de dire qu'on avait plus vraiment vu ça depuis les Beatles). Et puis, les tubes étaient là, pour ne rien gâcher : Karma Police, No Surprises...

Mais on pouvait déjà lire en filigrane que les désarrois de Thom Yorke ne se satisfairaient pas longtemps de cet état de fait musical.

Il déclarera à la sortie de Kid A qu'il n'avait eu aucune envie de faire un Karma Police 2 et que, de toute façon, le groupe n'était pas à vendre. La preuve ? pas de single extrait de l'album. Pas de clip non plus, mais des Blips (petites vidéos expérimentales de quelques secondes). Personne ou presque ne pu les voir puisque les chaînes de télé demandaient à être rémunérées pour les diffuser, les considérant comme des publicités. Heureusement, merveille de la technique moderne, vous pouvez en voir quelques une ici. Merci Youtube.

Bref, le groupe semblait promis à un joyeux suicide commercial. Pour éviter tout piratage, l'album était envoyé aux journalistes dans un lecteur spécial impossible à ouvrir, et, comble de tout, une partie du pressage européen fut retiré de la vente dès le jour de sortie pour défaut de fabrication. Impossible de passer d'une piste à l'autre, ou alors en tombant n'importe où dans le disque, un merveilleux et incroyable cafouillage. j'ai quelques amis qui on gardé le leur (Grave collector, tu vois, genre, quoi.)

Et la musique dans tout ça ? Paroles sybillines, pour ne pas dire incompréhensibles. Presque pas de guitares, ou tellement détournées et trafiquées qu'elles sont méconnaissables. Beaucoup de sons synthétiques. Jonny Greenwood affectionne particulièrement (notamment sur scène) les effets loop directs et les amplificateurs et traficoteurs en tout genre. Sans compter que Thom prétend que quand Johnny fait une fausse note sur scène, il s'évertue à la reproduire pour faire croire que c'était fait exprès.

Et puis, rien qui aurait pu faire un single évident de toute façon. Du coup, quelques radios aventureuses (dont Lenoir sur Inter) nous faisaient découvrir les morceaux un peu comme ils venaient et ça faisait du bien de ne pas résumer un nouvel album à Un titre. Canal nous gratifiait d'un mini live de deux titres à la fin de feu NPA : Idioteque et Morning Bell qui déménageait bien et on se demandait vraiment où ces gars là avaient été chercher tout ça.

Bref, Kid A est un joyeux mélange (qui a été numéro un peu partout finalement à la surprise générale et surtout à celle du groupe). C'est surtout un album à part. Plus dense que Amnesiac qui le suivra neuf mois plus tard. Sombre et riche d'envolées contrôlées mais étranges (comme la fin de National Anthem qui peut faire penser à A Day in the Life) et de choeurs qui n'en sont pas (Optimistic et Motion Picture Soundtrack et leurs ondes Martenot comme dans le générique de Star Trek). C'est un grand album comme on aimerait en écouter plus souvent.

Ecoutez Everything in its Right Place :




Ecoutez The National Anthem :



Et regardez quelques Blips :







5 octobre 2007

Frontier Psychiatrist (500 Great Songs #1)

Artiste : The Avalanches

Titre : Frontier Psychiatrist - sur l'album Since I Left You

Date de sortie (Album) : 27 novembre 2000

Date de sortie (Single) : 21 août 2000 (Australie), 9 juillet 2001 (France)

Génial collage, cut up, assemblage, puzzle, bout-à-bout, montage, mécano, lego, bidouillage, bricolage électronique. Le tout composé, entre autre, de 37 samples dont un extrait de la musique de Lawrence d'Arabie par Maurice Jarre.




Dites : That boy needs therapy.

Ne dites pas : And he also made false teeth.

3 octobre 2007

American Beauty

Artiste : Thomas Newman

Date de sortie : 11 janvier 2000

Label : Dreamworks Records

Durée : 37'20''

C'est tout bonnement de la magie. Une musique aussi évocatrice et si peu mélodique. Une musique qui se passe à ce point d'images et qui en crée tellement. Je ne reviendrai pas sur le film, American Beauty, l'un des derniers chefs d'oeuvres du cinéma américain du XXième siècle. La musique qui accompagne ces images n'est quasiment que rythme, les instruments traditionnels, notamment les cordes, sont relégués au magasin des accessoires au profit d'autres beaucoup moins conventionnels (exception faite du piano). Mandoline (accordée ou non), hukulele, flûte... tout concourt à créer un univers unique de douceur, et de mélancolie. Ici, la fêlure de l'âme est reine et assumée. On ne feint pas ses sentiments, on les honore. On se sent comme plongé dans un bain chaud et rassurant. Bercé comme on ne l'a pas été depuis longtemps, comme peut-être on n'a jamais été bercé.

C'est tellement bon qu'il n'y a rien à dire pour une fois. Alors je m'arrête là. Que vous ayez vu le film ou non, avant de mourir, écouter ça.

Ecoutez Dead Already (Thème fameux du film) :



Ecoutez American Beauty (Le thème du sac plastique) :