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19 décembre 2007

Angels In America

Artiste : Thomas Newman

Label : Nonesuch

Année : 2 décembre 2003

Durée : 71'43''

Angels In America était à l'origine une pièce de théatre de cinq heures. HBO en a fait une mini série. L'histoire ? L'apparition du SIDA dans le New York des années 80. Le questionnement des personnages sur leur identité, leur homosexualité (assumée, refoulée, montrée ou cachée), leurs rapports face à une maladie à l'époque mal connue et les débuts de l'AZT, réservé à quelques "chanceux". Et pourtant, si le ton est tragique sous bien des aspects, il est aussi comique sous bien d'autres.

Pacino, cabotine, comme seul Pacino sait le faire, Meryl Streep en mère de Mormon, en Ethel Rosenberg mais aussi en rabin (masculin avec longue barbe blanche) est excellente, Jeffrey Wright (vu dans Basquiat de Julian Schnabel) délire en infirmier gay de choc et en fantasme hallucinatoire de Mary-Louise Parker (vue dans The West Wing, Weeds, et dans à peu près tous mes rêves... Mary Louise, Mary Louise, Marry Me...)... Quant à Emma Thompson, en infirmière, clocharde, et surtout en Ange est pour le moins surprenante.

Le côté fantastique, les Anges et leurs apparitions, leur nécessité même dans l'histoire, et les hallucinations médicamenteuses d'une femme dont le mari est Mormon et Homosexuel, sont parfois un peu durs à comprendre, mais Angels in America se veut une fresque baroque (au sens Queer) et, de ce point de vue on peut dire le pari réussi.

Thomas Newman, qui avait déjà composé le générique de l'excellente série Six Feet Under pour HBO, revient ici avec une bande originale à la fois classique, mais aussi pour le moins déjantée, s'amusant de nombreux styles et les mélangeants à loisir jusqu'à obtenir un Plasma Orgasmata du plus bel effet.

Pour preuve, le côté symphonique et fin du baroque, qui emprunte parfois à de glorieux aînés comme Mozart ou Handël (The Infinite Descent). Le côté médiéval (Spotty Monster) présent lorsque l'un des personnages voit apparaître certains de ces ancètres du Moyen-Age. Des morceaux plus dans la veine du compositeur d'American Beauty (Main Title, Mauve Antartica), et même une résurgence Wagnerienne (La fin du titre Plasma Orgasmata) qu'on jurerait tout droit sortie des Nibelüngen.

Newman, donne ici, toute la mesure de sont talent, à la fois en tant qu'illustrateur sonore, mais aussi en tant que grand accompagnateur de l'action et des sentiments. A la fois subtil et fort, intime et grandiose. Angels In America est l'une de ces plus belles B.O.

Regardez le générique d'ouverture, qui vous emportera de la côte ouest à la côte est, du Golden Gate Bridge à la la Bethesda Fountain, au beau milieu de Central Park en passant par Vegas, St Louis, et Chicago...





Et juste pour le plaisir, un petit extrait avec Mary Louise Parker (et Jeffrey Wright):



28 novembre 2007

Le Silence des Agneaux

Un film de Johnattan Demme, avec Jodie Foster, Anthony Hopkins, Ted Levine, Scott Glenn, Anthony Heald.

Musique : Howard Shore

Date de sortie du disque : 5 février 1991

Date de sortie du film (US) : 14 février 1991, (France) 10 avril 1991

Label : MCA

Durée : 57'08''

Si vous êtes toujours à la recherche de quelque chose pour épater vos amis, je vous propose de leur poser la devinette suivante : Quelle actrice reçut un Oscar pour un film dans lequel elle reçoit du sperme sur le visage ? Croyez-moi, ça fait tout de suite son petit effet, et généralement personne ne trouve. Naturellement, le Silence des Agneaux ne se réduit pas à ça, loin de là.

Un tueur en série surnommé Buffalo Bill tue ses victimes après les avoir dépecées. Clarice Starling, recrue du FBI, est envoyée par son chef et mentor Jack Crawford auprès d'Hannibal Lecter, dangereux tueur psychopathe lui-même et cannibale à ses heures. Le film nous entraîne alors dans les recoins les plus sombre de l'âme humaine, mais il le fait avec calme et intelligence, et c'est sans doute ce calme et cette intelligence qui le rend fascinant.

Ici, pas de poursuites en voiture, pas de scènes de torture, presque pas de coups de feu, et pourtant, une ambiance à la lisière du fantastique, proche en un sens de Twin Peaks. La narration procède sur de nombreux niveaux. C'est un thriller, c'est une quête, c'est une histoire de femmes, c'est une histoire d'homme, mais c'est aussi et surtout une histoire d'une attraction / répulsion pour le mal. Anthony Hopkins dans le rôle de Lecter n'est plus a présenter. Il décrira son personnage comme un homme très bon, enfermé dans un esprit malade. On ne saurait mieux dire.

Howard Shore a composé pour l'occasion une musique sombre et jamais pompière, ce qui est rare pour ce genre de film où, généralement, les cuivres explosent en tout sens. Ici, il y a de la retenue, du lyrisme, de la mélancolie, des méandres. Rien ne va droit au but, au contraire, tout semble prendre un détour, la mélodie principale dans un sens, l'accompagnement sous-jacent dans un autre, et pourtant quelle unité ! Et puis ces touches de harpe aux moments les plus inattendus qui permettent bizarrement une respiration, comme une bulle d'air au fond de l'eau noire, ne démontrent-elles pas un talent de composition certain. Enfin, l'avant dernier titre, The Cellar, est en son milieu une sorte d'expérience qui fait penser aux oeuvres de Ligeti qui illustrent le 2001 de Kubrick ou à certaines expériences de Brian Eno.

Regardez la première rencontre entre Lecter et Starling :



21 novembre 2007

La Famille Tenenbaum (The Royal Tenebaums)

Artistes : Mark Mothersbaugh pour la bande originale, Nico, Ysaÿe Quartet, Paul Simon, The Mutato Muzika Orchestra, Bob Dylan, John Lennon, Emitt Rhodes, The Clash, The Ramones, Elliott Smith, Nick Drake, Vince Guaraldi Trio, The Velvet Underground.

Date de sortie : 11 décembre 2001

Date de sortie du film 13 mars 2002

Label : Hollywod Records

La Famille Tenenbaum est sans doute l'un des films les plus jouissifs de tous les temps. En tout cas, l'un des plus jouissifs de 2001. Résumons nous. Royal Tenenbaum (Gene Hackman) est ruiné. Il décide donc de retourner auprès de sa femme Etheline (Anjelica Huston) qui s'apprête à filer le parfait amour avec son comptable (Danny Glover dans son meilleur rôle). Comment se faire accepter par la famille après tant d'année de silence si ce n'est de dédain ? Réponse : Dire qu'il ne lui en reste plus que pour quelques semaines.

Seulement voilà. Les trois enfants Tenenbaums étaient des génies. D'une manière ou d'une autre, leurs vies se sont éffilochées. Chas (Ben Stiller dans son meilleur rôle aussi) bien que devenu très riche a perdu sa femme dans un accident d'avion et s'occupe tant bien que mal de se deux fils. Richie (Luke Wilson), ancien champion de tennis a craqué lors d'une finale de grand shelem et sillonne le monde pour oublier qu'il est follement amoureux de sa soeur adoptive, Margot (Gwyneth Paltrow), dont les pièces de théatre se font de plus en plus rares. Margot, quant à elle est malheureuse en mariage avec le Dr Raleigh St Clair (Bill Murray en prépa- Coppola mention très bien avec félicitation du jury) c'est pourquoi elle s'envoie en l'air avec Eli Cash (Owen Wilson). Vous suivez ?

Déjà, avec son précédent film, Rushmore, Wes Anderson nous faisait savoir à quel point son idéal était rock (Making Time des Creations était martelé à tout le long du film, ponctuation imparable d'un long métrage beaucoup plus tortueux qu'il n'y parait).

La Famille Tenenbaum est ni plus ni moins que son chef d'oeuvre. Et dire que la musique qui l'accompagne n'en est pas moins géniale est un euphémisme.

Tout commence d'ailleurs par une reprise de Hey Jude par The Mutato Muzika Orchestra tout en clavecin assez étrange et merveilleusement plaisante.

Que dire encore ?

Nico qui chante These Days alors que Gwyneth Paltrow descend du bus au ralenti c'est tout simplement beau à pleurer.

Nick Drake qui chante Fly alors qu'on est assis dans une salle de cinéma et qu'on en revient pas que quelqu'un ait enfin eu l'idée géniale de placer une de ses chansons dans un film, on en est tout retourné.

Qu'Elliott Smith qui chante Needle in the Hay pour une scène de suicide, c'est tristement visionnaire.

Qu'un titre instrumental pas trop connu de Dylan (extrait de ce qui est sans doute son pire album en plus), ça fait quand même du bien même s'il chante un peu faux (très faux, d'accord).

Que les Clash à fond dans les descentes quand Gene Hackman fait les 400 coups avec ses petits enfants ça donne envie de danser en se secouant les cheveux.

Que Lennon, ça le fait toujours.

Que les Ramones pendant que la vie de Gwyneth défile au rythme de ses aventures amoureuses, c'est punk.

Que le Velvet à toutes les sauces, on ne s'en lasse pas.

Et que Mark Mothersbaugh est un putain de génie. Na.


Ecoutez Needle in the Hay d'Elliott Smith :



Ecoutez These Days de Nico :

17 novembre 2007

My Favorite Tunes

Voici les 5 titres les plus joués de ma bibliothèque iTunes au cours des 7 jours écoulés.

PJ Harvey (White Chalk) : The Piano

Led Zeppelin (Physical Graffiti) : Kashmir

Radiohead (In Rainbows) : Weird Fishes/Arpeggi

Stuart Matthewman (Twin Falls Idaho: Original Soundtrack) : Title Theme (Thai Lullaby)

Beth Gibbons & Rustin Man (Out of Season) : Tom the Model

PJ Harvey arrive en tête de classement grace, sans aucun doute, à la sortie du clip de The Piano. Fabuleuse chanson, ritournelle mélancolique qui reste dans la tête... Oh girl I miss you... Le thème de l'excellent film des frères Polish, présent cette semaine, est d'ailleurs une de ces pseudo berceuses chantée en... Thaï. Kashmir de Led Zeppelin a été chroniqué cette semaine ainsi que le très beau Out of Season. Quant à Radiohead, je ne perdrai pas de temps à me chercher des excuses. Bon week end à tous, en musique...









Nombre de titres différents écoutés au cours des 7 derniers jours : 522. Soit 3,1 chansons à l'heure en moyenne.

14 novembre 2007

Gattaca

Artiste : Michael Nyman

Label : Jersey Records / Virgin

Date de sortie : 1997

Durée : 55'00''

Vincent Freeman (Ethan Hawk) est un être humain inférieur (car conçu à l'ancienne sur la banquette arrière d'une voiture) et non une sorte de surhomme crée génétiquement d'après des méthodes eugénistes destinées à extraire la substantifique moêlle du cariotype parental. GATTACA : G-A-T-C : Guanine Adénine Thycine et Cytosine, 4 protéines qui forment le génome et la destinée de tous les personnages, jusqu'au moment où tout déraille. Car le petit Vincent (dont on sait par l'analyse d'une goutte de sang dès la naissance qu'il sera archi-myope, dépressif, cardiaque et probablement mort à 30 ans) n'a pas envie de nettoyer les vitres du centre spatial toute sa vie. Lui, ce dont il rêve, c'est d'espace... de Titan, un satellite de Jupiter dont on ne sait rien et qu'une mission spatiale s'apprête à aller explorer...

Alors il décide de prendre la personnalité d'un autre, de devenir littéralement Jerome Morrow (Jude Law), un de ces surhommes qui n'a pas eu de chance. Paralysé des deux jambes suite à un accident de voiture. Comme il l'est si bien dit dans le film : There is no gene for luck.

Mais quand un meurtre est commis au centre spatial, Vincent, devenu Jerome, risque d'être découvert...

Si le sujet du film est original, sa musique est on ne peut plus classique. Tout comme la coupe des costumes des personnages, leurs coiffures impeccables, leur élégance innée... Et pour cause, dans un monde composé d'êtres humains "parfait" quelle place reste-t-il pour le débraillé, le mauvais goût, le trash ? Ou plus simplement le Rock & Roll ?

David Bowie a dit : "Une société qui accepte que vivent des gens comme moi ne peut que courir à sa perte !". Là, c'est tout le contraire. Une société qui n'accepte plus rien d'autre que la "perfection" génétique court à sa perte dans une sorte de nazisme rampant. Scènes Kafkaïennes d'hommes en gabardines et chapeaux mous faisant passer des test génétiques express comme d'autres des éthylotests à des êtres inférieurs génétiquement.

Et la musique me direz-vous ? Un morceaux de bravoure. Un disque que l'on peut écouter en boucle. Une mélancolie permanente, des thèmes qui reviennent et s'entremêlent sans jamais être répétitifs. Un grand disque, qui à la manière de ceux de Philip Glass peut s'écouter comme une oeuvre de musique contemporaine tout autant que comme l'excellent score d'un excellent film.

Ecoutez Irene & The Morrow :

7 novembre 2007

21 Grams

Artiste : Gustavo Santaolalla pour le score, et la participation de : Ozomatli, War, Ann Sexton, Chronos Quartet, Benicio Del Toro

Date de sortie : 25 novembre 2003

Date de sortie du film : 5 septembre 2003

Label : Varèse Sarabande

Durée : 38'14''

Une musique douce et intense pour un film dramatique et tout aussi intense. Voici comment on pourrait résumer la bande originale de 21 Grams. A la fois électrique et accoustique, proche dans ses échos du meilleur de Thomas Newman. Accents hispanisants, guitare et accordéon, et voix d'un Benicio Del Toro en bad boy repentit se mêlent, tandis que progressent diverses intrigues en pointillé vers une issue sans espoir. C'est là que Santaolalla excelle. En nous donnant l'impression que derrière ses notes se cachent systématiquement des lumières crépusculaires, des ciels d'orage, des êtres délavés à la peau tannée et aux âmes en ruine.

A noter, Shake Rattle and Roll, titre sur lequel Benicio Del Toro murmure la complainte angoissée des gens qui doivent et ne peuvent sortir du lit, parce qu'ils ont trop à expier.

Ecoutez Should I Let Her Know? :


17 octobre 2007

Wonderland

Artiste : Michael Nyman

Label : Virgin

Date de sortie : 29 avril 1997

Durée : 41'39''

Wonderland est un très bon film complètement méconnu de l'un des cinéastes les plus rock de ces dernières années. 9 Songs, 69 minutes of Sexe and Roch N' Roll c'est lui, Michael Winterbottom. Et pourtant, Wonderland, est tout sauf le pays des merveilles. Il nous conte l'histoire de trois soeurs londonniennes en quète du bonheur. La première cherche l'amour dans les petites annonces, la seconde se débat avec le père de son fils après un divorce, la troisième, enceinte, est presque abandonnée par son ami qui vient de perdre son travail. Elles ont un frère qui a quitté la maison parentale parce qu'il ne supportait plus le poids de la vie familliale et qui lui, semble avoir trouvé l'équilibre qu'il recherchait. Leurs vies nous sont décrites sur un week end.

Une fois encore, Nyman, déjà responsable, deux ans plus tôt de la B.O. de Gattaca s'est tout bonnement surpassé. Ici, comme dans les opéras de Wagner, chaque personnage a son thème. Tantôt flamboyante, tantôt mélancolique, toujours enrobée de cordes, de cuivres et de piano, la musique de Nyman colle au film et à la peau. Avec ou sans image, elle ne peut laisser indifférent, tant la mélancolie qu'elle véhicule est communicative.

Il faut d'ailleurs faire attention avec ce disque. Certes, il est tout bonnement magnifique, mais il n'en est que plus dangereux. Après quelques minutes, on se retrouve avec un vague à l'âme soudain, dussent le soleil briller et les oiseaux chanter. Alors, comme le dit si bien l'un des personnages en prenant pour la première fois sa fille qui vient de naitre et prénommée Alice : "What a wonderland..."

10 octobre 2007

Lost in Translation

Artistes : Kevin Shields, Sébastien Tellier, Squarepusher, Death In Vegas, Phoenix, Brian Reitzell & Roger J. Manning Jr, はっぴいえんど (Happy End), My Bloody Valentine, Air, The Jesus & Mary Chain, Bill Murray.

Date de sortie : 9 septembre 2003

Label : Nonesuch Records/ Empire Norton

Durée : 53'48''

Le deuxième film de Sofia Coppola est un chef d'oeuvre. Ni plus ni moins. Bob (Bill Murray), acteur un peu sur le retour se voit offrir plusieurs millions de dollars pour passer quelques jours à Tokyo où il enregistrera une pub pour du whiskey. En plein jet lag et peu coutumier des usages locaux, il se traine du studio à l'hôtel et de sa chambre au bar où il croise Charlotte (Scarlett Johanson), jeune femme désoeuvrée et épouse un peu délaissée d'un photographe people. Naitra une amitié déroutante...

Et la bande originale n'est pas pour rien dans le succès de Lost in Translation. Kevin Shields, leader de My Bloody Valentine en est même sorti de sa retraite pour donner de la voix et de la composition (et une suite inattendue à Loveless). City Girl est un excellent titre, et ses trois instrumentaux sont plutôt originaux pour qui s'attend à de la guitare saturée.

Air, déjà présents sur The Virgin Suicide dont ils avaient signé tout le score et le langoureux Highschool Lover ne posent ici qu'un instrumental assez savoureux : Alone in Tokyo.

Pêle-mêle on retrouve également ce qui est sans doute le meilleur titre de Sébastien Tellier (Fantino), et un des meilleurs titres de Death in Vegas (Girls, qui défile comme les buildings dans la nuit).

Ici, Phoenix et Squarepusher jouent dans la cour des grands, et le groupe はっぴいえんど (comprenez Happy End) nous fait découvrir une pop japonaise savoureuse et karaokéïsante.

Coppola ressort aussi de bon vieux classiques : Sometimes de My Bloody Valentine et Just Like Honey de The Jesus & Mary Chain.

Ajoutez à cela les instrumentaux de Brian Reitzell & Roger J. Manning Jr qui collent parfaitement aux images et à l'ambiance du Japon millénaire tout autant qu'High Tech et vous aurez de quoi patienter dans un silence religieux de presque dix minutes pour découvrir en morceau caché un Bill Murray qui se prend l'espace d'un instant pour Brian Ferry.

A se procurer d'urgence (et si vous arrivez à le trouver, en version collector).

Ecoutez Good Bye de Kevin Shields :

3 octobre 2007

American Beauty

Artiste : Thomas Newman

Date de sortie : 11 janvier 2000

Label : Dreamworks Records

Durée : 37'20''

C'est tout bonnement de la magie. Une musique aussi évocatrice et si peu mélodique. Une musique qui se passe à ce point d'images et qui en crée tellement. Je ne reviendrai pas sur le film, American Beauty, l'un des derniers chefs d'oeuvres du cinéma américain du XXième siècle. La musique qui accompagne ces images n'est quasiment que rythme, les instruments traditionnels, notamment les cordes, sont relégués au magasin des accessoires au profit d'autres beaucoup moins conventionnels (exception faite du piano). Mandoline (accordée ou non), hukulele, flûte... tout concourt à créer un univers unique de douceur, et de mélancolie. Ici, la fêlure de l'âme est reine et assumée. On ne feint pas ses sentiments, on les honore. On se sent comme plongé dans un bain chaud et rassurant. Bercé comme on ne l'a pas été depuis longtemps, comme peut-être on n'a jamais été bercé.

C'est tellement bon qu'il n'y a rien à dire pour une fois. Alors je m'arrête là. Que vous ayez vu le film ou non, avant de mourir, écouter ça.

Ecoutez Dead Already (Thème fameux du film) :



Ecoutez American Beauty (Le thème du sac plastique) :