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10 février 2008

Peel Slowly And See

Artiste : The Velvet Underground

Année : 26 septembre 1995 pour l'édition en coffret. (De juillet 1965 au 23 août 1970 pour les enregistrements)

Label : Polydor

Durée totale : 332'52''

Ce coffret hautement recommandable comprend non seulement l'intégrale des quatre albums studio du groupe : The Velvet Underground and Nico, White Light / White Heat, The Velvet Underground, Loaded, mais aussi un CD supplémentaire qui reprend des démos parfois éblouissantes de titres comme Venus in Furs, All Tomorrows Parties ou encore Heroin.

Chaque album est, bien entendu, accompagné d'un certain nombre de bonus de type out-takes, version single ou alternatives, inédits.

Le premier CD justifie à lui seul l'achat de la chose. En une fraction de seconde, on se retrouve dans un appartement miteux de New York, avec trois ou quatre pauvres bougres qui essayent d'enregistrer sur deux ou quatre pistes (allez donc savoir, peut-être même une seule) les maquettes de ce qui deviendra l'un des albums les plus importants de l'histoire du rock. Les versions de Venus in Furs ou de All Tomorrows Parties (chanson préférée d'Andy Warhol), sonnent tout bonnement comme des fabliaux chantés par quelques troubadours à la voix mâle (Cale et non pas Reed ici pour la version de Venus), pendant east coast d'un Tim Buckley.

Et puis, il y a Nico la femme fatale au timbre allemand qui ferait frissonner les plus insensibles.

Le reste est plus connu. On ne citera que quelques perles, Venus in Furs, All Tomorrows Parties, Sunday Morning, Femme Fatale, I'll Be Your Mirror, I'm Waiting For the Man, Heroin, Chelsea Girls, White Light / White Heat, The Gift, Sister Ray, Pale Blue Eyes, The Murder Mystery, Oh! Sweet Nuthin', Satellite Of Love, Sweet Jane etc etc.

On se rappelera une anecdote ou deux (présentes ou non dans le très bon livret qui accompagne le tout, je ne sais plus), par exemple que Maureen Tucker avait été engagée parce qu'elle avait une voiture, que le nom du groupe vient d'un livre SM intitulé The Velvet Underground trouvé dans un caniveau, que Venus in Furs s'inspire grandement de ce thème, ou encore que les membres du groupe jouaient parfois en tournant le dos au public (pendant qu'on projetait sur eux toutes sorte d'images).

On écrira enfin un mot sur la pochette culte du premier album designée par Warhol himself. Si on pêle lentement la banane, on voit sa chair rose et suggestive apparaître en dessous. La pochette est reproduite à l'identique sur le coffret (tout comme sur la version Deluxe du premier album).

Bref, un must, à écouter sans fin...

Venus in Furs :



5 janvier 2008

Songs For Drella

Artistes : Lou Reed / John Cale

Date de sortie : 11 avril 1990

Label : Sire / Warner Bros

Durée : 54'44''

Un beau matin, vous vissez vos écouteurs sur vos oreilles et partez au travail. Et que se passe-t-il lorsque la lecture aléatoire commence ? Style It Takes !!! extrait de ce petit bijou qu'est Songs For Drella. Délice du hasard dit la pub.

Lou Reed décrit ce disque comme une fiction à propos de la vie de son premier et probablement seul mentor, Andy Warhol aka Drella.

L'album est surtout un hommage à celui qui a tant donné à chacun des membres du Velvet Underground et qui, quoi qu'on en pense, ne leur a pas pris tant que ça. C'est une narration, tout bonnement, que faire quand on vient d'une petite ville ? Là d'où aucune célébrité n'est jamais sortie ? Jusqu'au dernier au revoir : Hello it's Me (qui me fait pleurer à chaque fois) simple et touchant.

Entre les deux, un parcours, une vie, des rencontres, des séparations, des froideurs, des regrets aussi, et puis l'art, la musique, l'amour et l'amitié. Le disque qui à l'origine avait été commandité par The Brooklyn Academy of Music et par The Arts At St. Ann's a permis à Reed et Cale de se rabibocher. On connait la suite, la tournée de reformation et d'adieu du Velvet en 1993.

Cale, modeste, dira dans les notes de pochette que c'est Lou qui a surtout travaillé sur ce disque. On en doute, à en écouter tous les passages de violon (absolument pas larmoyants) qui parsèment les chansons et qui répondent à d'autres titres tout en accords plaqués au piano.

Quoi qu'il en soit, c'est un disque d'amour, pour quelqu'un qui n'est plus. Et pour l'enregistrer, aucun doute, ils avaient the style it takes.

Hello it's me,
Good Bye Andy.

Regardez et écoutez l'intégralité de l'album dans l'ordre du disque :

Regardez Small Town :





Regardez Open House :





Regardez Style it Takes :






Regardez Work :





Regardez Trouble With Classicists :





Regardez Starlight :




Regardez Faces and Names :





Regardez Images :





Regardez Slip Away (A Warning) :





Regardez It Wasn't Me :




Regardez I Believe :




Regardez Nobody but You :




Regardez A Dream :





Regardez Forever Changed :





Regardez Hello it's Me :



6 novembre 2007

My Bloody Underground

Artiste : The Brian Jonestown Massacre

Date de sortie : septembre 2007

Label : Inconnu

Durée : 71'38''

Avant que Radiohead ne sorte son album en ligne pour le prix que vous voulez, The Brian Jonestown Massacre avait déjà mis l'intégralité de sa discographie en accès libre sur le net, bonus et vidéos compris. Il faut dire qu'avec un slogan comme Keep Music Evil, ils n'avaient guère le choix. Là où ça se gâte, c'est lorsqu'Anton Newcombe, charismatique leader du groupe et cinglé notoire, décide d'aller enregistrer à Reykjavic en Islande une espèce de disque inclassable, mais pas dans le bon sens du terme.

Rappelons-nous tout d'abord que la formation a commis beaucoup de disques très underground fortement inspiré par les sixties au point de donner les titres les plus nerds à leurs albums. On se souvient ainsi des excellents Their Satanic Majesties Second Request et de Bringing It All Back Home Again.

Avec un titre comme My Bloody Underground, le ton était donné et on pouvait s'attendre à un mélange foutraque et réussi des styles de My Bloody Valentine et du Velvet Underground. Hélas, c'est tout le contraire auquel on aura droit. Car il ne suffit pas d'être dissonant pour être John Cale ou La Monte Young, il ne suffit pas non plus de balancer des nappes de guitares saturées pour être Kevin Shields. Et enfin, ce n'est pas parce que sur l'un de leurs meilleurs albums, Thank God For Mental Illness, ils avaient réussi à créer un puzzle assez fascinant d'une vingtaine de minutes en fin de disque, que cela est si facilement reproductible.

Un coup dans l'eau donc, en attendant peut être Sticky Fingers on Main Street ou The Freewheelin' Blonde on Highway 61.

Le site officiel ou vous pouvez télécharger l'intégralité de leurs albums : BJM.com/music

Mes préférés :

Methodrone

Their Satanic Majesties Second Request

Bringing It All Back Home Again

Strung Out In Heaven

Thank God For Mental Illness

15 octobre 2007

Reality

Artiste : David Bowie

Label : Iso

Date de sortie : 16 septembre 2003

Durée : 49'17''

Durée du deuxième disque de l'édition double : 10'13''

Produit par Tony Visconti (de retour aux manettes de Bowie depuis l'album Heathen), Reality est un album énergique et résolument rock.

Bowie, lors de son précédent effort avait déjà abordé les évenements du 11 septembre, Heathen (Païen en anglais) avait été enregistré en partie à cette époque et l'enregistrement s'en était trouvé en partie chamboulé. Il y revient ici dès le premier titre. New Killer Star, qui évoque la grande cicatrice blanche au dessus de Battery Park (le parc, situé au sud de Manhattan, à quelques centaines de mètres du site du World Trade Center avait été crée dans les années 70 à partir du remblais fourni par les travaux réalisés pour en creuser les fondations).

Le titre suivant est une reprise de Johnatan Richman, Pablo Picasso, déjà popularisée (si l'on peut dire) par John Cale qui la reprend régulièrement en concert (lors de ses deux dernières performances parisiennes, notamment). Mais c'est une version beaucoup plus rock que les versions de Cale que nous livre ici Bowie.

Puis vient Never Get Old, un titre où il n'y aura jamais assez de sexe, de drogue, et, il faut croire de Rock n' Roll. Un extrait de la chanson avait été utilisé lors d'une campagne publicitaire pour Vittel où Bowie se trouvait nez à nez avec les nombreux personnages ou Döpelgangers. On ne peut s'empêcher d'admirer le fait que Bowie à 56 ans rentre encore dans les costumes, mais il faut bien avouer que le tout est un peu ridicule.




The Loneliest Guy, tout comme plus loin Days (quasi insupportable avec son rythme à la péruvienne, fermez les yeux, vous verrez défiler les lamas), sont les deux chansons faiblardes du disque, vraiment en dessous du reste. A peine meilleure, la reprise de George Harrison ce qui est étrange. Pourquoi en effet choisir de reprendre une chanson médiocre d'un artiste qui en a livré tant de grandioses ?

Looking for Water (encore, après la pub Vittel), She'll Drive the Big Car et Fall Dog Bomb the Moon (avec un chien animé en peluche qui remuait la tête pendant les concerts !) bénéficient d'une production aérée, légère pour ainsi dire, de bons titres, simples, efficaces qui manquent, hélas, parfois de la petite étincelle qui les ferait décoller.

Le disque se conclut en beauté avec l'un des titres les plus rock des derniers albums de Bowie, Reality qui donne son nom à l'album. Guitares affutées, rythmique lourdes, chant méprisant, quasi punk, une réussite. Puis, les 7 minutes 45 de Bring Me the Disco King (un titre qui datait des sessions de Black Tie White Noise, en 93, et qui était resté dans les cartons !) calment le jeu et les esprits. C'est sans doute la meilleure chanson de l'album, par son côté soul qui n'est pas sans rappeler l'époque Young Americans, par ses paroles désabusées (Johnny Cash reprenant le Hurt de Trent Reznor avait fait tout aussi crépusculaire), par son fiel dans l'énonciation.

Regardez New Killer Star en live lors de l'émission Trafic de Guillaume Durand :



A noter, un disque bonus de 3 titres était présent dans l'édition limitée de lancement.

Fly, un titre rock saturé sympatique, Queen of all the Tarts dont Bowie se servait en intro de ses concerts pour habiller les images qui défilaient sur l'écran géant, et enfin une reprise assez nue (le riff y est réduit à un vague souvenir) de Rebel Rebel, également présent sur la bande originale du film Charlie's Angels 2.