22 novembre 2007

Six Feet Under















Avec : Peter Krause, Frances Conroy, Lauren Ambrose, Michael C. Hall, Rachel Griffiths, Freddy Rodriguez, Richard Jenkins, Mathew St. Patrick, James Cromwell, Jeremy Sisto, Kathy Bates...

Réalisateur : Alan Ball / Alan Poul / Kathy Bates

Studio : HBO

Année : 2000/2005

Par où commencer ? Comme le dit un site français tenu par un fan de la série, Six Feet Under est une série mortelle. C'est surtout la série qui servira sans doute de maître étalon (avec les Sopranos) à toute nouvelle série ayant pour but de décrire le quotidien d'une famille où chacun est, à sa façon, bon pour l'asile.

Nathaniel Fisher, Directeur d'une petite entreprise de pompes funèbres se fait envoyer ad patres par un bus alors qu'il est au volant de son nouveau corbillard flambant neuf. Où allait-il ? A l'aéroport, chercher son fils ainé, Nate, qui vient passer les fêtes de noël en famille.

Dans l'avion qui l'amène de Seattle, Nate fait la connaissance de Brenda, fille surdouée de deux psychiatres allumés au dernier degré, soeur de Billy, frère bipolaire artiste et qui plane à cent mille dès qu'il arrête ses médicaments. Accessoirement, Nate et Brenda s'envoie en l'air dans un placard à balais de l'aéroport à peine descendus de l'avion.

A la maison (au dessus de l'entreprise familiale) Ruth Fisher apprend le décès de son mari alors qu'elle prépare le dîner. David, le deuxième fils assiste à l'office funéraire qu'il a préparé pour ses clients tout en se demandant combien de temps il pourra cacher au monde qu'il est homosexuel et que son amant est un beau policier noir de la LAPD.

Et puis le tableau ne serait pas complet si on ne parlait pas de Claire, jolie rousse et dernière née des Fisher qui essaye un peu toutes les drogues qui lui tombent sous la main en essayant de trouver un petit ami qui fasse l'affaire et en se demandant ce qu'elle va bien pouvoir devenir lorsqu'elle aura terminé le lycée.

Ajoutez à ça une galerie de personnages secondaire excellents (Federico, le tanathopracteur), Sarah, la soeur de Ruth (jouée par Patricia Clarkson) et Bettina (jouée par Kathy Bates qui réalisera certains épisodes) et vous avez là une base de départ monumentale.

Sachant que Nate a toujours voulu fuir la mort qui rôde partout chez les Fisher et qu'il va devoir reprendre l'entreprise familiale pour aider son frère, voilà qui est plus que prometteur.

Chaque épisode commence par un décès. Au début, ils sont assez évidents. Le pauvre homme qui se fait découper par la machine qu'il est en train de nettoyer, etc. Puis, ils se font plus subtils. Ce type au téléphone qui répond à un commercial qui veut lui vendre quelque chose et qui laisse s'échapper tout ce gaz de la cuisinière ferait un client idéal pour les Fisher. Détrompez vous. Un employé éconduit du centre d'appel déboule avec un fusil et tire sur tout ce qui bouge avant de se suicider. On suit ensuite avec plus ou moins de détail l'arrangement de l'enterrement et de la cérémonie chez les Fisher.

On pourrait croire, à lire ces lignes, que Six Feet Under est tout bonnement une série déprimante. C'est l'effet que me fait Urgences. Au bout de vingt minutes, je commence à me palper partout et à essayer de détecter un cancer ou tout autre signe d'une maladie atroce et incurable. Mais Six Feet Under sait manier l'humour noir à la perfection. Et puis les morts reviennent parler au vivants, tel le père des Fisher, (l'admirable Richard Jenkins). Ce qu'ils ont à dire n'est pas toujours plaisant, et pour cause, ils sont moins des fantômes que l'émanation de l'inconscient dérangé des personnages.

Le jeu des acteurs, quant à lui, est toujours juste (à quand une série française où les acteurs ne seront que ça, justes, même si tout le reste est du niveau d'Helène et les Garçons ?), un jeu de haut niveau, servi par des histoires bien amenées et bien menées. Des cliffhangers insupportables (notamment le dernier épisode de la saison 2) rendent littéralement accro et pourtant. Pourtant. Le rythme de cette série est tout sauf speedé à l'hormone de croissance génétiquement modifiée. Ici, on ne fait pas dans le vidéo clip.

On prend son temps, on s'attarde sur certains détails, on laisse le loisir au spectateur de faire sien le monde qui lui est décrit. A tel point que les épisodes n'ont pas tous la même durée. Le réalisateur est libre de prendre le temps dont il a besoin pour s'exprimer. C'est une qualité rare, si ce n'est unique.

Alors, Six Feet Under, meilleur série du monde ? La plus envoutante, sans doute. C'est en tout cas une série sur la mort qui parle aux vivants sans misérabilisme, sans mièvrerie, sans morale de supermarché. Et cela, ça ne se refuse pas.

Les cinq saisons sont disponibles en DVD. A découvrir en V.O. par pitié.

Regardez le générique de la série, musique composée par le génial Thomas Newman :