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2 février 2008

Anyone Else But You (500 Great Songs #27)

Artistes : The Moldy Peaches

Label : Sanctuary Records / Rough Trades

Date de sortie : 7 mai 2001 (UK) et le 11 septembre 2001 (USA)

Durée : 2'59'' (version album) 1'57'' (version Juno)

Déjà que cette petite chansonnette m'avait chatouillé les oreilles il y a quelques temps alors qu'elle illustrait une pub pour Orange où notre Zizou national avait l'air super content de déverser tout un tas de petites balles en mousse probablement pas du tout biodégradables du haut d'un ravin (il suffisait d'ouvrir les portes arrières du camion avec son beau sourire), voilà t-il pas qu'elle est venue me les rechatouiller au cinéma fin décembre. C'est l'avantage d'être un Jet Setteur. On peut voir certains films avant tout le monde de l'autre côté de l'océan sans avoir à les bitorrenter.

Bref, Anyone Else But You est l'archétype de la chanson simple comme bonjour qui vous donnera envie d'apprendre à jouer de la guitare. Deux accords, des paroles toutes mimis et bien senties (We sure are cute for two ugly people). La chanson à chanter à son amoureuse (B, this post is for you, and this was written in red for obvious reasons) pour la St Valentin en changeant l'un des derniers vers : "My Name is (Your Name Here), I'm you biggest fan."

Les pêches blettes ou Moldy Peaches se composent de Kimya Dawson (jamais entendu parler jusque-là) et d'un certain... Adam Green (et là, ça me dit nettement plus quelque chose.

Anyone Else But You apparaît donc sur la BO du nouveau film de Jason Reitman (déjà responsable de l'excellent Thank You For Smoking), dans sa version originale et reprise par les acteurs du film (Ellen Page & Michael Cera). La BO comprend d'autres merveilleuses petites choses, du Velvet Underground, de Sonic Youth, de Kinks, de Belle & Sebastian et All The Young Dudes de Mott the Hoople.

Juno sort le 6 février, le film vaut le détour (Allison Janney fait partie de la distribution, et qui n'aime pas Allison Janney .

Dites : You're a part time lover and a full time friend.

Ne dites pas : What did I do with the monkey that was on my back?

Regardez la bande annonce :





Regardez Michael Cera and Ellen Page reprendre le titre (en plus court et les couplets dans le désordre) :



21 janvier 2008

Revelator (500 Great Songs #26)

Artiste : Gillian Welch & David Rawlings

Label : Acony

Date de sortie : 31 juillet 2001

Durée : 6'23''

Puisque je cuve ma douleur seul au point de mettre ma tronche en ligne (voir post précédent), c'est dire si ça va mal, je me remets à écouter les meilleures chansons que je connaisse en attendant que le monde me semble plus beau. Pour info, cette chanson fait partie de celle que je veux à mon enterrement. Alors, celle-ci, si vous ne l'aimez pas, c'est tout bonnement que vous n'avez pas de coeur, que vous êtes un être froid, insensible, mort, encarté à l'UMP, bouffé par l'amertume, incapable d'une larme, bloc de granit, monolithe noir de 2001 l'Odyssée de l'Espace, indestructible, bricehortefien, un 2B3, sourd, accouphéneux, accro à la trance goa, vichyste, Dark Vador, accro à la Star Ac', un télétubbies, défoncé aux émissions de Cauet, plus ou moins secretement remarié à un ex-top model, un agent de la TSA, un bas du front, Didier Barbelivien, George Bush, une Spice Girl, Ponce Pilate, Sauron, l'ouragan Katrina, Satan, Big Brother, un guantanamiste, Hannibal Lecter, Michel Houellebecq, une brique, un "roman" de Danielle Steel, un chasseur, un mangeur d'enfant, jeanpierrepernaudophile, un oeil de merlan fris, une marée noire, le virus ebola, ou que sais-je encore d'absolutely despicable.

Et si vous l'aimez et vous reconnaissez parmi les profils ci-dessus (plusieurs réponses possibles), alors tout n'est pas perdu, (et je vous présente toutes mes excuses de vous avoir si mal jugé sans vous connaître, sauf peut-être les mangeurs d'enfants, les guantanamistes, les bricehortefiens, Satan et Big Brother, là, il faut pas pousser). Il y aurait alors peut-être un peu de bon en vous, alors marchez vers la lumière, marchez et faîtes amende honorable, et un don à une bonne oeuvre tant que vous y êtes.

Dites : Who could know if I'm a traitor?

Ne dites pas : Qu'est ce qu'ils sont moches ces canapés.

Regardez et écoutez Time (The Revelator) :



26 novembre 2007

When

Artiste : Vincent Gallo

Label : Warp

Date de sortie : 24 septembre 2001

Durée : 42'53''

Calme, doux, mélancolique, décalé, sombre, dérangé, caustique, autant d'adjectifs que l'on pourrait apposer à When, objet quasi non-identifié de la scène musicale américaine, un peu à l'image de son créateur.

Certes, avec un petit rôle dans le Basquiat de Julian Schnabel, puis le succès d'estime de son premier film en tant que réalisateur : Buffalo 66, et le demi-scandale de son deuxième film projeté à Cannes, The Brown Bunny, qui s'achevait par une fellation de 20 minutes en full frontal, Vincent Gallo avait dépassé les cercles arty new-yorkais pour devenir un secret de notre scène arty. La belle affaire. Gallo est très loin d'être une star. Il est même tout le contraire, ici ou n'importe où ailleurs, et il ne le sera sans doute jamais. Il suffit de lire l'interview reparue récemment dans le hors série des inrocks pour se rendre compte à quel point l'intéressé peut être imbu de lui même et se conduire comme un morveux qu'on rêverait de claquer. Si nous avons Jean-Louis Murat, les Etats Unis ont Vincent Gallo. Mais force est de constater que, sale caractère mis à part, le talent est là et bien là (quel que soit l'énergumène dont on parle).

When est donc un album qui ravira certains et exaspérera les autres. Le titre d'ouverture s'intitule I Wrote This Song For The Girl Paris Hilton, ladite Paris étant une amie de l'acteur Lukas Haas, lui-même ami de Gallo. Il écrivit la chanson (intrusmentale) avant même de la rencontrer et bien avant que celle-ci commence à se faire connaître mondialement par ses frasques. Une preuve de plus de l'étrangeté du bonhomme.

Easy listening par endroit, rock à d'autres, electronique quand on ne s'y attend pas (My Beautiful White Dog qui semble piqué à Boards of Canada), le tout est résolument low-fi. Gallo compose tous les titres, chante par ici, joue de la guitare par là avec une apparente désinvolture parfois à la limite du désintéressement. Et pourtant, ce disque est envoutant de la première à la dernière note, de par son côté bricolé totalement assumé et ses ambiances enivrantes, solaires, voyageuses. A découvrir.

Dites : Vincent Gallo, Paris Hilton, s'ils font des petits, gardez m'en un.

Ne dites pas : Je savais pas que Max Gallo faisait de la musique.

Ecoutez I Wrote This Song For The Girl Paris Hilton :



Ecoutez A Picture of Her :


21 novembre 2007

La Famille Tenenbaum (The Royal Tenebaums)

Artistes : Mark Mothersbaugh pour la bande originale, Nico, Ysaÿe Quartet, Paul Simon, The Mutato Muzika Orchestra, Bob Dylan, John Lennon, Emitt Rhodes, The Clash, The Ramones, Elliott Smith, Nick Drake, Vince Guaraldi Trio, The Velvet Underground.

Date de sortie : 11 décembre 2001

Date de sortie du film 13 mars 2002

Label : Hollywod Records

La Famille Tenenbaum est sans doute l'un des films les plus jouissifs de tous les temps. En tout cas, l'un des plus jouissifs de 2001. Résumons nous. Royal Tenenbaum (Gene Hackman) est ruiné. Il décide donc de retourner auprès de sa femme Etheline (Anjelica Huston) qui s'apprête à filer le parfait amour avec son comptable (Danny Glover dans son meilleur rôle). Comment se faire accepter par la famille après tant d'année de silence si ce n'est de dédain ? Réponse : Dire qu'il ne lui en reste plus que pour quelques semaines.

Seulement voilà. Les trois enfants Tenenbaums étaient des génies. D'une manière ou d'une autre, leurs vies se sont éffilochées. Chas (Ben Stiller dans son meilleur rôle aussi) bien que devenu très riche a perdu sa femme dans un accident d'avion et s'occupe tant bien que mal de se deux fils. Richie (Luke Wilson), ancien champion de tennis a craqué lors d'une finale de grand shelem et sillonne le monde pour oublier qu'il est follement amoureux de sa soeur adoptive, Margot (Gwyneth Paltrow), dont les pièces de théatre se font de plus en plus rares. Margot, quant à elle est malheureuse en mariage avec le Dr Raleigh St Clair (Bill Murray en prépa- Coppola mention très bien avec félicitation du jury) c'est pourquoi elle s'envoie en l'air avec Eli Cash (Owen Wilson). Vous suivez ?

Déjà, avec son précédent film, Rushmore, Wes Anderson nous faisait savoir à quel point son idéal était rock (Making Time des Creations était martelé à tout le long du film, ponctuation imparable d'un long métrage beaucoup plus tortueux qu'il n'y parait).

La Famille Tenenbaum est ni plus ni moins que son chef d'oeuvre. Et dire que la musique qui l'accompagne n'en est pas moins géniale est un euphémisme.

Tout commence d'ailleurs par une reprise de Hey Jude par The Mutato Muzika Orchestra tout en clavecin assez étrange et merveilleusement plaisante.

Que dire encore ?

Nico qui chante These Days alors que Gwyneth Paltrow descend du bus au ralenti c'est tout simplement beau à pleurer.

Nick Drake qui chante Fly alors qu'on est assis dans une salle de cinéma et qu'on en revient pas que quelqu'un ait enfin eu l'idée géniale de placer une de ses chansons dans un film, on en est tout retourné.

Qu'Elliott Smith qui chante Needle in the Hay pour une scène de suicide, c'est tristement visionnaire.

Qu'un titre instrumental pas trop connu de Dylan (extrait de ce qui est sans doute son pire album en plus), ça fait quand même du bien même s'il chante un peu faux (très faux, d'accord).

Que les Clash à fond dans les descentes quand Gene Hackman fait les 400 coups avec ses petits enfants ça donne envie de danser en se secouant les cheveux.

Que Lennon, ça le fait toujours.

Que les Ramones pendant que la vie de Gwyneth défile au rythme de ses aventures amoureuses, c'est punk.

Que le Velvet à toutes les sauces, on ne s'en lasse pas.

Et que Mark Mothersbaugh est un putain de génie. Na.


Ecoutez Needle in the Hay d'Elliott Smith :



Ecoutez These Days de Nico :

16 novembre 2007

Blue Bob

Artiste : David Lynch & John Neff

Date de sortie : 2001

Label : Soulitude Records

Durée : 60'03''

J'ai lu quelque part que David Lynch collectionnait essentiellement deux choses. Les mouches mortes et les chewing gums mâchés par ses amis. Apocryphes ? Peut-être. Le seul problème c'est que, comme souvent dans ces cas là, il est difficile de penser que cela ne pourrait pas être un petit peu vrai. Parce qu'on ne peut guère dire que les films de Lynch tiennent de la comédie romantique. Pour mémoire : Elephant Man, Mulholland Drive, Dune, Twin Peaks, Sailor et Lula, c'est lui. Même l'acteur principal d'Une Histoire Vraie se suicidera quelques temps après le tournage histoire de rester dans le ton.

Alors à quoi s'attendre quand il se met à faire de la musique ? Eh bien à retrouver son univers sombre et dérangé, son humour décapant et parfois insaisissable, et des riffs très bruts que Trent Reznor ne renierait peut-être pas.

Guitare franche, saturée, éraillée. Paroles moribondes, parfois très drôles (Thank You Judge), absurdes (In The Pink Western Range) ou décrivants des voyages sordides. Tout un univers Lynchien en somme que Neff reprend à son compte avec pas mal de tripes. Car Blue Bob est comme un film noir. Orchestré pour faire frémir et réfléchir, mais aussi pour montrer souffrance et sang versé. Le © annonce 2001 sur la pochette. Le premier titre s'appelle 9-1-1 le numéro des urgences aux Etats Unis, une drôle de façon d'épeller 11 septembre aussi. Chaos, décadence, Elvis bouffi s'amusant avec une perceuse sous amphet, voilà à quoi ressemble Blue Bob.

Tout dans ce disque semble expérimental et donc voué à un culte (ne parlons même pas de succès d'estime) plus qu'à un engouement populaire. Mais, contrairement à certains groupe expérimentaux, Blue Bob n'est jamais un disque ennuyeux, ni répétitif. Neff et Lynch ne cherchent pas à appliquer une recette. Chaque titre est différent des autres et s'amuse généralement d'un code musical connu qu'il détourne. Blue Horse, par exemple qui rappellent Portishead avec ses relents trip-hop, le riff archi Rock n' Roll de Bad Night, le gimmick indus de 9-1-1 ou Thank You Judge, la bande originale de film angoissant avec Mountains Falling. Quant au site Amazon, il classe l'album dans la catégorie "Symphonic" ; y'a pas à dire, c'est Mozart qui doit être content...

28 octobre 2007

Rabbit Songs

Artiste : Hem

Label : Waveland / Setanta

Date de sortie : 15 janvier 2001

Durée : 45'29''

Imaginons que vous êtes ingénieur du son à New York. Mettons que vous êtes bon dans votre métier mais guère passionné par la musique préformatée qu'on vous somme d'enregistrer à longueur de journée. Disons que vous avez un peu de temps devant vous, que vous jouez pas mal de la guitare et de la mandoline et que vous avez quelques idées. Ajoutez un bon pote appelé Dan Messé et il ne vous reste plus qu'à trouver une chanteuse (sur casting) et quelques companions de route pour partir enfin à l'aventure.

Un petit traditionnel a capella pour se mettre en voix, puis quinze titres parfaits : When I Was Drinking pour décoller doucement, Half Acre pour s'émerveiller, Burying Song pour se recueillir, et ainsi de suite... Pas un titre faiblard. C'est champêtre à souhait et c'est le disque parfait à toute heure du jour et de la nuit pour accentuer une joie ou adoucir une peine.

La voix de Sally Ellyson est un enchantement, toute en douceur et en émotion. Quant aux autres, chacun tient sa place et touche juste à chaque note, de sorte qu'on se croirait au fin fond du Montana ou de la Caroline du Sud, alors qu'on est en plein Brooklyn.

Mais qu'importe. Qui ose aujourd'hui produire ce genre de musique ? En analogique qui plus est ? Qui se dit que la musique qu'il fait pour pas un rond vaut le coup de vendre tout ce qu'il possède pour s'offrir les services d'un "petit" orchestre de 18 musiciens ? Quelques cinglés de l'autre côté de la mer nommés Dan Messé et Gary Maurer. On ne leur en saura jamais assez gré. Chapeaux bas.

Quant à leur site officiel, il est là. Il vous montrera ce que tout groupe digne de ce nom devrait faire. Donner gratuitement des titres en live de bonne qualité. Offrir quelques tablatures écrites à la main comme à la maison en insistant sur le fait que si vraiment on n'arrive pas à lire, on peut toujours leur écrire un mail, dire du bien de plein de musiciens qu'ils aiment, ne pas se regarder le nombril, accepter sur leur forum qu'un groupe de discussion s'organise autour de l'échange gratuit d'enregistrements piratés des performances du groupe. C'est pas Metallica qui ferait ça. Alors pour les vickings du métal et pour tous les autres : Prenez-en de la graine.


Time (The Revelator)

Artiste : Gillian Welch

Label : Acony

Date de sortie : 31 juillet 2001

Durée : 51'33''


Qui peut savoir si je suis une traitresse ? Voilà ce que nous demande Gillian Welch après quelques mesures à peine de son troisième album.

Accompagnée de son fidèle guitariste David Rawlings, la belle nous transporte directement dans un univers qui s'écoule avec la lenteur nonchalante du Mississippi...

Simplicité toute apparente des arrangements, mais compositions pour la plupart tortueuses, comme en suspend au bord d'une falaise. Elle nous raconte qu'elle rêve d'Elvis, qu'elle veut chanter du Rock n' Roll, elle nous parle de son premier amant, et du fait que tout est gratuit, ou plutôt que tout est à voler, elle et sa musique incluses...

Alors, on se demande bien pourquoi personne ou presque ne la connait en France. Sans doute sommes-nous trop occupés à suivre les braillantes nouvelles stars pour nous soucier du souffle chaud d'une étoile autrement plus brillante qui murmure pendant un quart d'heure divin that (she) dream(s) a highway back to (him)... Dommage.

Ecoutez Revelator :



Ecoutez Everything is Free :


19 octobre 2007

Quiet is the New Loud

Artiste : Kings Of Convenience

Date de sortie : 6 mars 2001

Label : Source

Durée : 44'59''

La musique scandinave a depuis longtemps dépassé le béa-ba d'A-HA et ABBA avec des artistes comme Log, Sonder Lerche, Christian Kjellwander et quelques autres. Aujourd'hui, c'est Kings Of Convenience, qui débarque sur ces pages, sans tambour ni trompette cependant. Au contraire. Ces chansons là s'approchent à pas feutrés avec leurs mélodies qui fleurent bon la volonté de trouver la chanson parfaite ; comme une sorte de pendant nordique à Belle & Sebastian (Winning a battle, Losing a War, Leaning Against the Wall).

Comment dire ? Il y a là dedans beaucoup de douceur, un côté champêtre prononcé et la carte de l'accoustique est jouée à plein. Et puis il y a une face un peu plus sombre à ce disque, quelque chose qui s'insinue au creux des tympans et vous tournicotte au fond du bulbe pendant un bon bout de temps comme lorsqu'on est persuadé d'avoir oublié quelque chose mais qu'on est incapable de se rappeler quoi (The Passenger, Parrallel Lines). Les compositions font souvent penser à Elliott Smith et les voix, quant à elles, peuvent faire penser à Simon and Garfunkel (en mieux).

Pas étonnant dans ces conditions que l'un des morceaux des rois pratiques (I Don't Know What I Can Save You From) apparaisse dans la bande originale de l'un des épisodes de de la deuxième saison de Six Feet Under. Pour peu que vous vous y laissiez prendre, les compositions délicates de Erlend Øye et d'Eirik Glambek BØe vous entraineront ainsi très loin, au pays des fjords et des filles imaginaires qui vous auraient brisé le coeur. Idéal à écouter en marchant dans la forêt en plein hiver.

Ecoutez Toxic Girl live !

Ecoutez Failure live !

Note sur les mp3 : les mp3 "présents" sur ce site sont la propriété de leurs auteurs et ayant droits. Tous les mp3 proposés le sont sous forme de liens qui pointent vers les sites des artistes ou de leurs labels qui ont décidé de les offrir gracieusement. Pour en écouter/télécharger d'autres, nous vous invitons à visiter ces sites :

Le site officiel
Leur espace : myspace.com/kingsofconvenience
Les sessions live de Kings of Convenience du 18 décembre 2000

7 octobre 2007

Dyed in the Wool

Artiste : Shannon Wright

Date de sortie : 21 août 2001

Label : Vicious Circle

Durée : 33'56''


Une demie écoute vite fait chez Gibert. Il ne m'en aura pas fallu plus pour m'emparer de ce bijou amer. Une musique empoisonnée qui vous rentre dans la peau comme les aiguilles d'un tatoueur, sans ménagement.

Dyed in the Wool, vous dépose bel et bien de la teinture sur la laine. Indélébile. Si vous n'avez jamais entendu une note de Shannon Wright, imaginez un mélange de Nick Cave (pour la noirceur), de PJ Harvey (pour le côté girly à guitare) et d'Iggy époque Stooges (pour la rage électrique) le tout ramené à une voix, une guitare, et une batterie dans une ambiance garage. Et vous serez encore bien loin de la vérité. Parce qu'en plus de composer des chansons d'une intensité à vous faire dresser les poils sur les bras, elle peut aussi vous tirer les larmes en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire... et parfois même dans le même morceau !

Les quatre premiers morceaux crucifient l'auditeur. Un titre par main et par pied. Less Than A Moment attaque dur sur un riff dont Wright a le secret et les paroles explosent comme autant de mines antipersonnels. The Hem Around Us plus calme est pourtant beaucoup plus dangereux. Guitare accoustique limite minimaliste mais ligne musicale tranchante, ça taillade sévère. Hinterland, l'une de ses plus belles chansons est jouée au piano (qui sonne légèrement désaccordé) et laisse enfin la voix de Shannon partir très loin de ce monde. "I Shall Fear Nothing"... Chaque temps est martelé, chacun est un coup de poignard. Vessel For A Minor Malady est plus douce mais vénéneuse. "There is no cure, so why should I care ?" chante-t-elle, accompagnée d'un piano et d'un violon.

Il s'est passé à peine plus de 10 minutes et vous voilà lessivé. Le reste du disque est à peine en dessous. Même si les quatre titres d'ouverture sont sans doute les meilleurs, il faut encore compter avec Method Of Sleeping, dont le gimmick de berceuse sous Prozac en fait les 3 minutes 22 de musique les plus flippantes de ce début de siècle. (Chacun sait que rien ne peut rivaliser, pour le siècle dernier, avec le générique des Dossiers de l'écran, la comparaison tient la route, croyez moi).

J'avais rêvé que ce dernier titre soit joué en concert la première fois que je' l'ai vue sur scène, au Café de la Danse, il ne l'a pas été. C'est peut-être mieux ainsi.

Quoi qu'il en soit, Dyed In The Wool est un grand, un excellent album. Peut-être pas à écouter tous les jours, encore moins tous les soirs... (Si quelques amis s'incrustent chez vous un peu trop tard, vous pouvez essayer de les faire fuir avec ça...) mais il vaut bien plus que ses quelques euros.


Ecoutez Less than a Moment :