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29 février 2008

Down is the New Up (500 Great Songs #29)

Artiste : Radiohead

Durée: 4'59''

Label : Auto-édité par le groupe

Date de sortie : 3 décembre 2007

Quand les choses ne vont pas bien, il y a plusieurs solutions. Moi, j'écoute les chansons les plus belles que je connaisse, qui se confondent souvent avec les plus déprimantes qui existent.

Down is the New Up est l'une de ces chansons. Crépusculaire à souhait, elle est portée par la voix d'un Thom Yorke en plein état de grâce. Des accords de piano simples en font une petite soeur de Pyramid Song, autre grande chanson venue du fond de la nuit. Mais ne vous inquiétez pas, demain est un autre jour.

Dites : Le bout du rouleau est le nouveau haut du panier.

Ne dites pas : Been down so long it looks like up to me... (Quoique)

Regardez Down is the New Up dans une version solo impeccable :





7 décembre 2007

1 2 3 4 (500 Great Songs #22)

Artiste : Feist

Date de sortie : 16 juillet 2007

Label : Cherrytree/ Interscope /Arts & Crafts

Durée : 3'04''

Comment quoi ? Pardon ? Feist ? Vous devez plaisanter ? La note écrite en prévision du premier avril a du s'échapper par erreur. Non ? Sérieusement ? Ou alors la journée spéciale Dylan a fini par vous liquéfier le cerveau ? Non ? Vraiment ? Alors quoi ? Oui, c'est une contine, oui, c'est très gai, oui, ça met de bonne humeur, oui, c'est bien mieux que tout ce qu'elle a pu faire jusque-là. Pas très dur il faut dire. C'est donc ça qui vous réjouit ? Un petit machin léger comme ça ? sans prétention ? juste histoire de gigoter en rythme à peine tombé du lit ? Eh ben c'est que ça doit le changer d'Eric Dolphy le pépère. Bon, après tout, si ça peut lui faire plaisir. Il est ici chez lui hein...

Dites : Une fois de temps en temps, une chanson peut simplement mettre de bonne humeur.

Ne dites pas : Et sinon tu gigotes en rythme en lamé bleu toi aussi ?

Regardez 1 2 3 4 :





6 décembre 2007

In Rainbows Bonus Disc


Artiste : Radiohead

Date de sortie : 3 décembre 2007

Label : W.A.S.T.E ?

Durée : 26'52''

Puisque je n'ai pas encore reçu ma box, et puisque le net regorge déjà des mp3 du disque bonus d'In Rainbows, (preuve que certains ont déjà reçu leur colis et que dans certains endroits du monde la Poste est honnête), je n'ai guère pu résister à l'envie de télécharger ce que j'ai de toute façon payé.

Alors, que dire exactement ? Est-ce du Radiohead ? Oui, assurément. Est ce aussi bien qu'In Rainbows... c'est une autre affaire. Il s'agit effectivement d'un disque bonus, pas de la deuxième partie d'un album. Sa durée est d'ailleurs deux fois plus courte que celle d'In Rainbows.

MK 1

Ne me demandez pas ce que MK veut dire. C'est simplement l'un des deux instrumentaux du disques. Sorte de petits interludes beaucoup plus planant et moins noisy que ce que le groupe à l'habitude de faire en matière instrumentale. De très bon alois, le titre se termine par quelques notes qui rappellent le thème de Videotape alors que Thom assure tout de même quelques petites nappes vocales.

Down is the New Up

Maintes fois entendues en concert au cours des dernières années, Down is the New Up rappelle beaucoup les titres récents les plus rapides. Le titre ne sonne pourtant pas très en place, les voix qui devraient entrer ensemble sont légèrement décalées, le mixage ne semble pas toujours au points lorsque Thom monte un peu dans les aigus où il restera coincé à un niveau jusqu'ici jamais entendu.

Go Slowly

Temps fort du disque. Le thème reprend le contrepoint de There There ce qui est très surprenant. Recyclage habile, un bon bidouilleur pourrait en faire une mix-tape parfaite. Comme le titre l'indique, le rythme est lent. Le chant onirique, on est en territoire connu. A mi-titre, les guitares accoustiques entre en scène et reprennent à nouveau cette grille à la There There. Comme si les titres étaient des jumeaux séparés à la naissance.

MK2

Voir MK 1. On sent simplement que cela aurait pu être une version plus longue de l'intro de Nude.

Last Flowers

Piano. Puis Piano et voix. Dans le genre, les oxfordiens ont fait bien mieux. Piano + Voix + Guitare. Le tout n'est pas sans rappeler d'autres titres déjà entendus. Mais ici pas de brio, pas de final twist comme on les aime malgré une vague tentative trop tardive. Même Coldplay fait mieux régulièrement. Dommage.

Up On The Ladder

Plus agressive avec une intro de guitare affutée, Up On The Ladder pourrait être une déclaration de bonnes intentions. Une nouvelle voie pour le groupe qui en a déjà fréquenté beaucoup. Il y a du Joy Division là-dedans. Du My Bloody Valentine aussi. Et puis des délires électro-statiques passé deux minutes. Le tout avec un Phil qui pourrait s'en aller pour laisser la place à une boîte à rythme techno. Ah, et le titre se ferme sur un nappe de synthé que Robert Smith n'aurait pas regnée. Creusez par là les gars, il y a de l'idée.

Bangers + Mash

Barré de la rythmique et de la guitare, Talking Headsien (Crosseyed And Painless si ça vout dit quelque chose) tellement qu'on voudrait que David Byrne se pointe filer un coup de main à Thom. Celui-ci préfère reprendre des plans mélodiques de son effort solo (Voir les titres : The Eraser, The Clock). Ca gigote, ca dance. Mais est-ce que ça va très loin... Mériterait d'être un peu retravaillé.

4 Minute Warning

Directement enchainé sur le titre précédent. Début lugubre. Puis ça s'améliore en se transformant en contines. Mais les mots This is just a nightmare, soon I'm gonna wake up... font revenir l'auditeur sur terre. Une chanson, là aussi avec du potentiel, mais sans réelle présence.

En guise de conclusion :

Le cd bonus d'In Rainbows est charmant et inégal. Une bonne petite collection de face B. Quelques pépites, un peu de remplissage honnête. Pas de quoi se relever la nuit. Pas de quoi non plus renvoyer sa box. On aurait aimé que le groupe bosse un peu plus certains titres pourtant tourné plusieurs années. Tant pis.

Bientôt sur ces pages. In Rainbows the Ultimate Food For Your Ears Edition. C'est à dire ma selection parmi tous ce titres de ce qui aurait été MON In Rainbows si on m'avait laissé le choix du track listing. Stay tuned.

10 novembre 2007

From Panda Moutains


Anglophone ? Read What's Blue!

Artiste / Artists : Cocoon

Label: Microbe

Date de sortie / Release Date : 16 avril 2007 / 4/16/07

Durée Total Running Time : 15'28''

Ils s'appellent Mark Daumail et Morgane Imbeaud, ils ont (je crois) 23 et 20 ans, ils sont français, ils composent de merveilleuses mélodies et par conséquent, chantent de merveilleuses chansons folk.

Their names are Mark Daumail and Morgane Imbeaud, they are (as far as I know) 23 and 20 years old, they are French, they compose wonderful melodies and therefore, sing wonderful folk songs.

S'ils n'étaient parfois trahis par leur accent, vous pourriez croire qu'ils viennent du Midwest, perdu au milieu de nulle part, attendant des temps meilleurs ou faisant du stop le long de routes oubliées.

If not for their accents, you could as well think they're from the Midwest, lost in the middle of nowhere, waiting for a better future or hitchhiking along forgotten roads.

Ce EP de 5 titres dure un peu plus de 15 minutes mais le duo sait exactement comment emporter le coeur et les oreilles de chacun vers un endroit où ils pourront écouter et apprécier les contes d'amour et d'amitiés décrits avec une belle honnêteté accoustique.
This 5 track EP lasts a little bit more than 15 minutes but the duet knows exactly how to take you to a place you will listen to and enjoy the brief tales of love and friendship described with a beautiful acoustic honesty.

A ranger tout près de Kings of Convenience, Mi and l'Au et Nicolai Dunger.

Shelve close to: "Kings of Convenience", "Mi and l'Au" and "Nicolai Dunger"

Vous pouvez écouter quelques un de leurs titre en cliquant sur le lien ci-dessous.


You can listen to some of their music by clicking the link below.



PS Leur très beau nouvel album My Friends All Died In A Plane Crash est déjà en vente et inclut trois titres extraits de From Panda Moutains.

PS Their debut album My Friends All Died In A Plane Crash is already available and includes three songs from From Panda Moutains.

6 novembre 2007

My Bloody Underground

Artiste : The Brian Jonestown Massacre

Date de sortie : septembre 2007

Label : Inconnu

Durée : 71'38''

Avant que Radiohead ne sorte son album en ligne pour le prix que vous voulez, The Brian Jonestown Massacre avait déjà mis l'intégralité de sa discographie en accès libre sur le net, bonus et vidéos compris. Il faut dire qu'avec un slogan comme Keep Music Evil, ils n'avaient guère le choix. Là où ça se gâte, c'est lorsqu'Anton Newcombe, charismatique leader du groupe et cinglé notoire, décide d'aller enregistrer à Reykjavic en Islande une espèce de disque inclassable, mais pas dans le bon sens du terme.

Rappelons-nous tout d'abord que la formation a commis beaucoup de disques très underground fortement inspiré par les sixties au point de donner les titres les plus nerds à leurs albums. On se souvient ainsi des excellents Their Satanic Majesties Second Request et de Bringing It All Back Home Again.

Avec un titre comme My Bloody Underground, le ton était donné et on pouvait s'attendre à un mélange foutraque et réussi des styles de My Bloody Valentine et du Velvet Underground. Hélas, c'est tout le contraire auquel on aura droit. Car il ne suffit pas d'être dissonant pour être John Cale ou La Monte Young, il ne suffit pas non plus de balancer des nappes de guitares saturées pour être Kevin Shields. Et enfin, ce n'est pas parce que sur l'un de leurs meilleurs albums, Thank God For Mental Illness, ils avaient réussi à créer un puzzle assez fascinant d'une vingtaine de minutes en fin de disque, que cela est si facilement reproductible.

Un coup dans l'eau donc, en attendant peut être Sticky Fingers on Main Street ou The Freewheelin' Blonde on Highway 61.

Le site officiel ou vous pouvez télécharger l'intégralité de leurs albums : BJM.com/music

Mes préférés :

Methodrone

Their Satanic Majesties Second Request

Bringing It All Back Home Again

Strung Out In Heaven

Thank God For Mental Illness

2 novembre 2007

Separated by the Sea

Pour Alain.

Artiste : Findlay Brown

Date de sortie : 19 février 2007

Label : Peace Frog

Durée : 46'20''

A force d'écouter Nick Drake, Bert Janch, Tim Buckley, et autre Piers Faccini, on aurait tôt fait de croire que la Folk, de par son récent renouveau et ses racines déjà plus que fournies, n'en a plus pour longtemps. Que la source finira bien par se tarir, et que les mélodies douces amères que nous chérissons tant n'étant pas renouvelables à l'infini, il ne restera bientôt plus rien à serrer contre son oreille lorsque le monde se fera trop froid ou trop sombre.

Et pourtant ! On n'en revient pas d'être à nouveau surpris. Findlay Brown c'est une voix à la fois ferme et subtile, des chansons ouvragées avec une précision d'orfèvre, et des mélodies parfois audacieuses (le final de Down Among the Dead Men qui emporte l'auditeur bien loin comme tous les passages laissant une par belle aux harmonies vocales d'ailleurs). Quant à la production assurée par Simon Lord, elle est tout simplement parfaite.

Cet album c'est aussi des plans gentiment piqués à Nick Drake (l'ouverture de Separated by the Sea en est un exemple flagrant), un peu comme on emprunte une veste à un grand frère, avec gratitude et diligeance. A ce titre, Loneliness I Feel pourrait passer pour le meilleur de McCartney.

Separated by the Sea est l'un de ces albums savoureux auquels on revient encore et encore, parce qu'il est beau, évocateur, à la fois surprenant et facile d'accès. Une réussite.

Vous pouvez télécharger gratuitement un titre rare de Findlay Brown en cliquant ICI.

27 octobre 2007

White Chalk

Artiste : PJ Harvey

Date de sortie : 24 septembre 2007 (UK), 2 octobre 2007 (US)

Label : Island

Durée : 33'57''

Est-ce un nouveau single ? se demande l'amateur de musique étonné par la finesse de l'emballage. Non, un nouvel album, 11 titres, moins de 40 minutes. C'est un album à l'os dont tout le superflu a été simplement évacué. Ici, presque pas de batterie, pas de guitare électrique, mais du piano, de la harpe, et une voix rapeuse. Rien de ce que l'on connaissait jusqu'ici de PJ Harvey ne semble avoir subsisté dans ce nouvel univers qu'elle vient de se créer. Vous l'aimiez très rock agressif sur Huh Huh Her ? oubliez-ça ! De la belle ne reste que la mélancolie qu'on lui connait si bien, parce qu'il n'y a que de cela que l'on ne peut pas sortir ; de l'étreinte de l'angoisse.

Sur certains titres (White Chalk, When Under Ether) on ne peut s'empêcher de se demander si l'ADN de Björk et Thom Yorke n'a pas muté tout soudainement dans le Dorset natal de PJ pour créer de toute pièce, avec l'aide d'une génération spontanée d'intruments folks bidouillés venus d'outre tombe, la voix plus poignante de ce début de siècle. Progéniture vocale scarifiée pour toujours.

Son meilleur disque ? C'est bien possible. Le plus surprenant ? Sans aucun doute ! Un disque à marquer d'une craie blanche.

Ecoutez White Chalk :



Ecoutez When Under Ether :

10 octobre 2007

In Rainbows

Artiste : Radiohead

Label : W.A.S.T.E.

Date de sortie : 10 octobre 2007

Durée : 42'34''

Enfin, il est là. In Rainbows, dans toute sa nouveauté, et ce, malgré les titres déjà bien connus car joués en concert maintes et maintes fois ; parfois depuis plus de dix ans.

Mais tout d'abord, un grand bravo aux équipes de W.A.S.T.E. qui ont permis un téléchargement facile et rapide. Une vraie réussite.

Il est aussi bon de noter que cet album est DRM Free, sans DRM. Cela ne veut pas dire, bien entendu, que le distribuer sur le net est légal pour autant, mais cela montre le respect que le groupe porte à ses fans. Non pas Jeanfoutiste au sujet de leur musique, mais prenant acte, simplement, que la grande majorité des gens sont responsables au sujet de ce qui leur est confié, fusse le dernier album d'un groupe de rock.

La preuve ? Le groupe a virtuellement (dans tous les sens du mot) offert sa musique et, si l'on en croit leur porte parole, la plupart des gens ont donné une somme correspondant globalement au prix d'un album téléchargé en ligne légalement. Surtout, très peu n'ont rien donné. L'opération serait, apparemment, une réussite commerciale. It's Up To You disait leur site web lorsqu'il s'était agit de décider combien donner. Les acheteurs ont été au rendez-vous.

Pourquoi cela ? Les raisons sont sans doute multiples. Personnellement, ayant commandé la Discbox, le téléchargement m'a été offert d'office, mais si je n'avais pas eu le choix, j'aurais probablement donné une dizaine d'euros, soit le prix d'un album sur l'iTunes Store par exemple.

Je crois surtout que lorsqu'un groupe aussi aimé que Radiohead s'adresse directement à ses fans et leur dit : "Si vous aimez notre musique, donnez ce que vous pensez être JUSTE.", alors, soudain ceux qui se sentaient parfois volés lorsqu'on leur demandait 20 euros pour un album dont 95% du prix n'irait jamais dans les poches des artistes se sont peut-être dit : "Ok, voyons ce que je crois être juste."

Autre chose a pu jouer. La culpabilité. Si vous téléchargez un album illégalement, ce n'est généralement pas sur le site du groupe. Combien d'acheteurs n'ont pas voulu passer pour des pingres ? Allez savoir...

Quant à ceux qui l'ont eu pour rien, tant mieux pour eux, qu'ils aient été radins ou sans le sou n'a que peu d'importance. La musique ne mourra jamais. Les Majors en revanche... et hélas, les disquaires ce qui est plus préoccupant.

Alors qu'en est-il à l'heure de la première (déjà troisième) écoute ? Tout d'abord une impression d'ensemble sur la production qui semble assez Low Tech, beaucoup plus artisanale au niveau du son que ce à quoi on aurait pu s'attendre. Une certaine saturation, un côté analogique et disque fait à la maison, et surtout, aux dernières nouvelles, sans Nigel Goldrich, (leur producteur quasi historique).

15 STEP (3'57'')

Un rythme très Eraser qui n'est pas sans rappeler Everything in its Right Place qui ouvrait Kid A, et c'est parti. On sent le virage electronica arriver à grand pas sauf que la ligne de guitare à partir de la 47ième seconde change la donne avec un minimum d'effets. Finalement assez fidèle aux versions de concert à l'exception de choeurs d'enfants (qui font un rien penser à The Wall de Pink Floyd) le titre malgré tout est relativement décevant.

BODYSNATCHERS ( 4'02'')

Pêchu, Catchy, un petit air de 2+2=5 sur l'album précédent. Une guitare bien cradingue et saturée en ouverture. Après une minute, Yorke dévie la mélodie comme il en a le secret avant de retomber sur ses pieds d'une façon qui a toujours l'ai aussi miraculeuse. La suite d'accord assez simple nous remet directement dans l'ambiance. Oui, ceci est bien un disque de Radiohead, avec un peu de The Bends, De Hail to the Thief, et même d'Ok Computer en miroir auditif tout le long de la chanson.

NUDE (4'15'')

Des cordes, en intro, et des harmonies vocales quasi Björkiennes, puis la voix de Thom mixée bien en avant et dans les aigus qu'il sait si bien faire. Oui, il s'agit bien d'une version Studio de ce titre qui tourne avec Radiohead depuis plus de dix ans, soit la période d'Ok Computer. Ondes Martenot discrètes, voix aqueuses enrobées de réverb' comme si on écoutait la chanson arnaché au fond d'une piscine au beau milieu de la nuit. Guère rassurant, mais envoutant jusqu'à une faible lueur d'espoir lors des trente dernières secondes.

WEIRD FISHES/ARPEGGI (5'18'')

Ma préférée. Un rythme qui rappelle 15 STEP mais beaucoup plus abouti dans l'exécution et l'une des mélodies les plus mélancoliques composées par Radiohead. Contruits avec l'esprit d'escalier, chaque mot semble s'aider du précédent pour monter le titre en épingle jusqu'à ce que tout retombe aux deux tiers quand Yorke chante : "and this is my chance / eaten by worms /and we’re fishies / picked over by the worms /and we’re fishies /we’re fishies" d'une voix résignée qui aboutira à une désertion pure et simple de toute vie sur la fin du titre. Onn'avait pas ressenti un truc pareil depuis Pyramid Song, c'est dire.

ALL I NEED (3'49'')

Minimaliste, à tel point qu'on l'imaginerait bien comme un hommage à Joy Division. Jusqu'à la fin qui change une fois de plus la donne avec quatre notes de métalophones bienvenues.

FAUST ARP (2'10'')

Voix empilées, guitare folk, cordes, mélodies graciles, on imaginerait presque Robert Kirby (producteur légendaire de Nick Drake et de Vashty Bunyan) aux manettes l'espace d'un instant. Une merveille et une respiration dans cet album sombre. Un chef d'oeuvre.

RECKONER (4'50'')

Un autre titre où la rythmique prend le pas sur la mélodie, en tout cas comme base. Seule la voix installe l'atmosphère avant que quelques notes de piano n'accentuent le travail de Thom bientôt suivis par des voice over. Puis un temps calme exactement au milieu du titre. Un peu à la We suck Young Blood. Puis des cordes et des harmonies vocales dignes d'un Brian Wilson sous haute dose de Prozac.

HOUSE OF CARDS (5'28'')

Beaucoup jouée en concert, donc un rien moins surprenante, si ce n'est que comparé à l'ensemble de l'album le titre paraît un peu plus joyeux... Paroles cucul "I don't want to be your friend, I just want to be you lover" à l'appuis. Guitares saturées piquées à Sigur Ros ou à M83 en prime.

JIGSAW FALLING INTO PLACE (4'09'')

A nouveau une rythmique rapide sur laquelle la voix vient se greffer. Puis des cordes. Entrainant, mais déjà entendu.

VIDEOTAPE (4'40'')

Mélancolique à souhait. Le titre clôt l'album dans un minimalisme qui fait froid dans le dos. Pas du tout serein. Pas du tout sûr de soi. Creepy. Piano, voix, basse, puis une batterie ératique et des harmonies vocales crépusculaires. Certaines versions de concert étaient beaucoup plus enlevées.

Conclusion (à chaud, je serai sans doute plus nuancé dans une semaine) :

Après deux écoutes l'impression d'ensemble est bonne, même si certains titres sentent un peu le réchauffé, le déjà entendu (car beaucoup joués en concert, mais aussi et surtout parce que le groupe, pour une fois, n'a pas su s'affranchir aussi bien de ses gimmicks pour les pousser juste un peu plus loin). L'absence de Nigel Goldrich (à ce qu'il semble) y est sans doute pour quelque chose.

Le côté recette de certains titres est parfois irritant, d'autant qu'il avait déjà été abondamment utilisé sur l'album précédent : Rythmique rapide + voix + ligne de guitare minimale + changement de ton et de rythme au milieu du titre ou au deux tiers puis remontée de la pente. Des titres de Radiohead sur ce shéma il y en a une bonne dizaine.

On sent que Thom Yorke est bel et bien le leader incontesté du groupe. Les ressemblance avec son effort Solo de l'an dernier sont frappantes. Lorsque les envolés du chanteur et le minimalisme des arrangements fonctionne bien, c'est tout bonnement merveilleux, sinon, parfois dispensable.

Heureusement, quelques morceaux sont tout bonnement époustouflants, Nude, Weird Fishes/Arpeggi, Faust Arp, qui justifient à eux seuls l'achat de ce disque.


A vos commentaires...

1 octobre 2007

Version

Artiste : Mark Ronson

Label : Allido Records - Sony/BMG

Date de sortie : 16 avril 2007

Durée : 46'34''

Ce disque est un petit bijou pop, ni plus ni moins. Touche à tout de talent, DJ, producteur (Christina Aguilera, Amy Winehouse, Lily Allen, Robbie Williams), arrangeur, patron du label qu’il a fondé (allido records), musicien, Mark Ronson, était jusqu’ici connu du (relativement) grand public pour un single bien classé en 2003 (« Ooh Wee »).

Jusqu’à ce qu’en mars 2006 il sorte un single totalement pop à la virtuosité cuivrée, une reprise du Just de Radiohead a couper le souffle. Un peu plus d’un an plus tard et deux singles plus loin, c’est l’album intitulé Version qui sort, armé de 14 versions de titres plus ou moins connus et plus ou moins récents.

Mais Ronson ne se contente pas de bêtement reprendre Coldplay, Amy Winehouse ou même Britney Spears (oui vous avez bien lu et c’est d’ailleurs l’un des meilleurs moments du disque), il les réinvente, tout simplement, leur donnant des arrangements proches des meilleures envolées de The Divine Comedy, et un côté finalement intemporel (sommes-nous encore à la fin des 70’s ?) à la limite du easy-listening mais toujours groovy.

En bref, un disque parfait à passer en soirée pour se faire mousser auprès des filles.

Ecoutez Toxic (Reprise de Britney Spears) :



Ecoutez Just (Reprise de Radiohead) :