16 octobre 2007

Ani DiFranco, Elysée Montmatre, Paris, 12 octobre 2007

Hamell on Trial quitte la scène et les roadies s'activent gentiment pendant un petit quart d'heure. Tout est déjà en place de toute façon ou presque, juste les derniers réglages, vraiment.

Puis le noir se fait et Ani arrive sur scène accompagnée de deux musiciens, Allison Miller à la batterie et Todd Sickafoose à la contrebasse (tous les deux aux choeurs une fois de temps en temps). Et c'est parti avec une version fidèle mais plus rapide de Done Wrong extrait de l'album Dilate.

La balance est parfaite, et le volume sonore exactement ce qu'il faut. Et ce qui ravit d'emblée, c'est la voix. Parfaite, cristalline, exactement comme sur disque, ce qui pour une fois un défaut mais une qualité.

En effet, la voix d'Ani DiFranco a quelque chose d'unique dans sa douceur et son énergie, une voix qui peut faire passer toutes sortes d'émotions avec une apparente économie de moyens, sans minauder comme Björk ou Tori Amos le font trop souvent par exemple (même si j'aime beaucoup ces deux artistes aussi par ailleurs).

Ani DiFranco et Todd Sickafoose

Car il y a, dans l'interprétation une vérité bienvenue. Ani DiFranco joue des personnages, oui, mais qui font tellement partie d'elle-même qu'elle n'a pas besoin d'en rajouter, elle laisse sortir petit à petit chaque facette de sa personnalité ce qui fait que les chansons ne sont pas du tout mises en scène. Elles sonnent "vrai", parce qu'elles sont vraies.

Et puis ce qui frappe aussi, c'est le jeu de guitare, à faire palir beaucoup, beaucoup de guitaristes. Elle joue de la guitare folk, oui, mais avec un petit médiator à chaque doigt. Elle devra d'ailleurs bricoler tout ça à quelques chansons de la fin.


Ani, chante, joue de la guitare et nous parle de sa fille, Petah (prononcée Pita), de son nom rare (unique ?) et de l'amusement (la frayeur) causée aux gens lorsqu'elle dévoile le nom de son bébé. Au milieu du concert, un poème, puisqu'on lui en a réclamé un (elle vient de sortir un recueil de ses oeuvres) qui est une pure merveille.

Naturellement, ce qui compte ici, c'est autant ce qui se dit, pendant et entre les chansons que la musique elle-même. Il doit être difficile pour un non-anglophone de véritablement apprécier les chansons de ce genre d'artiste. Heureusement, l'énergie qui se dégage des titres en fait tout de même des objets sonores appréciables même si l'on en comprend pas (ou peu) le sens.

En bref, un concert fort, doux, énergique, chaleureux par l'une des reines trop méconnues de la folk.

Après un peu (beaucoup trop) de temps passé sur le net, j'ai fini par trouver la set-list de la soirée :

Done Wrong
Half-Assed
Manhole
Lag Time
You Had Time
Napoleon
Paradigm
Sunday Morning
Rain Check
Two Little Girls
The Atom
Present / Infant
Everest
Names And Dates And Times
32 Flavors

Shameless
Rappel :
Little Plastic Castle
Hypnotized

Liens vers des sites intéressants sur Ani DiFranco :

On Her Own Une base de donnée énorme, des forums, des goodies.

Le site de Miss Eva un excellent site français avec notamment des tablatures et un classement des chansons par thème !

Righteous Babe le site officiel.