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8 juillet 2008

Radiohead Arras, Mainsquare Festival 06 juillet 2008


J'y étais. Et ça valait le déplacement. Organisation impeccable pour ce petit festival devenu grand.

Thom était en voix, le groupe était en place, la set list était alléchante. Cymbal Rush extraite de l'album solo de Yorke en premier rappel quasi inattendu purement fantastique.

Et les jeux de lumière, tout bonnement éblouissant.

Seigneur Dieu, que je suis original aujourd'hui. Le batteur battait, le chanteur chantait, le guitariste guitarait etc... ce blog ne ressemble plus à rien ces jours-ci...

Comme le dit si bien mon amie B. Parler de musique, c'est comme danser à propos d'architecture.



15 steps
Airbag
There there
All i need
Where I End And You Begin
A wolf at the door
Nude
Pyramid song
Weird fishes
Climbing up the walls
The gloaming
Faust Arp (Jonny et thom solo : 2 faux départs)
No surprises
Jigsaw falling into place
Reckoner
Exit music
Bodysnatchers

1er rappel :

Cymbal rush
Videotape
Paranoïd android
Dollars and cents
Idioteque

Second rappel :

House of cards
The national anthem
Street spirit

Videotape :


Nude :



Bodysnatchers :


24 avril 2008

House of Cards Live & Green

Radiohead a interprété House of Cards pour l'émission Late Night de Conan O'Brien le 23 avril. Le groupe a enregistré dans un studio londonien alors que l'émission est en direct de New York. Yorke explique que chaque fois qu'on prend un vol pour New York ou ailleurs, on détruit la planète, d'où ce duplex. Bien sûr, le 23 avril, c'était Earth Day.



5 avril 2008

Café De La Danse, Festival Les Femmes s'en Mêlent, Shannon Wright, 4 mai 2002

Alors voilà, elle arrive, toute de discrétion et de jeans vêtue, tandis que D.J. Muriel Moreno interlude du haut de son perchoir aux fleurs électrifiées. Elle branche trois wah wah, ajuste son micro, fait ses derniers réglages.

Côté cour, la batterie, côté jardin, un petit orgure électrique où on espère qu'elle jouera Hinterland (ce qu'elle fera) et Method Of Sleeping (ce qu'elle ne fera pas).

Et puis le noir se fait, et la voici qui revient sous des applaudissements qui laissent deviner qu'on est quelques-uns à être venus rien que pour elle. Ni présentation ni avertissement, les âmes sensibles qui pensaient s'endormir au son soporifique de la très très ennuyeuse chanteuse de Cat Power, sorte de Phoebe en pire (Friends, vous connaissez ?) en seront pour leurs frais. *

Toute en fureur carnassière, Shannon Wright et son jeu de guitare exceptionnel (fermez les yeux et demandez vous où est caché le bassiste) emporte tout sur son passage, les oreilles et les coeurs. A côté d'elle, Ani Di Franco, et PJ Harvey, soyons charitables, ne parlons pas de Björk, font figure de biens inoffensives collégiennes. La veste tombe après deux titres fougueux lorsqu'elle se dirige vers l'orgue.

On croit la brûlure éteinte, on se trompe. Shannon enchaîne d'abord deux morceaux au goût amer et on se dit qu'on est bien loin de la chanteuse de Rich Hum Of Air, surtout quand Heavy Crown s'achève brusquement par un coup de tête on ne peut plus volontaire dans le micro. Arrive Hinterland, morceau de bravoure vocal soutenu par une batterie sans faille, métronomique autant qu'apocalyptique. Mais rien pourtant n'arrive à couvrir cette voix revenue du diable vauvert, des enfers jopliniens, Frehel du rock, Piaf à la sauce Sonic Youth.

Shannon de retour à la guitare criant sa rage devant un batteur déchaîné et un public médusé ne cesse de nous envouter. Plus endiablée que jamais, elle s'agenouille, hendrixienne à souhait, délivrant riffs déchirants et poses masturbatoires... Elle hurle, prouvant du même coup qu'elle n'a pas besoin de micro pour se faire entendre. Puis sa bouche dévoratrice se ferme lentement pour un dernier passage à l'orgue pour une version de Vessel For A Minor Malady "There's no cure, so why should I care ?" sensible et dérangeante.

Elle se lève, on n'entend pas son timide thank you sous les aplaudissements et les cris. On la rappelle, on en redemande, alors la revoici, ultime démonstration, douce vocalise où il est question d'aller au lit et de sombrer dans un profond sommeil. Un petit salut, deux timides sourires et la voilà qui disparaît pour de bon.

Les lumières se rallument et D.J. Muriel Moreno enchaîne sur la version de '97 Bonnie and Clyde d'Eminem par Tori Amos dont le seul mérite à ce moment est de rester dans le ton. Noir, très noir.

* Note aux fans de Cat Power. Ayant depuis écouté sa musique, je compatis sincèrement à votre douleur à la lecture de ces lignes. Elles représentent pourtant ce que j'ai ressenti à l'époque. Désolé.

Radiohead à la BBC


Comme je vous le disais il y a peu, Radiohead a donné un petit concert très sympa sur BBC2 le 1er avril dernier et non, ce n'était pas un Weird Fishes d'avril. Vous pouvez le télécharger ICI bande de petits veinards.

Set List :

Intro
Bodysnatchers
All I Need
Nude
Airbag
Reckoner
The Tourist
House Of Cards
Weird Fishes
Lucky
Everything In Its Right Place
Outro


17 janvier 2008

Radiohead a donné un concert gratuit hier soir à Londres !

Alors, voilà, on va sans doute encore me reprocher de trop parler du groupe de Thom "Kenny" Yorke, mais voilà-t-il pas qu'ils remettent ça à donner leur musique gratuitement.

Ainsi, pas plus tard qu'hier soir, les cinq oxfordiens avaient prévu de donner un concert gratuit au London’s Rough Trade East store. Ils l'ont finalement relocalisé ailleurs au 93 Feet East. Premier arrivé, premier servi. Le concert, a priori, a été retransmis peu après sur Radiohead TV .

Pour ceux qui comme moi ont raté le début, le milieu et la fin, tout est déjà sur youtube.

En voici quelques extraits :

15 Step




Nude




Weird Fishes / Arpeggi






Mais attention, ils ont aussi joué autre chose que des extraits d'In Rainbows !!!

My Iron Lung




The National Anthem





The Bends






Toutes les vidéos sont là : Radiohead Live at the 93 Feet East 16/01/2008.



18 décembre 2007

Led Zeppelin Reunion, Stairway to Heaven et Kashmir montés !

Il y a les fans, les amoureux, les afficionados, les nerds, les geeks, et puis il y a les cinglés. Comme ce gentil personnage qui s'est amusé à monter des versions complètes des prestations de Stairway to Heaven et Kashmir à l'O2 à partir de toutes les sources vidéos qu'il a pu trouver. Pas mal et le son tient la route compte tenu de la piètre qualité des médias utilisés.

Stairway to Heaven :





Kashmir :



11 décembre 2007

Robert Plant & The Strange Sensation, Olympia Bruno Coquatrix, Paris, 9 novembre 2005

Pour Lazare.

Pour en finir avec cette journée Zeppelinienne, voici une petite revue du concert de Robert Plant à l'Olympia de Paris. C'était il y a un peu plus de deux ans déjà.

Autant vous le dire tout de suite, la strange sensation de ce soir viendra d'abord de sa première partie. En effet, les petits gars (façon de parler quand on voit le bassiste) de The Legendary Shack Shakers tout droit arrivés du Kentucky vont chauffer là salle... hemm... à leur façon.

D'abord en faisant un boucan d'enfer. Tellement qu'on se demande pourquoi les musiciens se donnent la peine de faire des backing vocals puisqu'on est déjà bien en peine d'entendre le chanteur (complètement déjanté) et de comprendre le moindre mot de ce qu'il veut bien raconter. Il y met pourtant force gestes, le bougre, pour faire passer la beauté de ces textes (dont on se doute qu'ils n'ont aucun rapport avec la transumence des pingouins lors de la fonte de la banquise ou le taux de change du yen le vendredi après midi au palais Brognard... c'est heureux cela dit...) Un tel boucan qui fait aussi, hélàs, qu'on ne fait pas vraiment la différence entre un titre et un autre.

Cela dit, ces types dégagent quelque chose. Mais quoi ? là est la question... Que dire lorsque le chanteur habillé en tyrolien, by the way, s'arrache à deux reprises les poils du ventre pour les envoyer en gerbe sur le premier rang ? On reste dubitatif... On n'est beaucoup moins inquiet finalement quand il balance de l'eau, des confettis ou qu'il se jette dans le public... Mais que penser si ce n'est que cette rage bienvenue y gagnerait un tout petit peu si leur musique était un peu plus audible pour ne pas dire lisible ?

Quoi qu'il en soit, vous trouverez sur leur site officiel quelques extraits de leurs exploits en téléchargement libre.

Le groupe sort de scène et on retient son souffle. Pour les pauvre mecs dans mon genre qui ont raté la tournée Page / Plant consécutive à l'album Unledded, c'est l'occasion ou jamais de voir Plant et tout ce qu'on espère, c'est qu'il sera à la hauteur. Bien sûr qu'on a écouté le Live au studio 104 de la Maison de Radio France, bien sûr qu'il y aura du Led Zep, on ne claque pas 45 euros pour écouter son nouvel album, si sympathique soit il, bien sûr qu'on prendrait bien une tranche de Whole Lotta Love...

En attendant, les roadies déroulent les tapis et allument du Nac Shampa un peu partout... Il est loin le temps de Peter Grant où les saladiers de poudre étaient planqués derrière les futs de Bohnam...

Le groupe prend place. On attend plus que Robert, qui arrive, du fond de la scène, au milieu, presque à quatre pattes genre "Coucou, je vous ai bien eu..." pour entonner un titre de son nouvel album, Tin Pan Valley, qui ne ferait pas déplacer les foules mais n'est pas sans qualité non plus. Une ambiance étrange se dégage du titre grace à une ligne mélodique au clavier assez tortueuse et donc, réjouissante.

La chanson suivante en revanche réveille de vieux et bons souvenir Black Dog, comme les autres titres de Led Zeppelin a été pas mal réarrangé (par un mighty rearranger of course) mais perd carrément en puissance.

Bien sûr, il y a Robert, très en forme et visiblement heureux d'être là, de faire ce qu'il fait (rien avoir avec Dylan 6 jours plus tôt). Sa voix est un peu plus grave qu'il y a 30 ans aussi. Le seul problème venant du fait que le riff de Black Dog se trouve dangereusement affaiblit, une structure de fil de fer bidouillée qui fait perdre presque toute sa puissance et tout équilibre au titre. Dommage.

Le titre suivant Freedom Fries dénonce probablement les débilités orweliano-bushistes qui rebaptisent les french fries parce que le mot french est devenu inacceptable dans certaines sphères. Passons.

De même, Seven and Seven is... 14 mon général me direz vous et vous aurez raison. Mais je n'ai pas vraiment de souvenir de ce titre si ce n'est qu'il est une reprise (de qui ?). Désolé, le grand âge sans doute. Ce même grand âge qui me fait soulever une oreille dès les premières mesures de Going To California extrait de Led Zeppelin IV bien sûr. Un bon moment que ce titre, pas aussi scintillant qu'avant certes... il manque Page tout bêtement, c'est aussi simple et aussi compliqué que ça... mais tout de même, quel plaisir...

Another Tribe extrait du nouvel album se défent pas mal lui aussi. Mais lorsque le groupe se met à reprendre Four Sticks, on a tôt fait de l'oublier. Là encore, un petit pincement au coeur, et beaucoup de strange sensations, et de souvenirs... comme si cette chanson avait toujours fait partie de ma vie, alors qu'elle a du m'accompagner "seulement" la moitié... Vient une reprise de Hey Joe surprenante. Boucle au clavier étranges et décharnées. Rythme lent... Certes cette reprise surprend moins que lorsque Page et Plant reprenait Lullaby de Cure sur scène, mais tout de même.

Shine It All Around, dans la veine du reste du nouvel album est de bonne tenue. Mais, le parti pris de mêler pratiquement à égalité, un titre sur deux, nouvelles compositions et triomphes intergalactiques du défunt zeppelin finit par noyer la nouveauté. Il aurait mieux valu commencer d'entrée avec Whole Lotta Love histoire de chauffer la salle à blanc et d'avoir toute l'attention tout de suite, puis continuer avec 3 ou quatre titres du nouvel album, une ou deux reprises bien senties, et puis envoyer la sauce une bonne fois pour toute en gardant le plus tubesque pour la fin... Mais bon que voulez vous mon bon monsieur, ces fans, y sont jamais contents...

Tout ça pour dire que c'est carrément Gallows Pole qui décolle ensuite. Suivi de When The Levee Breaks. Et vlan, dans ta face... Oui môssieur, Robert Plant il sait encore le faire et il le prouve.

Mais trop tôt, il tire sa révérence et nous gratifie d'un "à la prochaine fois" en français dans le texte. Le groupe sort. Alors que c'est là qu'on voudrait déespérément des watts et du zeppelin...

Le groupe revient avec... The Enchanter... un rien décevant dans la mesure où on est bien chaud pour du plus lourd et du plus sérieux... suit un snipet de Hootchie Coochie Man qui se transforme bientôt en un bredouillage familier : You need to coolin'... et un Whole Lotta Love bien senti et bien tapé. Pas de réarrangement sur celle ci, un son bien pagien comme on les aime et comme on en aurait voulu un peu plus souvent, et la foule en quasi délire... un seul regret, le solo complètement escamoté, comme si on ne pouvait toucher aux sacro saintes parties de bravoure de Page.

Le groupe s'en va, Plant salue, rideau.

En bref, un concert qui valait la peine d'être vu (Un chanteur en forme et qui s'amuse) malgré un groupe un rien en retrait (quoiqu'à l'aise avec Plant) qui reprend un peu trop frileusement certaines compositions... Ah ces fans...

Le groupe :

Robert Plant, Vocals (et tambourin pour le fun puisqu'il tapotte souvent à 5 mètres du micro dans le feu de guitares électriques)

Billy Fuller, Basse

Liam Tyson, Guitare (Cast).

Justin Adams, Guitare (Jah Wobble)

John Baggot, Claviers (Portishead)

Clive Deamer, Batterie (Portishead, Ronnie Size, Dr John, Jeff Beck).

La Set List :

Tin Pan Valley
Black Dog
Freedom Fries
Seven and Seven Is
Going To California
Another Tribe
Four Sticks
Hey Joe
Shine it All Around
Gallows Pole
When The Levee Breaks

Rappels:
The Enchanter
Mannish Boy/Hoochie Coochie Man/Whole Lotta Love


Led Zeppelin Set list du concert d'hier


“Good Times, Bad Times”
“Ramble On”
“Black Dog”
“In My Time of Dying”
“For Your Life”
“Trampled Under Foot”
“Nobody’s Fault But Mine”
“No Quarter”
“Since I’ve Been Lovin’ You”
“Dazed and Confused”
“Stairway To Heaven”
“The Song Remains the Same”
“Misty Mountain Hop”
“Kashmir”

Rappel:
“Whole Lotta Love”
“Rock and Roll”


5 décembre 2007

Bob Dylan, Zenith de Paris, 3 novembre 2005


C'est toujours pareil avec Dylan. Ou plutôt non, ce n'est jamais pareil. Résultat on s'attend à tout autant qu'à rien et tout le monde, en allant à un de ses concerts, ou en y allant pas, a raison d'une manière ou d'une autre.

Au minimum, on se dit qu'on se sera payé une bonne tranche de rigolade. Pas devant le Zim', non, mais en apercevant Vincent Delerm entrer au McDo de l'avenue Jean Jaures quelques minutes avant l'ouverture des portes. Bonjour la crédibilité Rive Gauche nostalique des vrais cafés d'autrefois... Mais là n'est pas la question. Heureusement.

C'est toujours pareil avec Dylan. On ne sait jamais à quoi s'en tenir. Ni sur quel pied danser. Et s'il y a une raison valable entre toutes, c'est que peut-être lui non plus ne sait plus sur quel pied danser avec lui-même.

C'est toujours pareil avec Dylan. Alors, comme à chaque fois on se demande s'il est vraiment très raisonnable d'y aller. D'acheter un billet 45€ quand on sait qu'il jouera deux fois sept chansons (avec un entracte de 15/20 minutes) puis qu'il y aura un immuable rappel de deux titres. Quand on l'a déjà vu une fois, deux ans plus tôt au même endroit, et que c'était vraiment très très bien mais que l'on sait que d'un soir à l'autre, celui qui tutoie parfois les Dieux se retrouve plus de fois qu'à son tour à leur lasser leurs godasses. Comme dans un concert à Montpellier en première partie des Stones il y a 8 ans... Alors que faire ? Y aller quand même finalement.

Pas de première partie. Pour quoi faire ? Plus d'Oscar posé sur l'ampli non plus. Un rideau rouge au fond. Fermé. La salle n'est pas tout à fait pleine et on attend, pas trop loin de la scène, sur la gauche. Au milieu de la scène, un micro dont on devine qu'il est celui de Dylan, pas seulement parce qu'il est au milieu, mais surtout parce qu'il ne monte pas bien haut.

Et puis le noir se fait et la voix de Tony Garnier présente Dylan en quelques secondes et une dizaine de phrases ironiques à souhait, croquis désopilant d'un artiste qui a conscience d'avoir été au sommet mais aussi dans des endroits beaucoup moins reluisants mais qui tient toujours la route.

Et puis le concert commence. Dylan au lieu d'empoigner une guitare et de se camper dans sa tenue de sudiste avec chapeau au milieu de la scène se dirige vers un orgue électrique (qu'on entendra peu sauf à la fin).

Et là on commence par se demander : Qu'est ce que c'est que ce titre ? Eh bien c'est Maggie's Farm. A la limite du reconnaissable. Méconnaissable en fait (il faudra que j'aille chercher la set-list sur le net pour le découvrir). Dylan, les jambes arquées et le dos vouté pour jouer (il restera comme ça pendant une dizaine de titres, il s'assiéra pour les quatre derniers) s'égosille. Et comme de plus en plus souvent, on comprend un mot sur dix.

Le groupe, quant à lui joue carré (encore que) et est aussi statique qu'une pile de madriers sous le soleil. Ca promet.

Puis, le groupe enchaîne sur Tonight, I'll Be Staying Here With You extrait de l'album Nashville Skyline. Et c'est toujours pareil avec Dylan, est ce que c'est de l'art ou du cochon ? Est-ce que c'est tout bonnement du flan ou une performance innaccessible à la foule.

Pourquoi va-t-on voir Dylan ? Pourquoi va-t-on l'écouter ? Il a refusé systématiquement toutes les étiquettes qu'on a voulu lui coller. Il a seulement voulu jouer de la musique et est arrivé au bon moment au bon endroit avec l'envie de mordre dans la big apple à pleine dents. Mais aujourd'hui ? En novembre 2005 ?

On ne vient pas écouter celui qui changera notre vie. Même sans le vouloir. On vient, pour certains, écouter celui qui a contribué à la changer. Mais la plupart ? Ils viennent écouter un homme qui n'a jamais réussi à faire de l'ombre à sa légende (par goût de l'intimité non du secret et même la lecture de Chronicles ne nous en apprend pas tant que ça sur lui).

Mais si la musique reste audible, qu'en est-il de ce chant ? De plus en plus aigu avec des passages brusques dans les basses ? Aujourd'hui il semblerait que Dylan ne sache plus baisser le ton à la fin d'une phrase ou d'un vers, mais au contraire, monte dans les aigus dès que possible pour marquer la fin d'une mesure.

Mumbling Bob s'attaque ensuite à Tweedle Dee & Tweedle Dum (extrait de l'album Love And Theft qui est d'ailleurs un excellent disque où Dylan chante juste et dans le rythme). Beaucoup plus reconnaissable que les autres. Le groupe s'amuse un peu plus, les lignes de guitares s'entremêlent et on sent que Bob aime cette chanson, son côté ludique.

Just Like Tom Thumb's Blues est la chanson suivante sur la liste. Et là encore il faut jouer aux devinettes. A moins de connaître tous les arrangements scéniques des chansons, c'est parfois une véritable gageure de donner un titre à ce qu'on entend. Il me faudra attendre le sixième vers pour trouver de quoi il s'agit : When you're down on Rue Morgue Avenue... le premier des quatre titres d'Highway 61 qu'il interprétera ce soir.

Si Dylan rend ses chansons méconnaissables, est-ce sciemment ? Est ce parce qu'il s'en est lassé ? Qu'il ne les aime plus ? On serait tenté de répondre oui. Mais la réponse ne tient pas la route longtemps. D'abord parce que le site officiel de Dylan recense 464 chansons (en comptant les instrumentaux). Et même si le groupe répète régulièrement 200 à 250 titres et que certaines des compositions de Dylan sont largement dispensables, il y a tout à fait de quoi se renouveler dans le fond de répertoire. Si Dylan en avait vraiment assez de jouer ces chansons-là, il ferait autre chose.

Imaginez qu'on dise à un jeune peintre de 20 ans. Ce premier tableau que tu viens de faire est fantastique. C'est du pur génie. S'il te plait passe le restant de tes jours à en faire des copies. Et des copies de copie... etc... Imaginez le chemin de croix d'ennui qui s'en suivrait. Imaginez qu'on dise à un jeune romancier de 20 ans. Ce livre est la plus grande chose qui soit jamais arrivé à la littérature. S'il te plait. Recopie à la main chaque exemplaire que tu voudras en vendre. Qui serait assez fou pour accepter ça ?

Les chansons de Dylan, depuis le début, sont faites pour aller plus loin qu'il ne pensait pouvoir les emmener. Blowin' in The Wind en est le paradigme. Like a Rolling Stone en est un autre. Jimi Hendrix a illustré cela parfaitement en reprenant All Along The Watchtower (qui clôturera le concert), qui sur l'album John Wesley Harding ne se détache pas spécialement (si ce n'est par son texte). Alors voilà. Dylan, comme un bon peintre ou un bon écrivain remet vingt fois son ouvrage sur le métier. Mais chaque fois il cherche autre chose. Chaque fois il se demande ce que cela pourrait donner d'essayer telle ou telle chose sur cette chanson qui pourrait être un hymne s'il laissait un peu de place à ses vieux (mais aussi jeunes) fans pour la reconnaitre avant la dixième mesure.

Les Stones enflamment les foules en deux accords. Il suffit d'entendre l'intro de Satisfaction ou de Start Me Up pour entrer en transe. Pour beaucoup, ce soir encore, le vieux barde du folk a massacré ses hymnes. It's Alright Ma', Girl From The North Country... Mais quelles oreilles peuvent dire cela ? Toutes celles qui s'attendent à ce qu'un concert soit un moment de disque sur scène. Tout ceux qui souhaitent que les chansons que l'on aime soit figées pour l'éternité. A peu près tout le monde en fait. Moi compris.

C'est pour ça que lorsqu'après High Water le groupe quitte la scène on se demande si Dylan va effectivement revenir après cet entracte qu'il nous annonce.

On change de place tandis que le rideau s'ouvre derrière la scène et découvre un ciel étoilé. On se met au fond de la salle, près des gradins au milieu. On attend le retour du troubadour, de Rumblin'Bob.



Et effectivement, il revient. Le groupe s'est changé et arbore des tenues lie de vin. Dylan s'est contenté de troquer son chapeau noir pour un blanc. Drifter's Escape retentit. Suivi de It Ain't Me Babe, popularisée en son temps par les Turtles. Puis c'est Highway 61 et la foule commence à bouger, à s'agiter. Un semblant de magie opère. Du rock, de l'électricité parcourt l'espace. Cette électricité que Dylan a eu tant de mal à imposer quand il en a mis dans sa musique. Puis A Hard Rain's A Gonna Fall et I Don't Believe You (She Acts Like We Never Have Met) font un peu retomber le soufflé. La fin du concert approche. Il reste 4 chansons et Dylan repartira comme il était venu, enveloppé dans le mystère qui, malgré les millions de mots écrits à son sujet, y compris par lui même, ne cessera jamais de lui tenir chaud.

Desolation Row commence alors que Dylan s'assoit enfin derrière son orgue. On sait qu'il n'en bougera plus. Qui remarque alors qu'il intervertit le couplet Du Dr Filth et celui d'Einstein ? Les personnages se succèdent, Cinderella, Robin Hood, Ophelia, Casanova...

Puis Summer Days extrait de Love & Theft clôt le concert. Dylan se lève, bref salut avec ses musiciens et sort.

Le public applaudit d'un côté, hue de l'autre, quelqu'un derrière moi hurle : "C'est nul !!!!". Il doit avoir 20 ans... 25 peut-être... quelque part je comprends qu'il puisse regréter ses 45 €... En 1965 et 1966, c'est le même genre de protestation qui divisait les salles. Et Dylan ironisait : "Je ne comprends toujours pas comment les tickets font pour se vendre si vite..."

Quelques instants plus tard le groupe revient, le ciel étoilé a laissé la place à ce qui pourrait être le logo du never ending tour, si ce nom était effectivement officiel.. Un oeil, entouré d'arabesques et surmonté d'une couronne.

C'est le moment choisi par Dylan pour Like A Rolling Stone et All Along The Watchtower. C'est entre ces deux titres qu'il présente les musiciens. C'est pendant ces deux titres qu'il est ce que la plupart voulait qu'il soit toute la soirée. Un phénomène de foire. Le Dylan qui chante quelque chose qu'on peut reprendre en coeur dès la première mesure. Les titres avec lesquels on peut communier d'emblée. Sans effort. De la musique qui se respire comme de l'air et qui se boit comme de l'eau. Mais, aussi bêtement que tout le monde, on se dit alors qu'on a peut-être pas tout à fait perdu sa soirée, que le vieux Zim' sait et a toujours su ce qu'il faisait. Ou en tout cas qu'il a toujours été assez habile pour nous en donner l'impression.

Un bref salut, rideau.

Set List :

1. Maggie's Farm
2. Tonight I'll Be Staying Here With You
3. Tweedle Dee & Tweedle Dum
4. Just Like Tom Thumb's Blues
5. It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding)
6. Girl Of The North Country (acoustic)
7. High Water (For Charley Patton)

Entracte

8. Drifter's Escape
9. It Ain't Me, Babe
10. Highway 61 Revisited
11. A Hard Rain's A-Gonna Fall
12. I Don't Believe You (She Acts Like We Never Have Met)
13. Desolation Row
14. Summer Days

(Rappel)
15. Like A Rolling Stone
16. All Along The Watchtower

25 novembre 2007

Reckless Burning

Artiste : Jesse Sykes & The Sweet Hereafter

Date de sortie : 28 octobre 2002
Label : Fargo

Durée : 42'30''

Dira-t-on jamais assez de bien du label Fargo ? J'en doute. Pourtant, ce label français est sans doute l'un des meilleurs du monde en ce qui concerne la nouvelle musique américaine section Americana. Comprenez musique country/blues/folk moderne américaine. Jesse Sykes est un exemple typique de ce que peut produire ce label en terme de pépite tout droit venue de l'ouest le plus sauvage et du sud le plus moite.

Des chansons lentes, calmes et envoutantes. Voilà comment on pourrait résumer ce disque. Mais on en aurait pas dit grand chose pour autant. Loin de là. On pourrait aussi essayer de rapprocher cette voix d'autres qui lui ressemblent un peu. Rickie Lee Jones pourrait passer pour sa grande soeur au niveau du timbre. Mais la musique de Jesse Sykes demeurerait tout de même un mystère. Une goutte d'eau dans la vallée de la mort.

Et puis, le 10 mai 2004, au Café de la Danse, la demoiselle est venue se produire en toute simplicité, accompagnée d'une violoniste, d'un guitariste (qui a pas mal travaillé avec Ryan Adams) et d'un batteur. La salle était presque vide. On s'asseyait carrément sur le sol au parterre. On pouvait respirer ; et plaindre tous ceux qui ne savaient pas ce qui se tramait sur cette petite scène de Bastille.

Et pourtant. Deux heures d'un concert à couper le souffle (avec Great Lake Swimmers en première partie tout en retenue et surtout en timidité). Un groupe en place et qui s'amuse, Jesse qui se détend et parle au public, raconte des histoires, reprend du Hank Williams... Les titres de son premier et de son deuxième album se mêlent joyeusement sans qu'on sache vraiment dire lesquels sont lesquels tant ces deux premiers disques (Reckless Burning et Oh My Girl!) sont jumeaux, parfaits pendants l'un de l'autre. Et pourtant, leur écoute n'est jamais ennuyeuse, au contraire, elle est un voyage, une vagabonderie dans la profondeur des Etats Unis dont on a pas envie de revenir.

Alors cavalons encore un peu, allongé les yeux fermés, avec cette voix qui vous somme de partir parce que le monde vaut la peine d'être vu...

16 novembre 2007

Ce soir sur le petit écran...

Ce soir, si vous avez canal et que vous n'avez pas eu le courage de patienter huit heures dans le froid la nuit et la boue du boulevard des Capucines le 22 octobre dernier, tout n'est pas perdu !

Le concert sera accompagné d'une interview d'Antoine de Caunes et diffusé à 22h30.

Fashion victims, je vous rassure ; Sir Paul avait tombé la veste à étoile avant le concert.




25 octobre 2007

Paul McCartney, Olympia, Paris, 22 octobre 2007, Deuxième Partie

18h30... encore une longue file d'attente et on entre dans la salle. Trois micros devant le rideau, c'est tout ce que l'on voit de la scène. Les VIP arrivent au balcon, enfin VIP... pas grand monde d'intéressant... à part Henri Salvador et M, (il parait que Marianne Faithful est là aussi mais je ne la verrai pas).

6:30... more waiting, let's skip this. Three mics in front of the curtain, that's all you can see of the stage. The VIPs get there on the balcony, well VIPs... no one except for Henri Salvador, a wonderful singer from the forties and the fifties and M, a french rock star (yeah, I know, that sounds funny, let's say he's just one of the only ones who make decent music in this country even if I don't really like him). I heard Marianne Faithful was there too, but I couldn't see her.

8h40 début du concert. Un compte à rebours. 5...4...3...2...1... le rideau s'ouvre et Paul arrive sur scène, avec une guitare. Standing ovation, le rideau se referme derrière lui, quelques mots en français, et puis... Blackbird. Comme ça, tout seul, pour un concert de ce genre, le vieil homme en a ! Il chante avec une voix moins claire que dans son jeune temps, une vois plus ronde et plus grave qui fait penser un peu au dernier Elvis.

8:40, the show begins. Countdown, 5...4...3...2...1... the curtain opens and Paul gets on stage with a guitar. Standing ovation, the curtain closes behind him, some words in French, and then... Blackbird. Like this, alone, for this kind of concert, the old man's got guts! He sings with a voice that's not as clear as it was, a lower voice that reminds me of the late Elvis.




Puis Paul interprète Dance Tonight à la mandoline, il rejoint ensuite son groupe pour Only Mama Knows, deux titres tirés du dernier album Memory Almost Full. Puis Flaming Pie tiré de l'album du même nom.

Then Paul sings Dance Tonight with a mandolin. He then joins his band as the curtains open and he sings Only Mama Knows from his last album Memory Almost Full. Then Flaming Pie from the eponymous album.

Comme beaucoup, je suis surtout venu voir le Beatle. Je ne serai pas déçu. Treize titres des fab four seront joués ce soir. Paul enchaîne sur Got to Get You Into My Life tiré de l'album Revolver, l'ambiance monte à toute allure. Paul ne cesse de demander si on veut passer une bonne soirée. Sérieusement, mec, après 11 heures d'attente et 55 euros ? A ton avis ?

Like a lot of people, I was mostly waiting for the Beatle songs. I wouldn't be disapointed. Thirteen songs from the Fab Four were played that night. Paul sings Got to Get You Into My Life from Revolver and people are just getting wilder and wilder as Paul keeps asking us if we want to have a good time. Seriously dude, after 11 hours in a line and 78 dollars? What do you think?

Puis Paul s'intalle au piano pour jouer l'une des chansons mineures un peu mièvres dont il a le secret. C'Moon. Une petite explication de texte concernant le titre de la chanson plus tard, il enchaîne avec The Long and Winding Road. Grand moment, le groupe se fait plus discret et c'est tant mieux. On ne le sentira jamais totalement en place de la soirée. Peut-être pas tout à fait à l'aise dans une salle si petite alors qu'ils ont l'habitude de se produire en stade. Les fausses notes ne seront pas absentes non plus.


Then Paul sits at the piano to play one of the silly, slightly-too-sweet songs he (sigh) knows really well how to craft: C'Moon. But right after that he plays The Long and Winding Road. That's really magic. The band is much quieter for this one and that's for the best. These guys are too used to playing in stadiums and you could feel they were not really comfortable with the space. They were not always in tune either.

Encore mieux, Paul, seul au milieu de la scène à présent avec une guitare se met à parler de la première chanson qu'il a écrite, autrefois, à Liverpool. Follow the Sun, une chanson dont il dit qu'elle est si courte qu'il a du mal à s'arrêter de la jouer. Il continue donc à en jouer la dernière strophe et nous la fait chanter par la même occasion.

Even better, Paul, alone in the middle of the stage now with his guitar starts talking about the first song he ever wrote, back in Liverpool, Follow the Sun. Since he said it was a very short song he keeps playing the last part over and over and claims he can't stop. Everybody sings along, of course.

Puis, retour à un bon vieux rock, pourtant extrait du dernier album. That Was Me, une bonne chanson, énergique, qui pourrait bizarrement passer pour une nouveauté de Bowie ou de John Cale.

Then, back to real rock n' roll with That Was Me, a good song from the last album, very energetic, a tune that could, oddly enough, pass for a new song by John Cale or David Bowie.

Toujours au milieu de la scène, Paul commence à parler de John. De la chanson qu'il lui a écrite après sa mort. Du fait qu'il l'aime comme un frère et que le reste n'a que peu d'importance. Ce sera probablement le plus beau moment de la soirée. Here Today, poignant, triste, fabuleux.

Still in the middle of the stage, Paul starts talking about John. About the song he wrote for him after he died. About the fact that he loved him like a brother no matter what. This was probably the most beautiful moment of the show. Here Today, poignant, sad, wonderful.

Puis vient Calico Skies extrait de Flaming Pie, Eleanor Rigby, une de mes chansons préférées de tous les temps, pas si bien interprétée, hélas, peut-être parce que Sir Paul a été un peu radin et n'a pas voulu engager un quatuor pour la jouer avec lui, les synthés, parfois, c'est le mal. Puis, Michelle, moitié en français, parce qu'il devait la faire, Band on the Run très énergique, et Back in the USSR, très forte, très lourde, très puissante. A partir de là, beaucoup si ce n'est tous ont pensé qu'Helter Skelter était de l'ordre du possible, mais non, ça ne serait pas pour ce soir. Dommage. House of Wax, extrait du nouvel album dont je n'ai aucun souvenir, ma mémoire devait déjà être presque pleine.

Then comes Calico Skies from the album Flaming Pie; Eleanor Rigby, one of my favorite songs ever, not that great though, maybe because Sir Paul was too cheap to get a real quartet to play with him. Sometimes, keyboards are just evil. Then comes Michelle, half in French, he had to do it, very energetic, Band on the Run and Back in the USSR, very loud, heavy, powerful. It probably all made us feel that he could definitely play Helter Skelter, but it wasn't gonna happen. Too bad. Then comes House of Wax from the new album, no recollection of that one, I guess my memory was almost full.

Puis, retour aux Beatles avec I Got a Feeling. Un peu brouillone mais agréable. Paul revient ensuite au piano pour jouer Live and Let Die qui sonne fantastiquement bien, sans doute parce qu'elle est joué très fort et que le groupe se sent comme au stade, ou peut-être parce que tout le monde est simplement devenu fou.

Then more Beatles with I Got a Feeling. Good but not great. And Paul comes back to the piano to play Live and Let Die which sounds just great because it's so loud that the band feels like in a stadium, or because the whole place has just gone more and more crazy.




A partir de maintenat, ce ne sera plus que du Beatles. Un rideau s'ouvre au fond de la scène et des formes aux couleurs psychédéliques s'agitent sut un écran géant. Et c'est... Hey Jude... La foule reprend en choeur, encore et encore et encore... Et Paul quitte la scène avec ses musiciens. Le public continue à chanter laaa-laaa-laa-lalalala--lalalala- -Hey Jude! Après plusieurs minutes, Paul est de retour mais au lieu de jouer autre chose, il laisse se dérouler Hey Jude ad lib.

From that moment on it's going to be everything Beatles. A curtain opens in the background, weird psychedelic shapes and colors are projected on a big screen, and it's.... Hey Jude.... The crowd sings along, and along and along... And Paul leaves the stage with his musicians. People keep singing laaa-laaa-laa-lalalala--lalalala- -Hey Jude! After several minutes Paul is back, but instead of playing something different he keeps Hey Jude rolling ad lib.

Puis Paul dit, "Ok, encore une !" et c'est Let it Be. Evidemment, il ne pouvait pas nous quitter comme ça, alors il entonne à la suite Lady Madonna puis sort à nouveau.

Then he says: "All right. One more." and it's Let it Be. But he obviously couldn't leave us with this, so he keeps playing and sings Lady Madonna. Then he leaves the stage again.

Apparemment, cela aurait dû être la dernière chanson. Mais les gens refusaient tout bonnement de partir. Certains affirment que quelqu'un a dit à Paul que nous étions toujours là, que nous refusions de partir, que nous ne pouvions croire que c'était déjà fini, après 95 minutes. Alors il revient, débraillé, sans cravate et la chemise hors du pantalon. Il nous regarde, l'air de dire : Quoi ? Il faut vraiment que j'y aille maintenant. Regardez moi, j'étais en train de me changer. Alors, pour dire au revoir et nous congédier tout à la fois, il joue Get Back. Et c'est ce que nous ferons.

Apparently, this should have been the last song of the show. But people didn't want to leave. Some say some one told him we were still there, waiting, we couldn't believe it was already over, after 95 minutes. So he comes back, one more time, no more tie, the shirt out of his pants, he looks at us, a look that says : What? I really want to go now, look at me, I was changing clothes. So, just to say good bye for real this time, he plays Get Back, and so we did.


Merci Paul.

Thank you Paul.

Set List

Blackbird
Dance Tonight
Only Mama Knows

Flaming Pie

Got To Get You Into My Life
C'Moon
The Long and Winding Road
Follow The Sun
That Was Me
Here Today
Calico Skies
Eleanor Rigby
Michelle
Band On The Run
Back In The USSR
House Of Wax
I Got A Feeling
Live and Let Die
Hey Jude

Hey Jude
( reprise-rappel / encore)
Let It Be ( rappel / encore)
Lady Madonna ( rappel / encore)
I Saw Her Standing There ( rappel / encore)

Get Back
( rappel / encore)

23 octobre 2007

Paul McCartney, Olympia, Paris, 22 octobre 2007, Première Partie.

Anglophone? Read what's blue!

Beaucoup ont dû nous envier, nous les parisiens, nous les veinards qui pourraient, à condition de se lever très très très tôt, assister au concert de Paul McCartney, hier soir, à l'Olympia.

A lot of people probably envied us. We few, we happy few from Paris and nearby who got up really really really early to attend Paul McCartney's concert, yesterday at the Olympia Hall.

Pensez donc, dernier passage à l'Olympia, 1972 avec les Wings, 35 ans !!! et 43 ans depuis la série de concert mythique avec les Beatles. Ca valait bien 8 à 9 heures d'attente dans le froid, voire pas loin de 18 pour certains. Pour la petite histoire, l'Olympia est la salle où les Beatles ont le plus joué après la Cavern de Liverpool.

Think about it. The last time he was there was in 1972 with the Wings, 35 years ago!!! And it's been 43 years since he's been there with The Beatles. I guess you could wait for 8 or 9 hours in the cold to see that, or even almost 18 hours like some people did. And just so you know, the Olympia Hall is the place where the Beatles performed the most, after the Cavern in Liverpool.

Alors voilà, lever 4 heures, douche, petit-dej, vélib... arrivé devant l'Olympia, 5 heures ! Et déjà une file d'attente d'au moins 60 mètres. Il fait encore nuit, je m'installe comme je peux, et puis je commence à discuter avec mes voisins, ceux juste devant moi, et les nouveaux arrivés juste derrière. Ils se connaissent, mais il ne se sont jamais rencontrés. Ils se connectent tous deux au site Yellow-Sub, l'excellente référence française en
matière de Beatlemania.

So here is the story. Got up at 4, showered, had breakfast, took a bike... touched down in front of the Olympia : 5 o'clock! and already a line at least 60 yard long. It's still dark, I make myself as comfy as possible and I start talking with my neighbors, those in front of me and those who got
there right after me. They know each other, even if they have never met. They just log in to Yellow-Sub, the great French reference web site for Beatlemaniacs.

J'adore parler avec les vrais fans, les gens qui savent qui apportaient les cafés le troisième jour de l'enregistrement de Sergeat, Pepper ou quelle était la couleur de la moquette du bureau de Brian Epstein. Tout de suite, je me sens tellement plus normal, et mes petites manies musicales semblent bien douces.

I love to talk with real fans, people who know who made coffee on the third day of the Sgt.
Pepper sessions or what the color of Brian Epstein's office carpet was. Right away I feel much more normal and my little idiosyncrasies seem just fine.

Les caisses ouvrent à 11h. Il y a du mouvement dès 10 heures. A 11 heures, c'est la cohue et la loi de la jungle prévaut. Ca pousse dans tous les sens et le service d'ordre de l'Olympia chargé de contenir le gros de la foules (3 personnes contre 2500 fous) fait ce qu'il peut.


The ticket booth opens at 11. People start to move at 10. At 11 it's plain mayhem and you think you're in the jungle. People push at you from all sides and the Olympia security tries to keep people as still as possible, but considering they are 3 big guys against 2500 lunatics...

Finalement, après deux heures et demie à me faire applatir comme une crèpe, voici ce que l'on m'a donné contre 55 euros :

Finaly, after 2 hours and a half feeling as squished as a crèpe, here is what they gave me for 55 euros ($78) :

Cute huh? Do they make the same for boys?

La suite, dès que possible...

To be continued...

22 octobre 2007

Paul McCartney à l'Olympia






















Excellent concert ce soir. More later.

Breaking News : Macca à l'Olympia ce soir...

J'y serai !!!

18 octobre 2007

Breaking News : Macca à L'Olympia


Oui, vous avez bien lu, Paul McCartney sera en concert exceptionnel à l'Olympia le lundi 22 octobre à 20h00 !

Autant dire tout de suite que je vais me lever bientôt lundi matin pour essayer d'avoir une place pour le concert.

Aucune idée des tarifs, des rumeurs courrent. Autour de 70 euros tout de même.

16 octobre 2007

Ani DiFranco, Elysée Montmatre, Paris, 12 octobre 2007

Hamell on Trial quitte la scène et les roadies s'activent gentiment pendant un petit quart d'heure. Tout est déjà en place de toute façon ou presque, juste les derniers réglages, vraiment.

Puis le noir se fait et Ani arrive sur scène accompagnée de deux musiciens, Allison Miller à la batterie et Todd Sickafoose à la contrebasse (tous les deux aux choeurs une fois de temps en temps). Et c'est parti avec une version fidèle mais plus rapide de Done Wrong extrait de l'album Dilate.

La balance est parfaite, et le volume sonore exactement ce qu'il faut. Et ce qui ravit d'emblée, c'est la voix. Parfaite, cristalline, exactement comme sur disque, ce qui pour une fois un défaut mais une qualité.

En effet, la voix d'Ani DiFranco a quelque chose d'unique dans sa douceur et son énergie, une voix qui peut faire passer toutes sortes d'émotions avec une apparente économie de moyens, sans minauder comme Björk ou Tori Amos le font trop souvent par exemple (même si j'aime beaucoup ces deux artistes aussi par ailleurs).

Ani DiFranco et Todd Sickafoose

Car il y a, dans l'interprétation une vérité bienvenue. Ani DiFranco joue des personnages, oui, mais qui font tellement partie d'elle-même qu'elle n'a pas besoin d'en rajouter, elle laisse sortir petit à petit chaque facette de sa personnalité ce qui fait que les chansons ne sont pas du tout mises en scène. Elles sonnent "vrai", parce qu'elles sont vraies.

Et puis ce qui frappe aussi, c'est le jeu de guitare, à faire palir beaucoup, beaucoup de guitaristes. Elle joue de la guitare folk, oui, mais avec un petit médiator à chaque doigt. Elle devra d'ailleurs bricoler tout ça à quelques chansons de la fin.


Ani, chante, joue de la guitare et nous parle de sa fille, Petah (prononcée Pita), de son nom rare (unique ?) et de l'amusement (la frayeur) causée aux gens lorsqu'elle dévoile le nom de son bébé. Au milieu du concert, un poème, puisqu'on lui en a réclamé un (elle vient de sortir un recueil de ses oeuvres) qui est une pure merveille.

Naturellement, ce qui compte ici, c'est autant ce qui se dit, pendant et entre les chansons que la musique elle-même. Il doit être difficile pour un non-anglophone de véritablement apprécier les chansons de ce genre d'artiste. Heureusement, l'énergie qui se dégage des titres en fait tout de même des objets sonores appréciables même si l'on en comprend pas (ou peu) le sens.

En bref, un concert fort, doux, énergique, chaleureux par l'une des reines trop méconnues de la folk.

Après un peu (beaucoup trop) de temps passé sur le net, j'ai fini par trouver la set-list de la soirée :

Done Wrong
Half-Assed
Manhole
Lag Time
You Had Time
Napoleon
Paradigm
Sunday Morning
Rain Check
Two Little Girls
The Atom
Present / Infant
Everest
Names And Dates And Times
32 Flavors

Shameless
Rappel :
Little Plastic Castle
Hypnotized

Liens vers des sites intéressants sur Ani DiFranco :

On Her Own Une base de donnée énorme, des forums, des goodies.

Le site de Miss Eva un excellent site français avec notamment des tablatures et un classement des chansons par thème !

Righteous Babe le site officiel.

13 octobre 2007

Hamell on Trial (ouvrant pour Ani DiFranco), Elysée Montmatre, Paris, 12 octobre 2007

A peine rentré du concert d'Ani DiFranco, je peux d'ores et déjà vous dire ceci : cela valait amplement le déplacement.

La première partie était assurée par Hamell on Trial. C'est simplement un type chauve (Ed Hammel) qui raconte des histoires en s'accompagnant à la guitare avec un sens de l'humour incroyable et qui se paye le luxe, Dieu sait comment, de faire parfois penser à Brassens. Certainement pas si courant par les temps qui courrent, surtout en provenance des états unis.

Drôle, énergique, politiquement à gauche, son disque Songs for Parents Who Enjoy Drugs (acheté au concert, il fera bientôt l'objet d'une chronique ici) est sorti sur le label, Righteous Babe, et produit par Ani DiFranco. Textes caustiques à souhait, mais il faut comprendre l'anglais.


Plus sur le concert et sur la performance d'Ani DiFranco dès que possible...

12 octobre 2007

Ani DiFranco ce soir à 19 h à l'Elysée Montmartre

Il reste des places.

En savoir plus sur sa musique ICI.